L'Hebdo Bourseplus: le marché de l'art et des beaux objets se développe sur Internet

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Le marché de l'art et des beaux objets se développe sur Internet Harold Hessel, commissaire-priseur chez Expertissim: «Nous sommes les premiers à faire du commerce en ligne dans le domaine du marché de l'art.»

 Harold Hessel

Décidément, la révolution numérique touche tous les secteurs, y compris là où l'on ne s'y attendait pas, c'est-à-dire celui des objets d'art. Expertissim opère le principal réseau d'experts indépendants en France: plus de 50 professionnels faisant autorité dans leur domaines ont au service de tous les particuliers qui souhaitent vendre un bel objet.Chacun des objets traités est expertisé gratuitement avec, à la clef, l'assurance de n'être confronté à aucune contrefaçon, ni fraude. Avec un panier moyen de 500 euros, cela permet à chacun de commencer facilement une collection, ou tout simplement d'embellir son intérieur. Expertissim vend 10000 produits chaque année, les objets sont vendus dans 79 pays, le site emploie 30 collaborateurs et fait appel à 50 experts. Selon la dernière étude du cabinet Hiscox, le marché des objets d'art et des beaux objets est en plein essor: il était évalué à 1,57 milliard de dollars en 2013 et ce chiffre devrait doubler d'ici à 2018.
Cette croissance est fortement amplifiée par Internet, qui a bousculé les codes existants. En France, tout particulièrement, la fiscalité avantageuse autour des objets d'art a pour effet de dynamiser les placements, car ces oeuvres n'entrent pas dans la base taxable de l'impôt sur la fortune (ISF). HaroldHessel, commissaire-priseur chezExpertissim répond aux questions de L'Hebdo-Bourseplus.

L'Hebdo-Bourseplus:

Vous intervenez sur le marché de l'art intermédiaire, vous ne travaillez pas sur des pièces qui valent plusieurs centaines de milliers d'euros, mais vous n'êtes pas non plus une brocante en ligne. Comment vous positionnez-vous ?

Harold Hessel:

Ce sont essentiellement des objets expertisés entre 200 et 30000 euros. Nous nous positionnons donc dans une catégorie intermédiaire. C'est le premier pas vers le luxe pour les intemautes qui n'ont pas l'habitude d'acheter des beaux objets dans les salles de ventes ou chez les antiquaires. C' est une manière de leur permettre de franchir le pas et de pénétrer dans le monde du luxe et des objets d'art d'une façon plus facile et plus confortable.

Comment se déroule le processus d'expertise ?

Les internantes ont la possibilité de faire expertiser leurs objets. Lorsqu'ils ont un objet chez eux, ils prennent une photo avec leur smartphone, ils nous donnent quelques indications sur l'objet, ses dimensions ou une éventuelle marque, et nous pouvons leur apporter un premier élément de réponse. C'est-à-dire une fourchette de prix. Évidemment, ce n'est pas avec certitude, mais c'est une première indication afin que l'intemaute puisse savoir s'il s'agit d'un objet intéressant ou d'un objet qui ne vaut pas grand-chose. Si le vendeur est convaincu par notre réponse et s'il souhaite mettre en vente son objet, il prend rendez-vous et il peut venir l'apporter physiquement dans notre bureau. Si le client est en province, il peut nous le faire expédier par colis postal. Quand on a l'objet sous les yeux, on peut confirmer l'estimation que l'on a donnée et, si notre client est d'accord, on signe un mandat de vente pour le mettre en ligne sur notre site Internet.

Pour faire cela, il faut avoir une équipe de vrais commissaires-priseurs...

Oui, je suis moi-même commissaire-priseur. Je suis diplômé après une formation traditionnelle dans ce domaine et j'ai travaillé à l'Hôtel Drouot, où j'ai appris le métier. Quand Expertissim a été fondé en 2008, les fondateurs du site ont fait appel à moi parce qu'ils avaient besoin d'un commissaire-priseur généraliste qui puisse avoir un oeil aiguisé sur des demandes très variées. On est sensibilisé à un éventail très large d'objets, on peut donner un avis, un premier élément de réponse. Ensuite, on se fait assister par des experts un peu plus pointus et plus spécialisés: par exemple, lorsqu'il s'agit d'art d'Extrême-Orient, d'art africain ou d'art ancien. Nous avons un réseau de 50 experts autour d' Expertissim et ils nous aident à affiner nos expertises et les prix au regard du marché national. Votre objectif est donc de devenir une place de marché à part entière autour de l'art... Oui.Nous existons depuis 2008 et nous sommes déjà un acteur majeur du marché de l'art. Internet apporte une nouvelle manière de pratiquer ce métier. Nous sommes d'ailleurs les premiers à faire du commerce en ligne dans le domaine du marché de l'art.

Quelle est la législation dans ce domaine ?

C'est la législation française de l'expertise qui s'applique aussi sur Internet. L'expert engage sa responsabilité vis-à-vis du client. Donc, quand on vend quelque chose, le client obtient un bordereau d'achat avec le descriptif de l'expert qui s'engage. En cas de contestation, l'expert est responsable. En ce qui concerne la vente sur le site Internet, c'est la législation traditionnelle sur le commerce en ligne qui s'applique, notamment avec un droit de rétractation de l'acquéreur, qui peut revenir sur son achat dans un délai de 15 jours sans avoir à apporter la moindre justification. L'acheteur n'a pas à motiver sa demande de remboursement. 

Enfin, où en êtes-vous de votre développement ?

Nous continuons notre croissance depuis 2008. Le site est traduit en anglais, mais également en chinois puisque nous avons l'ambition de conquérir le monde entier. La Chine devient un acteur important dans ce domaine. La demande est importante et diversifiée, et nous avons des commandes de bijoux, de vins et de maroquinerie en provenance de Chine. L'Asie devient un continent très important pour nous. 

http://www.hebdobourseplus.com/hebdo-bourse-plus_la-nouvelle-economie-interview-3_138_823.html