Paire de grands vases en faïence de Berlin, XIXe siècle

Estimation : 1 500 €
Le prix et l'estimation incluent la commission acheteur TTC
Objet vendu

Paire de grands vases en faïence de forme balustre, à fond vert imitant les laques japonaises, la panse à décor moulé d'un cartouche rocaille renfermant des couples d'oiseaux dorés , branches fleuries sur les cotés, la prise des couvercles en forme d'oiseaux imitant les porcelaines japonaises.

Berlin, XIXe siècle.





Berlin est connue dans le domaine des arts du feu pour avoir réalisé des vases en faïence, souvent de grandes tailles, recouverts d’une couche de laque de couleur rouge-orangé, verte, brune ou encore noire, imitant les laques japonaises.

La forme de ces vases se réfère à des modèles orientaux (ou européens imitant reprenant des modèles orientaux), connus en Europe dès le XVIIe siècle grâce à l’exportation de porcelaines en provenance de l’Orient. Ici, c'est une célèbre forme delftoise qui a été imitée.
Les décors des vases en faïences de Berlin sont le plus souvent ornés de motifs floraux, mais il peuvent aussi reproduire des oiseaux comme c'est le cas ici ou des scènes de palais animés.
Ces objets participaient pleinement à cette mode de la Chinoiserie, cette vision européenne d’un orient rêvé, d’un monde paisible et idéalisé. S’épanouissant particulièrement en France et plus largement en Europe au XVIIIe siècle, la Chinoiserie semble perdurer dans les états allemands jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Elle connait même un renouveau dans la première moitié du XIXe siècle en Prusse, se manifestant particulièrement par un goût pour les objets en laque et les porcelaines de Chine.

La datation de ce type de vases n’est pas clairement définie. Certains auteurs datent ces faïences de Berlin du XVIIIe siècle mais d'après le Pr. Samuel Wittwer (M. Kopplin, Schwartz Porcelain : Die Leidenschaft für Lack und ihre Wirkung auf das Europaïsche Porzellan, Münster, 2003, pp. 237-249), elles semblent avoir été réalisées à Berlin au début du XIXe siècle afin de satisfaire la demande d'un cercle restreint d'amateurs. C'est vers 1840 que l'on recense en effet pour la première fois des achats de vases similaires dans les comptes des Hohenzollern, la famille royale de Prusse. Certaines de ces faïences sont encore aujourd'hui conservées au château de Charlottenburg à Berlin, au Nouveau Palais de Potsdam ou au Musée du Lacq à Münster.
Enfin, un ensemble important de vases en faïence de Berlin a été vendu lors de la dispersion des collections du comte de Iveagh à Elveden Hall (Christie’s, 22-24 mai 1984, lot 2333-2336).
La technique utilisée, les influences subies, les différentes formes réalisées et cette décoration insolite concourt à dire que cette production berlinoise des arts du feu figure sans doute parmi les plus belles de son temps.

Bibliographie :

W. Holzhausen, Lackkunst in Europa, Munich, 1982
M. Kopplin, Schwartz Porcelain : Die Leidenschaft für Lack und ihre Wirkung auf das Europaïsche Porzellan, Münster, 2003
M. Kopplin, Europäische Lackkunst, Münster, 1999

Pièce en comparaison :

Pour un vase en faïence de Berlin à fond vert passé récemment en vente à Paris, Voir Christie's, Vente de la Galerie Camoin Demachy, 1er octobre 2013, lot 70

Pour un vase en faïence de Berlin de même forme (Musee Neuruppin, inv. NR V-1529A), voir :
M. Kopplin, Schwartz Porcelain : Die Leidenschaft für Lack und ihre Wirkung auf das Europaïsche Porzellan, Münster, 2003, p. 248.

Otto von Falcke, Altberliner Fayence, Berlin, 1923 (pour une attribution de ces vases à la manufacture de Cornelius Funcke, début 18eme).

Rapport de condition : Quelques éclats

Provenance :

  • Pièces :  2
  • Hauteur en cm : 53 cm
  • Référence Expertissim : 2014060564