Médaille commemorative en argent, catherine II, 1790

Estimation : 1 750 €
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Objet vendu

RUSSIE : Catherine II (1762-1796).

Paix avec la Suède conclue le 3 août 1790.

Médaille en argent au buste de Catherine II par Yudin et Bobzovschikov.

Diamètre : 52 mm.

Référence : M. Diakov 221-5 p. 225.

Av. Buste cuirassé de la tsarine à droite, portant la couronne impériale et une couronne de lauriers, arborant le grand cordon et le manteau de l'ordre de Saint-André. Légende : « Par la grâce de Dieu, Catherine II, impératrice et autocrate de toutes les Russies ». Sous le buste, signature V.S. YUDIN ». Samoila Yudin.
Rv. Rameau d'olivier ceint d'une couronne de lauriers, entouré par la légende : « Pour un bon voisinage éternel ».
A l'exergue, signature du graveur « B » (P. I. Bobrovschikov) ; et légende en trois lignes : « Paix avec la Suède conclue le 3 août 1790 ».


A la fin du XVIIIe siècle, la situation politique entre le royaume de Suède et l'empire de Russie n'était pas exempte de tensions : le roi Gustave III (1771-1792) avait des visées sur la Norvège et le Danemark ; mais ce territoire était au bénéfice d'une alliance avec la Russie. D'autre part, la Suède souffrait de dissensions internes qui opposaient le parti royal au parti aristocratique, soutenu par la Russie. Celle-ci aurait volontiers récupéré les territoires finlandais rendus à la Suède par la Paix d'Abo (7 août 1743) et Catherine II considérait la restauration du pouvoir monarchique par Gustave III, grâce à la Constitution de 1772, comme un échec personnel.
En septembre 1787, la Turquie déclara la guerre à la Russie. Gustave III considéra que cette situation nouvelle lui offrait une chance inespérée. Comme la Constitution de 1772 lui interdisait de prendre l'initiative d'une guerre offensive, un incident de frontière fut froidement mis en scène, de sorte que la Suède se trouva de nouveau en guerre avec la Russie, le 29 juin 1788.
Le plan de campagne de Gustave III prévoyait une attaque sur deux fronts : par la Finlande et par la mer. L'escadre suédoise, qui devait débarquer 15'000 hommes près de Saint-Pétersbourg pour assiéger la ville, fut bloquée par la flotte russe et le combat naval éprouva les deux adversaires sans résultat décisif. L'offensive terrestre n'eut guère plus de succès.
Ce manque de résultats rapides raviva l'opposition interne à cette guerre et certains officiers, surtout finlandais, proposèrent même secrètement à la Russie de conclure une paix honorable. Les Danois, pour respecter leur traité d'alliance, ouvrirent un second front au sud et à l'ouest : la faiblesse des défenses suédoises leur permit même d'atteindre Göteborg, le 6 octobre.
L'invasion danoise fut l'occasion pour Gustave III de susciter un sursaut patriotique qui lui permit de mater les officiers conjurés et d'obtenir du Riksdag de 1789 un renforcement de ses pouvoirs. Le Danemark, soumis à des pressions prussiennes et anglaises, conclut un armistice et évacua le territoire suédois, au grand dam de la Russie.
Le roi de Suède put ainsi reprendre ses opérations militaires contre la Russie et, après une année 1789 incertaine, remporta les 9 et 10 juillet 1790 la grande victoire navale de Svenskund, dans le golfe de Finlande entre les îles de Kotka et Kutsalö. Après cette défaite et pressée également par la situation internationale, Catherine II prit l'initiative de proposer la paix, laquelle fut signée à Värälä le 14 août 1790.
Par ce traité, on en revenait sur le plan territorial au statu quo ante, moyennant la promesse de quelques rectifications de frontières et de ne plus s'ingérer dans les affaires intérieures de la Suède. Mais la guerre avait conduit la Suède à une situation financière très grave et à une augmentation de l'opposition interne. Gustave III ne profita pas longtemps de l'augmentation de ses pouvoirs puisqu'il fut grièvement blessé lors d'un attentat, le 16 mars 1792, et qu'il mourut trois jours plus tard.
L'importance de la paix de Värälä pour la Russie est illustrée par le grand nombre de variantes des médailles frappées à cette occasion : Diakov ne décrit pas moins de huit médailles, jetons et décorations en divers métaux commémorant la signature de ce traité. La notre est celle de 52 mm de diamètre, gravée par S. Yudin et P. I. Bobrovschikov ; cf. Diakov, 221.4, R 3.
n Le coin de revers, en revanche, avec la branche d'olivier pointant vers la lettre « H », est INÉDIT.

Provenance :

  • Pièces :  1
  • Référence Expertissim : 2010110117