GILLE jeune - VION et BAURY. La Source et le Feu

Objet vendu

Manufacture GILLE jeune - VION et BAURY (1836-1889)

La Source et le Feu

Paire de grands sujets à l'antique en biscuit de porcelaine dure. La Source, représentée par une jeune femme versant de l’eau d’un vase ; Le Feu, représenté par une jeune femme à se réchauffant près d’une athénienne.

Probablement d’après un modèle de Charles Baury

Marqués par une pastille en biscuit bleu VB

Paris, vers 1870

Hauteur : 42 cm.

Très petits manques


Œuvres en rapport :
- Pour une paire de biscuits représentant La Source et Le Feu, voir : Musée Adrien Dubouché, inv.3366A,B
- Pour une paire de biscuits représentant un couple de galants par Vion et Baury, voir Christie’s New York, 25 octobre 2005, lot 212.

Bibliographie :
R. de Plinval de Guillebon, Les Biscuits de porcelaine de Paris XVIIIe XIXe siècles, pp. 257-260


C’est Gille dit Gille jeune (1798-1868) qui fonda cette manufacture en 1836. Parti de rien, vendant des porcelaines de rebut dans la rue, il loua ensuite une fabrique au 132 rue du Temple. Après quelques années, il se trouva à la tête d’un établissement de détail, consacrant son activité aux articles de fantaisie en biscuit qu’il faisait confectionner dans diverses fabriques. Le succès le poussa en 1836 à installer sa propre manufacture dans de nouveaux locaux de vente au 28 rue du Paradis-Poissonnière.
A son décès en 1868, ses collaborateurs, Théodore Vion et Martial Baury lui succédèrent et devinrent propriétaires de la manufacture. En 1875, la fabrique fut transférée à Choisy-le-Roi, et connut une grande extension. Après le décès de Baury en 1879, Théodore Vion resta seul propriétaire et fit faillite en 1889.

Lors de l’Exposition des produits de l’industrie française de 1844, Gille obtint un triomphe avec une “cheminée charmante pour les boudoirs, des groupes et des bas-reliefs” (1) . Sa manufacture est à cette époque considérable puisqu’elle compte cent soixante ouvriers.
En 1858, il participa à l’Exposition des beaux-arts et de l’industrie de Toulouse et y présenta des “bustes de l’Empereur et de l’Impératrice” ainsi que des groupes intitulés La mère des amours, La Toilette de Vénus et surtout la Rachel de Jean Auguste Barre.

Il fût par ailleurs l’un des porcelainiers français les plus remarqués à l’Exposition de Londres de 1851, notamment grâce à une grande figure en biscuit de Bernard Palissy.
Lors de l’Exposition Universelle de 1855, Gille fut récompensé par la Légion d’Honneur et le brevet de fournisseur de l’Impératrice. Un guide du visiteur conseillait de voir la “belle exposition de Gille et d’y admirer un grand cerf blessé …”. Il y présenta aussi un buste en biscuit de Napoléon III grandeur nature d’après Barre, daté de 1852.

Une grande médaille récompensa aussi ses travaux à l’Exposition de Londres de 1862. Il est d’ailleurs le seul porcelainier parisien cité dans le Rapport de la section française pour ses figures en biscuit, remarquables par la perfection du travail et par leurs dimensions.
A l’Exposition Universelle de 1867 à Paris, Gille expose à la fois dans le palais et dans le parc, des bustes de la famille impériale mais aussi des statues, des groupes et des vases exceptionnels pour orner les maisons et les jardins provenant toutes de ses ateliers. Une photographie de cette exposition conservée aux Archives Nationales montre notamment “La Grande Source” de Gille , un biscuit identique au notre mais de plus grande taille, aujourd’hui conservé au musée Adrien Dubouché.

Vion et Baury continuèrent de participer à de grands événements comme l’Exposition Internationale de Londres de 1872, l’Exposition universelle de 1878 à Paris, l’Exposition d’Amsterdam de 1883 ou encore l’Exposition d’Anvers de 1885.

Certaines œuvres de la Manufacture Gille jeune - Vion et Baury sont aujourd’hui conservées au musée du Louvre (“Rachel”, département des sculptures, inv. RF 1508), au musée Adrien Dubouché (“Chinois” d’après Charles Cordier, vers 1869, inv. 3763), au musée Carnavalet (“Alphonse de Lamartine” par Alfred d’Orsay, inv. C 2324), au Château de Compiègne (“le duc de Morny”, par Frédéric Iselin, inv. IMP 666), au Musée des Arts Décoratifs de Paris (“Mère et sa fillette”, inv. 35518), au Château de Blois (Bernard Palissy, inv. 939.5.740).

(1) R. de Plinval de Guillebon, Les Biscuits de porcelaine de Paris XVIIIe XIXe siècles, p. 257.

Provenance :

  • Pièces :  2
  • Référence Expertissim : 2013020738