Fauteuil d’apparat en bois sculpté et doré d'époque Empire, attribué à Pierre-Antoine Bellangé

Estimation : 2 500 €
Le prix et l'estimation incluent la commission acheteur TTC
Objet vendu

Fauteuil d’apparat en bois sculpté et doré. Dossier plat à motif de rosettes quadrifeuilles et de palmettes, la partie supérieure ornée de joncs rubanés. Accotoirs reposant sur des montants en faisceaux ornés de feuilles d'eau se terminant par des pieds en boule .Ceinture de forme trapézoïdale légèrement cintrée à décor de rosettes quadrifeuilles. Pieds postérieurs sabre.

Attribué à Pierre-Antoine Bellangé (1757-1827)

Epoque Empire, vers 1810-1815

Hauteur : 99 cm - Largeur : 54 cm - Profondeur : 52 cm

Petits usures à la dorure. Quelques éclats et manques.


Nous remercions Monsieur Sylvain Cordier, conservateur des arts décoratifs anciens au Musée des Beaux Arts de Montréal, pour nous avoir permis d’attribuer ce fauteuil à Pierre-Antoine Bellangé, et Monsieur Jean-Pierre Planchon qui a écarté une attribution à Pierre Marcion.

- Pour un salon en acajou estampillé de Pierre-Antoine Bellangé ayant appartenu à Louis-Alexandre Berthier, prince de Neuchâtel, voir Fontainebleau, Osenat, 9 juin 2013, lot 181.
- Un autre salon en bois redoré, Hôtel Drouot, Piasa, 24 juin 2011, lot 262.

Bibliographie :
Cordier, S., Bellangé ébénistes. Une histoire du goût au XIX° siècle, Paris, Mare & Martin, 2012.
Ledoux-Lebard, D., Les ébénistes parisiens (1795-1830), leurs œuvres, leurs marques, Paris, Librairie Gründ, pp. 34-36.
Ledoux-Lebard, D., Le mobilier français au XIXe siècle, Paris, Les éditions de l’amateur, 1984, pp. 50-64 (un canapé avec le même haut de dossier y est illustré).
Ledoux-Lebard, D., Les 3 Bellangé, fournisseur de la cour, Connaissance des Arts, novembre 1964, p. 86-93.


Les Bellangé
Les Bellangé sont une dynastie d’ébénistes qui ont tenu une grande place dans l’art du XIXe siècle pendant plus de quatre-vingt ans. Elle est à l’origine composée de deux frères, Pierre-Antoine et Louis-François.
Le premier d’entre eux, Pierre-Antoine, fut reçu maître, comme menuisier le 24 octobre 1788.
Il fut sous l’Empire un des fournisseurs attitré de Napoléon Ier, avec Jacob et Marcion. Son œuvre est alors influencé par de grands architectes de son temps comme Percier et Fontaine. Il fit notamment des livraisons au château de Laeken, la résidence bruxelloise de l’Empereur, à Saint-Cloud, à Compiègne, à Meudon ou encore aux Tuileries. Il fournit pour ce dernier l’ameublement du salon d’exercice de l’appartement du roi de Rome. Parallèlement à ces commandes impériales, il fournit l’entourage du pouvoir impérial comme le Marechal Berthier, prince de Neuchâtel, pour son hôtel de la rue Neuve-des-Capucines à Paris.
Sous la Restauration, il reçu le titre d’ébéniste breveté du Garde-meuble de la Couronne, puis il fut attaché à la direction générale du mobilier. Il exécuta à cette époque des meubles pour le prince de Condé à Chantilly. Sous la Monarchie de Juillet, il reçoit le titre d’ébéniste du roi et fournit toujours les plus grands de son temps comme la princesse Adélaïde d’Orléans, la comtesse de Cayla ou la duchesse de Berry. Cette période marque sans doute l’apogée de sa carrière. En 1820, il s’associe avec son fils Louis-Alexandre, puis cède sa place en 1825. Il décède deux ans plus tard.
Certains de ses meubles sont aujourd’hui conservés dans les plus grands musées comme le musée du Louvre, le château de Versailles, le palais de Compiègne, le palais de Fontainebleau, le musée Marmottan-Monet, le musée de la Légion d’honneur ou encore le musée des Arts Décoratifs de Paris.


Le fauteuil présenté par Expertissim
Ce fauteuil peut être rapproché de plusieurs modèles aujourd’hui répertorié.
Le haut du dossier cannelé sur lequel repose un ruban croisé semble caractéristique de la production de Pierre-Antoine Bellangé. Il se retrouve d’abord sur un fauteuil estampillé de P-A. Bellangé conservé au Palais de Compiègne (illustré dans le Connaissance des Arts de novembre 1964, p. 88). Ce même motif décoratif se retrouve sur une de ses plus prestigieuses commandes, celle du président des Etats-Unis d’Amerique, James Monroe, pour le salon bleu de la Maison Blanche à Washington. Ce mobilier est toujours conservé in situ et est illustré dans l’ouvrage de Sylvain Cordier.
Sylvain Cordier rapproche par ailleurs le modèle du fauteuil d’Expertissim au mobiler de salon de la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur, estampillé par Pierre-Antoine Bellangé, qui est aussi illustré dans son ouvrage. Nous retrouvons en effet les mêmes formes, les mêmes pieds antérieurs, accotoirs, dossier et rosettes.
Il retrace l’historique de cet ensemble à partir de 1817 où il appartenait à la princesse de Poix, épouse du gouverneur de Versailles. Ce mobilier de salon, composé de huit fauteuils, dix chaises, quatre bergères et un canapé fut ensuite racheté au prince par le Garde-meuble, puis envoyé en 1832 dans l’appartement du duc de Nemours. Il sert dans l’appartement du prince Jérôme sous le Second Empire et quitte Compiègne en 1984 pour la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur, échangé contre le mobilier de la salle de bain du roi de Rome.

Provenance :

  • Pièces :  1
  • Référence Expertissim : 2014021117