ÉCOLE FRANÇAISE vers 1740-1750. Portrait de Claude Jobert de Chambertin

Estimation : 7 500 €
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Objet vendu

ÉCOLE FRANÇAISE vers 1740-1750

Portrait de Claude Jobert de Chambertin, possesseur au XVIIIe siècle du domaine de Gevrey-Chambertin

Huile sur toile

Hauteur : 81,5 cm - Largeur : 63 cm.
Cadre : 102 x 83 cm.

Étiquette manuscrite collée au revers de la toile “Claude Jobert, secrétaire du roy”
Dans un cadre de l'époque en bois sculpté et doré à motifs de palmettes, coinçons, cartouches feuillagés et fleurettes. Petits accidents et manques.


Rapport de condition :
Le tableau se présente sur sa toile d'origine sous un vernis épais et sale. Quelques usures. Restaurations anciennes dans les fonds, sur la partie gauche au bord du visage et très partiellement sur la perruque, la manche droite et la main.


Claude Jobert (1701-1768) est une des plus célèbres figures de l’histoire viticole bourguignonne.

Fermier, il arriva sans un sous en poche en 1720 à Chambertin pour le compte des chanoines de Langres. Trente ans plus tard, les moines cisterciens découvrent avec stupeur que le Clos de Bèze, couronne du Chambertin, ne leurs appartenaient plus ! De procès en procès, l’astucieux fermier avait en fait réussi à déposséder les chanoines de Langres de leurs vignobles grâce à la connivence d’un pouvoir judiciaire peu scrupuleux.

Claude Jobert s’endetta fortement par la suite afin d’acheter d’autres terres viticoles à Gevrey, Morey et Chambolle, puis en négociant avisé, il partit vendre son vin dans les principautés allemandes. Ses affaires devenant prospères, il s’intitule « Marchand de vin de la Cour palatine » et acquiert à Gevrey l’hôtel des Fyot de la Marche, une vieille famille parlementaire dijonnaise. Ne voyant plus de limite à ses ambitions, il se fit alors appeler Claude Jobert de Chambertin, du nom de son cru préféré, et contre quelques écus se fit faire des armes (d'azur à la fasce de gueules, de laquelle naît un homme les bras étendus et, en pointe, un lion surmonté d'un chevron abaissé de gueules) qui sont l’image de sa réussite financière mais surtout de sa formidable ascension sociale. Sa fortune considérable lui permit d’acheter de nombreuses charges , notamment celle d’écuyer secrétaire du roi.
En 1768, Claude de Chambertin décède. Sa veuve et ses deux fils, François-André, capitaine de cavalerie et Bénigne-Alexis, gendarme de la garde royale, lui succèdent à la tête d'un grand domaine de vingt hectares établi sur Chambolle-Musigny, Gevrey-Chambertin et Morey Saint-Denis.
En 1787, lors d’un voyage en Bourgogne, Thomas Jefferson, futur président des Etats-Unis et grand amateur de vin, place le Chambertin parmi ses vins préférés. Il en fit venir aux Etats-Unis, notamment en 1803, 1.200 bouteilles pour la cave de la Maison Blanche.

Les deux fils de Claude de Chambertin restent sans postérité masculine et le domaine est confisqué pendant la révolution française. Saisi comme bien national, il est morcelé et vendu aux enchères le 29 janvier 1791. Après cette période troublée, Chambertin ne perd pas sa réputation. Las Cases, hagiographe de Napoléon, évoque dans le Mémorial à Sainte-Hélène l’habitude de l’Empereur de boire du Chambertin au cours de ses repas. Deux cents ans plus tard, le Chambertin est toujours un des vins les plus célèbres au monde.

La figure de Claude Jobert, qui œuvra pour la célébrité de ce domaine, reste toujours associée à ce cru qui lui doit sa réussite.

Un autre portrait de Claude Jobert semble connu (Tajan, 22 juin 1999, lot 14). Probablement postérieur au notre, Claude Jobert y est représenté en chevalier de l’Ordre de Malte, Commandeur d’Esnouveau et Chancelier du Grand Prieuré de Champagne.

Provenance :

  • Pièces :  1
  • Référence Expertissim : 2013010110