D'après Jean Baptiste Pigalle. Mercure attachant ses talonnières, biscuit

Estimation : 1 250 €
Le prix et l'estimation incluent la commission acheteur TTC
Objet vendu

D'après Jean-Baptiste PIGALLE

Mercure attachant ses talonnières

Groupe en biscuit

Limoges, première moitié du XXe siècle


Une attitude tournoyante

Prêt à bondir du rocher sur lequel il est assis, Mercure, le messager des dieux, attache les talonnières ailées, qui vont lui permettre, avec les ailettes de son casque, le pétase ailé, de prendre son envol.
Le dieu a une attitude tournoyante. Le jeu des membres permet de varier les points de vue à mesure que l’on fait le tour de la composition. Son geste pour attacher la talonnière ne requiert pas son attention mais il est souligné par la convergence des bras et d’une jambe. La pose ramassée, l’oblique ascendante des membres et de la ligne des épaules, le visage tourné vers l’extérieur et le regard scrutant le lointain donnent l’impression dynamique que Mercure va s’élancer vers le ciel. La jambe gauche pliée en retrait, sur la pointe du pied, suggère que le dieu prend son appel pour bondir.
La pose s’inspire peut-être du Mercure tirant son épée pour tuer Argus de Jacob Jordaens (peintre flamand du XVIIe siècle), popularisé par la gravure. Mais, par le jeu des diagonales et des angles multiples qu’offre la ronde-bosse, Pigalle apporte une vitalité qui transforme la figure du dieu en une allégorie de la vitesse.
Le torse de Mercure est une variation sur le Torse du Belvédère (Vatican). Ce fragment antique en marbre, d’un homme musclé assis, fascina par sa puissance Michel-Ange, et à sa suite artistes et amateurs. Aussi, fait unique à l’époque, il ne fut jamais complété, devenant une métaphore du Temps dévorant les œuvres du Génie. Il symbolisa la sculpture, comme dans le bas-relief L’Union de la Peinture et de la Sculpture (Louvre) de Jacques Buirette, son morceau de réception en 1663.

Le morceau de réception

Après un séjour romain (1736-1739) et dès son retour à Paris en 1741, Pigalle présente le modèle en terre cuite du Mercure pour être agréé à l’Académie royale de peinture et de sculpture. Selon une anecdote, il avait failli le laisser en gage pour payer son hébergement lors de son passage à Lyon. Au lieu de lui imposer un autre sujet, l’Académie lui demande pour sa réception la transposition en marbre du modèle : il est reçu le 30 juillet 1744.
Mercure est conçu à l’origine comme une figure isolée. Pourtant, dès 1742, Pigalle lui adjoint un pendant, une Vénus, qui donne l’ordre de faire rechercher Psyché, illustrant un épisode de L’Âne d’or, conte de l’écrivain latin Apulée (v. 125-170). En 1746, l’Administration royale lui commanda la réalisation en marbre des deux personnages, grandeur nature : achevés en 1748, ils furent offerts par Louis XV au roi Frédéric II de Prusse pour le parc du château du Sans-Souci près de Berlin.

Un succès immédiat et durable

L’œuvre connaît un succès immédiat. Voltaire la compare à la plus belle antiquité grecque dans Le Siècle de Louis XIV (1751). Des artistes en possèdent une copie, des peintres la représentent sur leurs toiles. Le peintre Chardin, ami de Pigalle, en fait un symbole moderne de la sculpture dansL'Etude du dessin (1747, Vanås) et Les Attributs des arts (1766, Minneapolis). Une réduction en biscuit est réalisée par la manufacture de Sèvres dès 1770. L'oeuvre continuera d'être réalisée par des manufactures de porcelaines au XIXe siècle et au XXe siècle.

Rapport de condition : Petites restaurations. Quelques fêles de cuisson

Provenance :

  • Pièces :  1
  • Hauteur en cm : 44 cm
  • Référence Expertissim : 2014060299