D'après François-Joseph Bosio. Henri IV enfant. Bronze

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Objet vendu

D'après François Joseph BOSIO (1768-1845)

Henri IV enfant

Bronze à patine brune. Signé sur la terrasse et marqué Société des bronzes de Paris . Fonte d'édition de la fin du XIXe siècle

Hauteur : 67 cm






Cette effigie du jeune roi Henri IV, dont le plâtre fut présenté au salon de 1822, connut un succès prodigieux tout au long du XIXe siècle. Bosio, sculpteur néo-classique, fait ici une incursion dans l'art troubadour, approche intime et anecdotique de l'Histoire. Le charme de la statue tient à son allure à la fois juvénile et grave.

Le prince, âgé d'environ dix ans, est fièrement campé, la main gauche tenant le pommeau de son épée, la droite retombant avec nonchalance.
L'effigie participe à la propagande dynastique des Bourbons sous la Restauration. Ils utilisaient leur glorieux passé et le potentiel affectif du fondateur de la dynastie, Henri IV, pour valoriser leur image auprès du public. Bosio fut bien en cour quel que fût le régime : sculpteur familier de Napoléon Ier, premier sculpteur du roi Louis XVIII, il reçut de Charles X le titre de baron. Il reçut ainsi de prestigieuses commandes comme le Quadrige de "La Paix conduite sur un char de triomphe" pour couronner l'Arc de Triomphe du Carrousel ou "L'Apothéose de Louis XVI" pour la Chapelle Expiatoire, ainsi que plusieurs portraits royaux (Charles X, la duchesse d'Angoulème, la reine Marie-Amélie)
En 1821, le roi Louis XVIII l'éleva au rang de chevalier de l'ordre de Saint-Michel. Il sculpta plus tard la statue équestre du roi Louis XIV pour la Place des Victoires, puis il devint officier de la Légion d'honneur. Il mourut à Paris en juillet 1845.

La statue constitue une exception dans l’œuvre de ce maître du néo-classicisme, sculptant dans la grande tradition de Canova.
C'est une incursion précoce et réussie dans l'art Troubadour. Cet art, développé dès l'Empire en peinture mais plus tardif en sculpture, s'attache à l'Histoire dans sa dimension anecdotique, intime, familière. Il cherche à émouvoir le spectateur et non pas à l'édifier comme l'art néo-classique. La représentation de l'enfance des rois est touchante par le contraste entre l'innocence de leur état et la gravité de leur destinée. La précision du costume et des accessoires est constitutive du style troubadour. Bosio se serait inspiré d'un portrait du XVIe siècle, Henri IV à l'âge de quatre ans (château de Versailles) de François Bunel (1522-1599), peintre à la cour des rois de Navarre.
Toutefois l'artiste reste fidèle à la tradition antique : allure pondérée, visage impassible, absence de caractérisation du personnage. Mais il la concilie ici avec une indéniable fraîcheur, qui en fit le succès.

Bosio reçut la commande de deux marbres, l'un pour la Maison du roi (château de Versailles), l'autre pour le château de Pau, ville natale d'Henri IV (in situ). La statue en argent du Louvre fut installée inachevée dans le cabinet de Louis XVIII le 25 août en 1824, pour la fête du roi. Bosio obtint le privilège de fondre douze bronzes. La statut obtenu un succès considérable et fut la plus copiée sous la Restauration, lui permettant ainsi de rentrer dans les foyers royalistes.

-Pour une sculpture identique, légèrement plus grande (74,5 cm), offerte à la princesse Amélie d'Orléans à l'occasion de son mariage, provenant des collections du comte et de la comtesse de Paris, récemment préemptée par les Amis du Château d'Eu, voir : Sotheby's, Une Collection pour l'Histoire, Importants tableaux, dessins, meubles et souvenirs historiques appartenant à la Famille de France, Paris, 29 septembre 2015, lot 153 (adj. 10.000 euros).

-Un autre modèle, provenant dans les collections des marquis de Lastic, sensiblement de même taille, est actuellement conservé au château de Parentignat en Auvergne, dans les appartements privés du premier étage, devant l'entrée de la chambre Charles X.


Bibliographie

- HUBERT G., Les Sculpteurs italiens en France sous le Révolution, l'Empire et la Restauration 1790-1830, Paris, 1964, pp.105-108.
- PINGEOT A., LE NORMAND-ROMAIN A. et LEMAISTRE I., Sculpture française XIXe siècle (Ecole du Louvre, Notices d'Histoire de l'art n 6), Paris, 1982, n 8.
- SCHIFF G., "The sculpture of the Style Troubadour", in Arts Magazine, 1984.
- PEROT J., Musée national du château de Pau, Quinze années d'acquisitions 1970-1984, catalogue d'exposition, Paris, 1985, p.108.
- Un âge d'or des arts décoratifs 1814-1848, catalogue d'exposition, Grand Palais, Paris, 1991, p.98-99.

  • Pièces :  1
  • Hauteur en cm : 67 cm
  • Largeur en cm : 24 cm
  • Profondeur en cm : 33 cm
  • Référence Expertissim : 2016010083
  • Styles & Epoques :