Assiette en porcelaine. Chine, époque Qianlong

Objet vendu

Assiette en porcelaine de Chine de la Compagnie des Indes représentant "Le jugement de Pâris". L'aile ornée d'entrelacs et coquilles en rose sur couverte.

Chine, époque Qianlong (1735-1795)

Diamètre : 23 cm.

Un fel sur l'aile et un petit éclat à l'arrière restauré. Quelques sauts d'émail.


Aux noces de Pélée et Thétis sur l'Olympe, tous les dieux sont invités excepté Eris, déesse de la Discorde. Pour se venger, elle jette une pomme d'or dans la foule avec la mention : « Pour la plus belle ». Trois déesses revendiquent alors le fruit, Héra, Athéna et Aphrodite.
Afin de mettre un terme à la dispute, Zeus ordonne à Hermès d'emmener les déesses sur le Mont Ida à charge pour Pâris de désigner la gagnante. Le jeune homme accorde finalement le prix à Aphrodite, qui lui a promis l'amour d'Hélène, alors qu'Athéna lui offrait la victoire à la guerre, et Héra, la souveraineté sur tous les hommes.
Quelques temps après, Pâris part en Grèce chercher son dû promis par Aphrodite, Hélène, ce qui provoque le début de la guerre de Troie.

Pâris est ici représenté à gauche, assis sur un rocher, le Mont Ida derrière peint en bleu sur couverte. Il est représenté avec ses attributs de berger, un chien à ses pieds et un bâton dans la main droite.
Il tient dans sa main gauche la pomme de la discorde, qu'il s'apprête à offrir à Aphrodite.
Cette dernière se trouve accompagnée à sa gauche d'Athéna revêtant ses attributs guerriers (lance, casque, et dos musclé), et à sa droite d'Héra, un paon à ses pieds.
Un petit enfant est assis au pied d'Athéna. Il est peut-être une évocation du destin de Pâris, dont un présage avait annoncé avant sa naissance qu'il causerait la destruction de Troie. Il pourrait aussi s'agir d'un Amour puisqu'il tient un pan de l'écharpe d'Aphrodite.



L'artiste peintre qui a réalisé ce décor s'est inspiré d'une gravure de Marc Antonio Raimondi représentant une oeuvre perdue de Raphaël. Cette dernière fut aussi notamment utilisé par des peintres sur la majolique italienne de la Renaissance (voir un plat d'Urbino dans les collections du Musée d'Angers).

L'ensemble du décor est peint dans une riche palette polychrome de camaïeux roses, pourpres, verts, ou encore brun, et de grisaille pour les chevelures.

Une assiette comparable, avec des entrelacs or sur l'aile, provenant de l'ancienne collection Luneau à Nantes, est illustré dans "La Porcelaine de la Compagnie des Indes" (Francois et Nicole Hervouët), Flammarion, 1986, p. 310.

Bibliographie abrégée :
Beurdeley, 1962, cats. 130-131
Brawer, 1992, no. 112
Fennimore, 2000, no. 41
Godden, 1979, pl. 144
Gordon, 1975, p. 20, fig. 5
Howard and Ayers, 1978, vol. I, no 324
Hyde, 1936, pl. XIV, fig. 43
Jorg, 1989, nos. 60-61
Litzenburg, 2003, cat. 192 (Reeves center collection, Washington)
Poole 1995, cat. 403, pl. 44
Scheurleer 1974, pls. 225-226
Veiga, 1989, pls. 81-84

Provenance :

  • Pièces :  1
  • Référence Expertissim : 2013090604