Assiette en porcelaine de Chine de la Compagnie des Indes

Objet vendu

Assiette en porcelaine de Chine de la Compagnie des Indes représentant Duff, directeur de la Compagnie des Indes, et son épouse. Fours de Jingdezheng.

Chine, Epoque Yongzheng (1723-1735), vers 1730

Diamètre : 23 cm.

Infimes égrenures et petit éclat en bordure


Ce décor, à coup sûr l’un des plus célèbres des commandes des Pays-Bas, figure un couple de type occidental se tenant par le bras et évoluant dans un jardin extrême-oriental, identifiable à la balustrade et au rocher percé au premier plan. Il est accompagné d’un chien, une sorte de levrette, dont la race fut introduite en Extrême-Orient au début du XVIIe siècle, comme en témoigne des peintures et des laques de cette époque.


Des pièces au décor similaire sont conservés dans les collections des plus grands musées européens comme la Cité de la Céramique à Sèvres (numéro d’inventaire MNC 8785), le musée Guimet (inv. G. 287), le British Museum, ou encore aux Musées Royaux d’art et d’histoire de Bruxelles.

Pour deux pièces identiques, voir :
François et Nicolas Hervouët, La porcelaine des Compagnies des Indes à décor occidental, 1986, p. 152.
Sotheby’s, 18 juin 1988, lot 1538.



Ces deux figures ont donné lieu à différentes interprétations, dont aucune n’est certifiées car aucun modèle gravé n’a été retrouvé jusqu’à ce jour.
La première hypothèse voudrait que ce soit une représentation de Louis XIV et de Madame de Maintenon ou de la marquise de Montespan, identification qui est aussi avancée pour différentes figures en ronde-bosse en porcelaine de Chine de la Compagnie des Indes. Certains auteurs y ont aussi vu des « mariés frisons », éventualité écartée par A.L. den Blaauwen du Rijkmuseum.
Williamson (1910) propose en revanche une hypothèse plus plausible. Il s’agirait d’une représentation du gouverneur général de la V.O.C., Diederik Durven (dont le diminutif chinois était Duf), en poste de 1729 à 1732, et de son épouse, Anna Catharina de Roo.

Ce décor, répertorié sur les premières porcelaines d’exportation destinées au marché hollandais, semble connu en plusieurs versions. La première, présentée par notre assiette, dans la palette imari (en rouge, bleu, vert, et noir rehaussés d’or) ; la seconde, uniquement en bleu sous couverte ; et la dernière plus rare, peinte uniquement en rouge, vert, et noir.

Enfin, ce rare décor est aussi connu sur une commode, illustré dans l’ouvrage de référence de François et Nicolas Hervouët (p. 153).

Bibliographie :
D.F. Lunsingh Scheurleer, L’armoire hollandaise aux porcelaines de Chine, pl. 49.
D.S. Howard, J. Ayers, China for the West, vol. I, pl. 127.
M. Beurdeley, La porcelain des Qing, fig. 101.
D.S. Howard, The choice of the private trader, pl. 37.
C. Coleman Brawer, Chinese Export Porcelaine from the Ethel Liebman and Arthur L. Liebman Porcelain Collection, Elvehjem Museum, p. 72
F. et N. Hervouët, Y. Bruneau, La porcelaine des Compagnie des Indes à décor occidental, pl. 7.30.
R. Krahl, J. Harrison-Hall, Ancient Chinese Trade Ceramics from the British Museum, London, pl. 22.
C. J. A. Jörg, Chinese Export Porcelain, Chine de Commande from the Royal Museums of Arts and History in Brussels, pl. 76.

Provenance :

  • Pièces :  1
  • Référence Expertissim : 2013030660