L'art baroque selon l'Ecole napolitaine : A la redécouverte du Caravagisme
Les évènements historiques du XVI° siècle provoquent de réels bouleversements, notamment au point de vue artistique. La Renaissance laisse ainsi place au baroque, un art novateur et dynamique, caractérisé par un rapport nouveau entre l'Homme et l'univers. De son émergence à la fin du XVI° siècle, à son crépuscule vers le milieu du XVIII° siècle, l'art baroque est en perpétuelle évolution et adopte de multiples facettes, propres à chaque pays. Profitons de cette Visitation, proposée aujourd'hui par Expertissim pour approcher de plus près la peinture baroque selon l'école Napolitaine.
L' « école napolitaine » : un style cosmopolite
Parfois reconnue comme la plus ancienne de toutes (XI° siècle) l'école napolitaine désigne une des écoles italiennes de peinture, née à Naples et influente jusqu'en Campanie, dans les Pouilles et en Calabre. Parfois qualifiée de giottesque suite à l'influence de Giotto di Bondone, ses protagonistes sont essentiellement baroques, voire rococos, parfois inspirés des tendances françaises et siennoises. Au XVI° siècle, la peinture connut un formidable développement, notamment à Rome, Florence, Venise, Parme, Mantoue, etc. Contrairement à ses compatriotes, l'école napolitaine n'a pas réellement compté de style original ou d'artiste phare jusqu'à l'arrivée de Caravage. En effet, l'école de Naples se contenta d'adopter les principales qualités de ses consoeurs, en particulier l'école romaine, suite au saccage de la ville éternelle en 1527. Nombreux furent les artistes romains à quitter la région pour se réfugier à Naples, y fortifiant ainsi l'influence de l'école romaine. L'on observe ainsi la trace de multiples influences, tantôt régionales, tantôt étrangères et plus ou moins contradictoires entre elles, ce qui donnera tout son charme à l'école napolitaine.
Avènement et âge d'or de la peinture napolitaine
La première moitié du XVII° siècle constitua l'âge d'or par excellence de la peinture napolitaine ; apogée consécutive à la présence déterminante des maîtres étrangers précédemment cités. Parmi eux le Caravage qui y séjourna à deux reprises, bientôt suivi l'Espagnol José de Ribera. A eux deux, ils vont révolutionner l'école napolitaine, force de couleurs raffinées, de jeux de clairs-obscurs, et d'illusions spatiales. Peintures historiques aux personnages tourmentés, natures mortes, portraits intimistes ou sensuels, et autres scène bibliques et mythologiques foisonnent alors, délivrant alors la peinture napolitaine de son caractère jusqu'alors jugé « provincial » pour remplir de sa réputation l'Europe entière.
Carrache VS Caravage
En Italie, foyer artistique majeur et plaque tournante de toutes cultures, l'on distingue deux écoles fondamentales du baroque : « l'école de Bologne » et «
l'école napolitaine » qui se jouent une concurrence acharnée, avec pour représentants majeurs les célèbres Carrache et Caravage. Le premier prône une peinture claire, monumentale, typique de l'école bolonaise. Célèbre pour ses fresques, Carrache est en effet est chargé de peindre les plafonds de la galerie du palais Farnèse à Rome (1597-1602), une oeuvre particulièrement significative constituant une étape décisive dans l'évolution du « classicisme » à venir. Carravage, quant à lui, privilégie les jeux d'ombres et de lumières du plus bel effet, caractéristiques de l'école napolitaine. Ses oeuvres telles que la Vocation ou encore le Martyre de saint Matthieu (v. 1599-1600, église Saint-Louis-des-Français, Rome) constituent la clé de voûte d'un « naturalisme » baroque qui trouvera un écho, entre 1600 et 1620, à travers les toiles de Gentileschi ou celles de Bartolomeo Manfredi (v. 1580-1620). Par la suite, de nombreux peintres étrangers venus travailler à Rome se rapprochent de ce courant, en particulier Ribera qui s'avèrera l'un des principaux représentants de l'école napolitaine. Sur le déclin à partir des années 1630, ce style dicté par le Caravage continuera cependant à influencer profondément la peinture européenne jusqu'à la fin du XVII° siècle.
Le baroque sera religieux ou ne sera pas ...
L'art baroque est avant tout un art religieux. Né au XVI° siècle dans le contexte de la Contre-Réforme, il est principalement utilisé par les Jésuite comme moyen de reconquête religieuse pour lutter contre le l'expansion du protestantisme, proposant notamment une représentation de la religion grâce aux arts picturaux. Cet art baroque, inspiré de la Réforme catholique, a pour fondement l'initiative du concile de Trente de réhabiliter les images (contestées par les protestants) en produisant un art qui s'adresse à la sensibilité du spectateur plutôt qu'à sa raison. Il inscrit notamment ses racines dans l'art caravagesque des années 1600, un artiste novateur par le réalisme de ses sujets et l'utilisation des jeux d'ombre et de lumière qui noient les contours des corps et des objets.
Art de la profusion et d'une richesse picturale incontestable, l'école napolitaine fut malheureusement le parent pauvre de l'art baroque italien. Il fallut tout le génie d'un Caravage pour lui donner ses lettres de noblesse et porter à nos mémoires le temps d'un âge d'or aussi lointain. Un art vivant et théâtral qui vous transportera dans la chaleur méridionale des intérieurs baroques de la Renaissance italienne.
Par Elodie LUTUN (étudiante à l'ICART)
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Experts en tableaux anciens et du XIXe siècle
Référence : 1850410
Epoque : XVIIe siècle.
Estimation :
300 €-400 €
ECOLE NAPOLITAINE du XVIIe siècle.
La Visitation.
Huile sur toile marouflée sur carton.
14,7 x 20 cm.
Petits manques et restaurations anciennes.
Cadre en bois sculpté et doré, travail français du XVIIe siècle.
19,5 cm x 24,5 cm.
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