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Ecole française vers 1680. Paire de gouaches.

Prix vendu
2 000 €

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2 499,93 €

Objet consulté par 1977 personnes

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La valeur d'une oeuvre d'art : sujet épique et philosophique

Peut-on juger la valeur d'une oeuvre d'Art ? Ce vaste sujet, traité année après année par des générations de bacheliers, nous poursuit même après les années-lycée. Aujourd'hui, Expertissim vous propose d'aborder la question délicate du prix de l'art. Certes sous un angle plus éloigné et plus cartésien que ne l'aurait fait Kant, mais non moins utile pour tous les amoureux des arts, qu'ils soient collectionneurs amateurs ou connaisseurs aguerris. En effet, l'achat ou la vente d'une oeuvre nécessitent bien sûr d'en évaluer le prix juste ; et l'estimation de sa valeur marchande en est la pierre angulaire. Indépendamment de votre propre passion, intérêt pour l'artiste ou l'époque, le prix objectif d'une oeuvre dépend de certains critères à la hiérarchie bien définie. En effet, il ne s'agit pas ici de juger la valeur d'une oeuvre d'art relative à l'attachement sentimental que peut avoir pour lui son propriétaire, mais plutôt d'examiner les critères de la valeur commerciale d'une oeuvre d'art.

 

L'AUTHENTICITÉ

L'authenticité, c'est l'existence d'un lien effectif entre une création et un créateur. Selon la définition du dictionnaire, « est authentique ce qui est véritablement de l'auteur auquel on l'attribue ». Par exemple, un Rembrandt est authentique s'il est de la main-même de Rembrandt. Par ailleurs, il existe des degrés d'attribution, fixés par le décret du 3 mars 1981 : -    Le degré le plus élevé étant « oeuvre de ... », c'est-à-dire de l'artiste même, portant la signature de l'artiste. -    Ensuite on a l'appellation « attribué à ... » : cette expression suppose une forte présomption quant au lien oeuvre / artiste. Faute de preuve formelle ou irréfutable (telle une signature), on dispose toutefois d'indices convergents. -    Ensuite « atelier de ... » signifie que l'oeuvre a été peinte au sein de l'atelier de l'artiste mais pas par l'artiste lui-même, ou alors très partiellement. L'atelier fut une pratique très répandue en Europe. Quand le maître recevait une commande, il faisait un dessin préparatoire, inventait la composition, la palette chromatique, les personnages, le décor ... mais faisait réaliser l'oeuvre elle-même par ses élèves qui travaillaient sous sa direction. Il s'agit donc d'une oeuvre conçue intellectuellement par le maître mais réalisée par les élèves. -    L'appellation « élève de ... » suppose que l'artiste auteur de l'oeuvre a été formé par un maître et est par la suite devenu autonome. Si elle s'inspire du travail et de la patte du maître, l'oeuvre n'a plus grand-chose en rapport avec le maître lui-même. -    L'attribution « suiveur de ... » signifie que l'artiste n'a pas été formé par un maître, mais a davantage suivi un courant artistique, un style. Équivaut à l'appellation « école de ... » ou « dans le goût de ... ». Valable jusqu'à 50 ans après la mort du maître. La fluctuation de prix qu'enregistre une oeuvre  selon son degré d'authenticité est considérable. Par exemple : Le Verrou, toile décrite comme une oeuvre de l'école de Fragonard et adjugée 55.000 Francs, fut revendue comme une oeuvre authentique du maître à 150.000 Francs ! De nos jours, la notion d'authenticité est également très élastique, consécutivement aux nouvelles pratiques des démarches artistiques. En effet, les artistes contemporains sont nombreux à travailler avec une équipe : par exemple Jeff Koons travaille avec 100 personnes, mais son oeuvre reste entièrement à lui. Qu'en est-il pour les meubles ? Pour les meubles et objets d'art, la notion d'authenticité devient plus floue et complexe pour deux raisons. La première c'est que l'authenticité ne se détermine plus forcément par l'auteur. Il suffit de préciser l'époque. Par exemple : une commode dit d'époque Régence est fabriquée sous la Régence, (1715 - 1723). Cette précision suffit pour la rendre la commode authentique. Si la commode n'a pas été fabriquée sous la Régence mais imite le style on dit qu'elle est de style Régence. Lorsque l'authenticité se définit par référence à l'auteur de l'objet, le lien entre l'auteur et l'objet peut être beaucoup plus ténu que dans le cas des tableaux et des dessins. Par exemple une commode dite « Riesner »  a pu être fait par l'atelier de Riesner et non par l'ébéniste lui même. La définition de l'authenticité est donc beaucoup plus souple.

 

Commode galbée d'époque Louis XV estampillée CHAUMOND

 

LA NOTORIÉTÉ DE L'ARTISTE : FACTEUR DE VALORISATION

Le prix d'une oeuvre dépend essentiellement de la notoriété, de la cote de son auteur. Quelle que soit la qualité d'une oeuvre de Monet, Picasso, de Van Gogh, l'oeuvre se vendra très cher, la célébrité expliquant le prix. Toutefois la notoriété des artistes varie dans l'espace et dans le temps. En effet, la cote des artistes n'est pas la même selon les pays. Les petits maîtres sont connus dans leurs pays mais dépassent rarement les frontières, leurs tableaux se vendront mieux dans les pays natals qu'à l'étranger. Par ailleurs, la notoriété varie dans le temps, en fonction des fluctuations de la mode. Des peintres peuvent être très appréciés à une époque puis tomber dans l'oubli et vice versa. Par exemple le peintre Vermeer a connu le succès de son vivant mais tomba dans l'oubli sous l'Ancien Régime, son nom ne figurant pas même dans les ouvrages spécialisés. Lebrun (premier peintre du roi) qui possédait un Vermeer signé en effaça la signature pour en mettre une autre, celle d'un peintre plus connu. La cote de Vermeer doit attendre la fin du XIX° siècle pour retrouver ses lettres de noblesse. De nos jours, la cote est une indication de la valeur d'une oeuvre selon son auteur, obtenue par constat officiel lors de ventes aux enchères. C'est  un cours variable selon les ventes, la santé de l'économie, la trajectoire de l'artiste, le dynamisme de ses représentants et le « sens du vent » (la mode, son décès, etc). Pour être exacte, la cote d'une oeuvre doit s'établir non pas sur le cours « instantané », comme en bourse, mais sur une moyenne statistique glissante qui évolue lentement. Cette cote sert de base pour établir un prix, mais elle ne couvre pas tous les cas : ne figurent pas dans ces statistiques les oeuvres vendues de gré à gré ou par les galeries. Ainsi les jeunes artistes, les émergents sur le marché, les artistes peu renommés n'y sont pas : c'est un système assez restrictif mais le seul qui fournisse des chiffres officiels. Quand on dit qu'un artiste est coté, c'est bien sûr son oeuvre qui l'est, mais une cote est une reconnaissance du marché envers cet artiste, comme une valeur sûre. C'est un indice qui fait autorité : les experts s'y réfèrent, les ventes s'y calent et l'artiste lui-même

voudra difficilement vendre au-dessous. PEUT-ON PARLER DE BEAUTÉ ? Notion subjective et très personnelle, la beauté ne se démontre pas ! Kant disait qu'il ne pouvait y avoir de règle d'après laquelle quiconque pourrait être forcé de reconnaître la beauté d'une chose. Les professionnels lui substituent donc d'autres notions qui présentent l'avantage de se prêter mieux à la démonstration et à l'objectivité. Par exemple pour juger l'oeuvre d'un peintre, on va se fier aux périodes de sa carrière. En effet, chaque peintre connaît une période faste, créative, originale : la jeunesse, la maturité, la vieillesse. Par exemple Titien est le plus brillant pendant ses dernières années. Pour les objets d'art l'on dispose d'éléments d'appréciation technique : par exemple on apprécie la précision de la ciselure d'un chandelier d'argent. Pour une tapisserie on apprécie la finesse des points. Pour la porcelaine on appréciera la légèreté et la finesse, la sonorité... En résumé, on dérive vers des critères techniques, plus objectifs.

  Paire de gouaches - école française, vers 1680

 

LE SUJET DE L'OeUVRE

Les résultats de ventes le confirment : des sujets plaisent plus que d'autres. D'après aussi des statistiques réalisées au cours des ventes aux enchères. Ainsi, en matière de peinture figurative on constate une hiérarchie des sujets - bien sûr, fluctuante - à travers les époques et les pays. -    Le sujet qui plaît le plus, ce sont les fleurs. Le sujet étant agréable, décoratif, et facile à marier avec d'autres tableaux. Par ailleurs, il ne nécessite pas de connaissances particulières de la part du propriétaire. Ces tableaux se vendent toujours très bien, même peints par des artistes méconnus. -    Les natures mortes : corbeilles de fruits, objets, fruits ... sont également bien cotées, pour les mêmes raisons que les sujets floraux. -    Le nu féminin est très apprécié pour son thème sensuel et vivant. -    Les scènes de genres et autres scènes de la vie quotidienne aux détails pittoresques sont aussi très aimées du public qui peut aisément s'y imaginer et établir un lien de complicité. -    Les paysages, sont également bien prisés pour leur contact apaisant et dépaysant. La préférence va plus précisément aux paysages maritimes ou figurant de l'eau, calme de préférence. -    Enfin, les scènes religieuses et mythologiques ont un public plus restreint, mais plus spécialisé et connaisseur car elles demandent une certaine culture pour comprendre la scène représentée. LA RARETÉ : L'ART DÉLICAT DE L'OFFRE ET DE LA DEMANDE Le marché de l'art est un marché dit « de pénurie » : tandis que l'offre a tendance à se raréfier, la demande augmente. Pour se vendre bien, une oeuvre doit être rare ... mais pas trop et jongler habillement avec la règle de l'offre et de la demande. Si ce qui est rare est cher, l'oeuvre ne doit pas pour autant être trop rare, ceci afin qu'elle puisse s'inscrire dans une série et motiver le collectionneur. En effet, si un objet est atypique, unique, il ne suscitera pas vraiment de convoitise.

  Pièce de 100 frs du Second Empire

 

L'ETAT DE CONSERVATION

Régulièrement des objets sont parvenus au public en mille morceaux ; par exemple, des vases grecs. Quoi de plus normal après avoir traversé 25 siècles ! S'ils sont recollés et reconstitués dans leur totalité, ils conservent une valeur non négligeable. Faute de quoi, il faudra envisager l'évolution possible des dégradations, et autres lésions. Par exemple sur un verre, une fêlure peut se prolonger et devenir une cassure. Le prix va automatiquement s'en ressentir.  Par ailleurs, il faut tenir compte de la possibilité ou non de restauration. Une tapisserie trouée peut être restaurée, mais une tapisserie dont les soies ont été brûlées par le soleil, n'envisage aucune solution. Au XIX° siècle des peintres ont utilisé du bitume pour peindre en noir, or le bitume est impossible à restaurer car il contamine de proche en proche les autres couleurs de la toile. Cette dernière devient alors de plus en plus sombre : c'est le cas par exemple du Radeau de la Méduse de Géricault.

 

LA PROVENANCE

C'est un facteur non négligeable de plus-value de connaître l'historique du tableau. S'il est passé par les mains d'un grand collectionneur, surtout si c'est un homme de goût, on en déduit que c'est un bon tableau. Source de prestige, le passé de l'oeuvre apparaît dans l'historique décrit par l'expert. C'est également pourquoi les dessins comportent des cachets de collection ; on peut suivre le parcours du dessin. En effet, selon une pratique qui remonte au XVIII° siècle, un vrai collectionneur de dessins imprime sa marque au recto en bas, dans un angle.

Le tableau le plus cher du monde en 2006 c'est Le portrait d'Adèle Bloch-Bauer de Klimt vendu 135 millions de dollars. Et pour cause : il rassemble toutes les qualités citées précédemment : il est authentique, d'une très grande beauté et d'une qualité d'exécution exceptionnelle. L'oeuvre est également très rare car Klimt n'a pas laissé beaucoup d'oeuvres. Enfin, la provenance est inédite aussi, achetée le 18 juin 2006 lors d'une vente privée par le milliardaire Ronald Lauder. Depuis, les oeuvres de W. de Kooning (Woman III) et J. Pollock (n°5, 1948) ont encore battu le record, vendue respectivement 137 et 140 millions de dollars.

 

Par Elodie LUTUN (étudiante à l'ICART)

L'expertise

Ecole française vers 1680. Paire de gouaches.

Référence : 520310

Epoque : vers 1680.

Dimensions : 14 x 19 cm.

Estimation :
2 000 €-2 500 €

Ecole française vers 1680.

L'Ange gardien. Saint Joseph et l'Enfant Jésus.

Paire de gouaches.

Hauteur : 14 cm - Largeur : 19 cm.

Quelques mouillures.

Dans des cadres en bois et stuc doré du XIXe siècle.

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