Objet consulté par 143 personnes

Identifiez-vous pour connaître le coût de la livraison
Gratuit si retrait chez Expertissim
L'école espagnole "del siglo de oro"
On appelle le « siècle d'or espagnol », la période de rayonnement culturel et d'émulation artistique de l'Espagne sous le règne de Philippe IV. Les villes de Madrid et de Séville comptent alors parmi les plus grands foyers artistiques européens et soutiennent l'émergence de l'art baroque. L'Annonciation présentée par Expertissim est caractéristique de l'élan religieux, de la somptuosité et de la grandeur de l'art baroque espagnol.
L'Espagne au XVIIème siècle et le mécénat de Philippe IV
Au XVIIème siècle l'Espagne, dominée par la dynastie des Habsbourg, est la première puissance économique européenne. L'Empire des Habsbourg, dont la cour est située à Madrid, comprend alors l'Espagne, les territoires Aragonais, le Portugal, une grande partie de l'Allemagne actuelle et des Pays Bas, la Franche Comté ; ainsi que les Amériques et les Philippines : colonies conquises depuis les grandes découvertes du XVIème siècle. Philippe IV (1605-1665) accède au trône à la mort de son père Philippe III en 1621 et gouverne l'Empire jusqu'à sa mort.
Dans cette période de grande vitalité littéraire et artistique Philippe IV, dés le début de son règne, manifeste une forte sensibilité aux arts et à leur protection. Il fut dans la tradition de la dynastie des Habsbourg, l'un des plus grands mécènes et collectionneurs de son temps. A la cours, il s'entoure d'artistes espagnols comme Diego Velasquez (1599-1660) et passe de nombreuses commandes à des artistes européens de grande renommée comme Rubens (1577-1640), Poussin (1594-1665) ou Claude le Lorrain (1600-1682). Le Souverain est aussi un grand amateur de tableaux anciens, il achète par exemple de nombreuses oeuvres de la célèbre collection de Charles Ier en 1649.
La collection de Philippe IV rassemblait à sa mort plus de huit cent toiles d'artistes majeurs comme Raphaël, Mantegna, Titien, Durer, Lanfranco... Les jeunes artistes espagnols ont pour la majorité eu la possibilité de voir les collections de leur souverain et connaissent donc les grandes oeuvres de la renaissance italienne et du maniérisme. De plus les toiles de Caravage commencent à circuler en Espagne dés les années 1603. Dans ce contexte de foisonnement artistique, une véritable émulation se crée entre les artistes pour aboutir à style à la fois international et profondément espagnol dans ses diversités nationales: l'art baroque.
L'émergence de l'art baroque : Séville
L'art baroque est un style qui nait en Italie mais qui se répand rapidement dans la plupart des pays d'Europe. Il se caractérise par la surcharge décorative, les effets dramatiques et l'exagération du mouvement. Le terme de « baroque » entre dans la terminologie des critiques d'art comme Burckhardt ou Wölfflin à la fin du XVIIIème siècle pour désigner des formes brisées en opposition à l'harmonie et la proportion de la Renaissance. La diffusion de l'art baroque est encouragée par l'Eglise catholique dans le contexte de la Contre Réforme. Le Concile de Trente (1545-1643) dans son Traité sur les images saintes, montre sa volonté de promouvoir un art émotionnel et spectaculaire qui puisse toucher le fidèle et renforcer sa foi grâce à une iconographie facilement compréhensible et fastueuse (en opposition à la complexité du maniérisme). L'art baroque comprend de nombreuses diversités régionales et sociales.
L'art baroque espagnol s'inspire de l'art italien et opère une synthèse entre le mysticisme du Greco et la technicité du
traitement lumineux de Caravage. Au XVIIème siècle Séville est le berceau de l'art baroque espagnol. Portée par le vent intellectuel de son Académie fondée en 1516 et sa brillante école de peinture, la ville donne naissance à de grands artistes baroques comme Juan Valdés Leal (1622-1690). Sa peinture mouvementée qui décrit la passion parfois jusqu'à la violence, est souvent considérée comme l'apogée du baroque espagnol. L'Annonciation présentée par Expertissim rappelle l'art de Valdés Leal dans le mouvement dramatique de la composition qui joue sur les diagonales et les effets de contre plongée. L'archange Gabriel est mis en scène dans un somptueux contrapposto avec le bras droit levé et le genou gauche plié. Les drapés sont fastueux et mouvementés, les couleurs sont vives et se font échos (le vert de la robe de l'ange rappelle la nappe sur la petite commode devant la Vierge). L'artiste maitrise le clair obscur et les effets de lumière, son coup de pinceau est ample et généreux. L'effet de drapé derrière Marie accentue le caractère spectaculaire de la scène.
La place de la religion et le thème de l'Annonciation
L'art baroque espagnol est très marqué par la religion. Cette Annonciation dans son exubérance et son faste met aussi en scène l'expression dramatique de l'épisode religieux ; l'iconographie de la scène est simple et compréhensive. L'Annonciation est l'épisode chrétien relaté dans les évangiles de Saint Luc qui désigne l'annonce faite à la Vierge Marie de sa maternité divine par l'archange Gabriel. Saint Luc ne mentionne aucun détail quant à la scénographie de la scène mais plusieurs textes apocryphes comme la Légende Dorée de Jacques de Voragine décrivent certains détails qui rendent la scène immédiatement perceptible pour les chrétiens. De plus l'artiste insiste sur des éléments symboliques qui permettent aux fidèles de comprendre les enjeux de cet épisode. Par exemple l'artiste peint Marie entrain de lire un livre saint (sans doute l'Ancien Testament) afin de traduire la connaissance des Saintes Ecritures de Marie et de la montrer comme modèle de la confiance en Dieu. L'archange tient dans la main un bouquet de fleurs de lys blanc afin signifier le caractère divin de la Vierge et sa pureté. Le vase transparent aux pieds de la Vierge symbolise la virginité et l'immaculée conception : la lumière transperce le vase sans le briser, comme Marie qui donne naissance sans s'entacher du pêché. Le drap blanc dans la corbeille en osier doit sans doute symboliser la pureté de la Vierge. Enfin la Colombe du Saint esprit qui perce le nuage dans l'extrémité gauche du tableau traduit la présence divine.
L'art baroque est fortement marqué par la religion catholique depuis l'exaltation religieuse de la Reconsquista (1492). Dans le contexte de Contre Réforme et d'identité nationale du XVIIème siècle, l'art religieux prend un essor considérable en Espagne et tout particulièrement à Séville dont les commandes de monastères et d'Eglise foisonnent. Certains artistes sévillans consacreront leur carrière à l'art religieux comme Zurbaran ou Murillo.
Marion Sailhen.
Experts en tableaux anciens et du 19ème.
Référence : 440509
Epoque : XVIIe siècle.
Dimensions : 185 x 128 cm
Estimation :
3500 - 5500 €
ECOLE ESPAGNOLE du XVIIe siècle, suiveur de Juan Valdés Leal (1622-1690).
L'Annonciation.
Huile sur toile.
Hauteur : 185 cm - Largeur : 128 cm.
Rapport de condition :
Le tableau a été rentoilé il y aune trentaine d'années. Nous notons des coutures de toile restaurées sur le pourtour. Nous notons une légère usure de la matière généralisée et des points de restauration éparses sur la composition.
Pour plus d'information nous vous invitons à lire l'article "L'école espagnole DEL SIGLO DE ORO" écrit par Marion Sailhen.
CONDITIONS GÉNÉRALES D'UTILISATION | MENTIONS LÉGALES | LIENS | PLAN DU SITE | COPYRIGHT © 2009 EXPERTISSIM. TOUS DROITS RÉSERVÉS
