L'art catalan de Joan Miro : création, fantaisie, philosophie
Joan Miro - Lithographie, Sculptures 1974 Les débuts d'une personnalité créative hors du commun :
Né à Barcelone en 1893, le jeune Miro manifeste dès le plus jeune âge un goût très prononcé pour le dessin. Ses parents horlogers le destinèrent néanmoins à une carrière commerciale dès l'âge de quatorze ans ce qui lui valut plusieurs années de dépression dont on dit parfois qu'elles nourrirent son imagination Surréaliste. Il entre tout de même à l'Ecole des Beaux Arts de Barcelone et parvient à se consacrer corps et âmes à son unique passion. Il se forme également chez Francesco Gali où il développe déjà un style très coloré inspiré du fauvisme et découvre la peinture cubiste. Durant ces années là, José Dalmau l'encourage en lui offrant une première exposition individuelle.
L'explosion de la créativité :
Ce grand voyageur passa plusieurs années dans le Paris des années folles, au cours desquelles il rencontre Pierre Reverdy, Tristan Zara ou Pablo Picasso. Bien qu'il soit célèbre pour sa relative indépendance par rapport au groupe des Surréalistes, André Breton retint de lui qu'il était « le plus surréaliste d'entre nous ». Il décrocha sa première exposition dans la capitale française en 1921 grâce à des oeuvres remarquables par leur originalité. Ses réalisations ne sont ni cubistes, ni fauves, ni surréalistes, mais tout cela à la fois et conservent surtout une forte imprégnation d'art folklorique Catalan. Il est aujourd'hui un pilier de la culture catalane tant affirmée.
La Philosophie structure son oeuvre imaginative :
A son retour de Paris, Joan Miro s'intéresse plus à la forme en soi qu'aux formes abstraites fantaisistes, dans le cadre de réflexions philosophiques : il déclare que l'objet est vivant et que l'art doit savoir révéler la vie apparemment inerte des choses. Sa palette colorée et animée, cernée fortement de traits noirs, ne peut que mettre en valeur l'essence des formes et des silhouettes. Mais son talent s'exerce sur une palette de motifs très élargie et très diversifiée : ses premiers « monstres » apparaissent dans la même décennie que ses réflexions philosophiques, autant sur des gravures, des pastels, des toiles ou des lithographies.
Sa notoriété est telle qu'on le sollicite également pour des céramiques
tout aussi inspirées qu'uniques, visant à orner des édifices publics. On retient essentiellement de cette production les Murs du Soleil et de la Lune, peintures sur émail qui décorent le bâtiment français de l'UNESCO et qui attestent du talent de Joan Miro à savoir jouer sur des formats très différents et des surfaces hétérogènes.
Les trente dernières années de son existence sont encore mieux consacrées à l'intervention artistique au sein-même de la ville. C'est alors l'occasion de réfléchir sur la matière, la structure et surtout la signification d'une oeuvre d'art, d'autant plus si l'artiste l'intégrée à l'espace urbain et public. Il porte une attention particulière au symbole, qui, dégagé de la représentation commune, acquiert une autonomie plastique exploitable. « Pour moi, une forme n'est jamais quelque chose d'abstrait, elle est toujours un signe de quelque chose. Il est toujours un homme, un oiseau, ou autre chose. », énonce-t-il en 1948, lors d'une de ses rares interviews.
« Je travaille comme un jardinier » nous révèle-t-il, c'est-à-dire que l'artiste se déplace de la céramique à la peinture, de la sculpture à la lithographie, comme on pourrait se détourner de la cueillette des radis pour aller arroser le céleri, mais tout en appliquant des méthodes et des concepts polyvalents. Il meurt à Mayorque en 1983.
La grande qualité artistique de sa production est donc le fruit d'une réflexion cohérente, indispensable structure d'une fantaisie unique inspirée des divers styles d'avant-garde qui marquent l'entrée dans le XXe. Mais cette pensée permet de concevoir l'art comme un tout, quelque soit le support : une oeuvre d'art devient une forêt de symboles vivants, à méditer. Cette oeuvre de Joan Miro qu'Expertissim présente semble être une mise en scène, une véritable scène de rencontre, entre deux sculptures qui veulent se comprendre.
Pauline Balayer (étudiante à l'Ecole du Louvre)
Expert en estampes anciennes et modernes
Référence : 380210
Epoque : 1974.
Dimensions : 47 x 60,5 cm.
Estimation :
300 €-400 €
Joan MIRO (1893-1983).
- SCULPTURES. 1974.
(Maeght 950)
47 x 60,5 cm.
Lithographie en couleurs. Épreuve sur vélin d'Arches avec la signature imprimée de l'artiste en bas à droite.
Bonne condition.
Feuille : 54 x 75 cm.
Pour plus d'information nous vous invitons à lire l'article "L'art catalan de Joan Miro : création, fantaisie, philosophie" écrit par Pauline Balayer, étudiante à l'école du Louvre.
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