Léopold Survage : une vision nouvelle du cubisme
Léopold Frédéric Léopoldovitch Stürzwage ou Léopold Survage (1879, Moscou - 1968, Paris) était un peintre français originaire de Moscou. Une formation riche en rencontres Apprenti facteur de pianos dans la fabrique de son père, Léopold Survage témoigne d'un intérêt aussi vif que précoce pour le dessin et la peinture. En 1901, il entre à l'école des Beaux-Arts de Moscou. C'est l'occasion pour le jeune Léopold de visiter la collection privée de Chtchoukine, abritant des oeuvres de Manet, Matisse, Gauguin, des Impressionnistes, etc... dont l'empreinte sera déterminante pour lui. Fasciné et désireux de faire des « expériences picturales », Survage quitte Moscou en 1908, poussé vers Paris, centre névralgique des avant-gardes. Là bas, il intègre l'Académie Matisse, suivant ainsi les cours dispensés par le chef de file du fauvisme. Il subit ensuite l'empreinte de Cézanne et, en 1912, expose avec les cubistes au Salon des Indépendants. Fréquentant Modigliani, Delaunay et le groupe surréaliste, Survage se lie d'amitié avec Apollinaire à qui il fait part de ses dernières recherches qu'il appelle les « rythmes colorés ». Elles rencontrent immédiatement l'enthousiasme du poète qui y salue la réalisation d'une de ses prophéties annonçant « l'avènement d'un art aérien et non figuratif. »
« du rythme coloré et de la couleur rythmée » Pour Survage, fort des recherches des avant-gardes russe et française - en particulier Cézanne, Gauguin, Matisse et du cubisme - « une forme abstraite immobile ne dit pas encore grand-chose ». Ce n'est qu'une fois mise en mouvement qu'elle peut exprimer une vision, un état d'âme, un sentiment. Le peintre s'applique dès lors à animer sa peinture pour créer ce qu'il nomme en 1914 un « nouvel art visuel dans le temps, celui du rythme coloré et de la couleur rythmée ». Première tentative en cette matière, les Rythmes colorés (1912-13) sont une création résolument originale et marginale pour l'époque. Les toiles exposées ne sont, en fait, que les ébauches d'un « film cubiste
» dont le projet fut avorté par la guerre de 1914. S'apparentent formellement aux recherches contemporaines de Delaunay, les Rythmes colorés préfigurent par leur technique, les tout premiers films abstraits et dessins animés réalisés dans les années 20.
Une vision personnelle et inédite du cubisme Aux alentours des années 1920, le cubisme, n'était plus tellement considéré comme une avant-garde, même si la plupart du grand public français, ignorait encore son existence. Mais dans le milieu des peintres, il était en passe de devenir une formule esthétique. Dans cette mouvance, Survage décidera de développer une application personnelle du cubisme, notamment dans ses paysages, jouant sur les lignes et les volumes. Contre l'univers cubiste progressivement restreint à la nature morte ou au portrait, Survage entend rendre compte de groupes de personnages, voire de paysages entiers. Selon Apollinaire « Nul avant Survage n'a su mettre dans une seule toile une ville entière avec l'intérieur de ses maisons ». Il participe ainsi aux multiples adaptations et transformations du vocabulaire cubiste inventé par Picasso et Braque au début du siècle. Il en donne une version personnelle fondée, non plus sur la dissection d'un objet ou d'un corps, mais sur l'étude de l'espace et des relations entre les objets. Esprit libre et talentueux, Léopold Survage sera régulièrement qualifié d'inclassable. Certains ont voulu faire de lui un second produit du cubisme tant il est vrai que sa peinture entretient des liens évidents avec l'esthétique cubiste dans les années de l'après Grande Guerre. A sa mort, en 1968, il laisse derrière lui une oeuvre riche de plus de mille toiles et d'innombrables dessins qui se laissent admirer au musée d'Art moderne de Céret, au musée du Montparnasse à Paris, ainsi qu'à Lille... Aujourd'hui, ces découpes géométriques, spatiales et temporelles de la réalité apparaissent comme des monuments historiques qui ne manquent pas de rappeler les toiles de Picasso.
Par Elodie LUTUN (étudiante à l'ICART)
Référence : 370210
Epoque : vers 1930.
Dimensions : 22 x 17,5 cm.
Estimation :
200 €-300 €
Léopold SURVAGE (1879 -1968).
- DEUX PERSONNAGES. vers 1930.
22 x 17,5 cm.
Gravure sur bois imprimée en brun.
Épreuve signée en bas à droite, numérotée 160/ 200.
Feuille : 40 x 31cm.
Pour plus d'information nous vous invitons à lire l'article "Leopold Survage : une vision nouvelle du cubisme" écrit par Elodie Lutun (étudiante à l'ICART).
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