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Trois inrô. Japon, vers 1900.

Prix vendu
350 €

Commissions
et TVA incluses :
437,77 €

Objet consulté par 2406 personnes



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Les inro: véritables phénomènes de mode au Pays du Soleil Levant

 

Les inrô, littéralement « panier de cachets », sont de petites boîtes originaires du Japon, à vocation utilitaire, constitués de petits compartiments en bois laqué qui s'imbriquent parfaitement les uns dans les autres. La plupart des inrô sont fait en bois mais quelques fois aussi en cuir, en métal, en céramique, et même en ivoire. Ils font partie des objets appelés sagemono (objets pendants) et sont portés uniquement par les hommes. Les kimonos n'ayant pas de poche, on les accroche du côté droit à la ceinture du kimono (l'obi) par une cordelette pour y ranger différentes choses, souvent des herbes médicinales, sous formes de pilules ou de poudre, mais aussi des sceaux et de la cire, voire de la drogue.

 

Des origines lointaines

 

Bien qu'il soit admis aujourd'hui que ces objets proviennent du Japon, où la pratique de suspendre des objets était courante, certains s'interrogent sur la possibilité d'une apparition antérieure en Europe. Quoi qu'il en soit, cet accessoire est d'usage courant au Japon dès la période Temmon (1532-1554). La première mention du mot inrô apparut dans un dictionnaire japonais-portugais publié par les Jésuites en 1603. Cela donne ceci en français : « petite boite cylindrique ou ovoïde dans laquelle sont nichés des compartiments pouvant contenir des médicaments ou autres choses ». On peut donc déjà en déduire que les inrô étaient utilisés au XVI° siècle et même plus tôt. Les combattants de cette période avaient en effet pour habitude d'emporter ces boîtes à médicaments au combats, et les inrô faisaient d'ailleurs partie intégrante de l'équipement des samouraïs. Lors de la période Meiji (1868-1912), les Japonais adoptent le costume occidental avec des poches, ce qui a pour conséquence de voir leur utilisation décroître. Néanmoins, la production d'inrô se perpétua et, de nos jours encore, il arrive parfois de voir certains Japonais arborer cet objet traditionnel lors de grandes occasions.

 

Les inrô : un véritable travail de sculpture

 

Les inrô sont généralement réalisés en bois (du paulownia), en bambou ou tressés à partir de lanières de bambou. Ils peuvent aussi être en cuir pour transporter du tabac et sont alors accompagnés d'un étui renfermant la pipe. Les inrô sont agrémentés d'une multitude de décors sculptés, en laque ou recouverts d'écaille de tortue. En effet, la décoration couvrait intégralement les deux faces, laissant très peu de place non décorée. Les plus beaux sont gainés dans un étui, lui-même recouvert de laque unie. Une découpe sur une de ses faces (parfois sur les deux) permettait alors d'apercevoir une partie du décor de l'inrô. Cet étui sert de protection à l'inrô qu'il renferme. En effet, plusieurs inrô sont parfois appendus à la ceinture de leur propriétaire et peuvent s'entrechoquer. Or, un éclat sur la laque est difficilement réparable et se voit toujours. Les

inrô étaient relativement petits jusqu'au XVII° siècle, généralement rectangulaires avec un intérieur doré et décoré d'une simple couche de laque jusqu'à la période Tensho (1573-1591). Ce n'est que bien plus tardivement que s'est développé un style de décoration propre au Japon.

 

Les inro : des objets de collection

 

Entre le XVII° et le XIX° siècle, les inrô firent l'objet d'un engouement croissant. Et pour cause, deux familles d'artistes laqueurs d'Edo produisirent, les pièces les plus remarquables et ont influencé la décoration des inrô. Il s'agit de Kôrin (1658-1716) et Ritsuô (1663-1747). Déjà au XVII° siècle, les inrô deviennent des marqueurs d'appartenance sociale, et donc de plus en plus richement ornés : originellement de laque, ils sont alors fréquemment incrustés de matières nobles, ivoire ou nacre ; certains sont même entièrement réalisés à l'aide de métaux précieux. Objets décoratifs à part entière, et phénomène de mode à l'aube du XVIII° siècle, les inrô font l'objet de commandes par les classes les plus aisées du Japon. Les décors prirent modèles dans les livres d'estampes japonaises afin de correspondre au goût du jour. D'ailleurs, le plus souvent, les dessins étaient réalisé dès la sortie de nouvelles estampes. Par la suite pendant l'ère Meiji, de nombreux inrô étaient décorés avec des motifs plus anciens tels que des courtisanes, qui attiraient les clients étrangers. Vers la fin du XVIII° siècle, sont apparus les inrô de forme ovoïde qui sont devenus encore plus populaires au XIX° siècle. A cette époque ils étaient fabriqués surtout pour satisfaire les touristes et les collectionneurs étrangers. Ce fut la grande époque des artistes Shibata Zeshin (1807-1891), Ogawa Shômin (1847-1891) et Shirayama Shôsai (1853-1923). * A noter cependant que les inrô sont rarement signés.

 

Aujourd'hui, les inrô sont devenus de précieux et coûteux objets de collection. Ainsi, un inrô à 5 compartiments du maître Mochizuki Hanzan (1743-1790) a été adjugé 63 000 $ en mars 1998, et un autre, datant du XIX° siècle, fut acheté au prix record de 71 500 $, le 8 décembre 1988.

 

Par Elodie LUTUN (étudiante à l'ICART)

 

 

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L'expertise

Trois inrô. Japon, vers 1900.

Référence : 2660310

Epoque : vers 1900.

Estimation :
200 €-400 €

Trois inrô dont un inikubako, un à deux cases et un à trois cases. En bois naturel et en laque noir et or. L'un à décor de dragon parmi les nuages, l'autre d'un Hotei avec son sac et le troisième de pivoines. Un netsuke en ivoire en forme de rondelle de citron sur laquelle est posée en mouche, un autre en forme de champignon. L'un signé Shusai et un autre Koryu.

Japon, vers 1900.

Usures et petits accidents.

Dimensions : 6,6 cm, 6,4 cm, 10,4 cm.

Pour plus d'information nous vous invitons à lire l'article "Les inro : véritables phénomènes de mode, au pays du soleil levant" écrit par Elodie Lutun (étudiante à l'ICART).

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