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Garniture de toilette en galuchat vert

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Le galuchat : Trésor des mers pour un matériau d'exeption

Qui ne connaît pas la célèbre Peau de Chagrin de Balzac ou encore la chansonnette populaire Nini peau-de-chien d'Aristide Bruant ? Mais saviez-vous que derrière ces expressions devenues populaires se cache le non moins célèbre galuchat ? Le galuchat est en réalité un cuir de poisson cartilagineux (de raie ou de requin) qui doit son nom à Jean Claude Galuchat, maître gainier du roi et le premier en France à utiliser les peaux de poisson pour habiller les objets et le mobilier précieux. Usage venu d'Asie, la technique du galuchat a traversé les siècles, devenant un matériau de choix en ébénisterie, gainerie, et plus récemment en maroquinerie.

 

Avant le galuchat : le samé asiatique

 

Avant d'être exporté en Europe au XVII° siècle, le galuchat était très apprécié en Orient, et ce depuis plusieurs siècles. En effet, le travail des peaux de poissons est attesté en Chine et au Japon dès le VIII° siècle, sous le nom de samé. Avant d'être une matière décorative, ces samés avaient une vocation avant tout utilitaire, étant destinés à recouvrir des objets de tous les jours. En particulier, les Japonais l'utilisaient pour sa robustesse et ses propriétés  « antidérapantes ». Le galuchat garnissait  alors les inros, les malles, les fourreaux et manches des sabres, ou encore les armures des samouraïs. Cet usage perdurera jusqu'au XV° siècle, s'étendant à la Corée et au Tibet.

 

 

La naissance de « Nini peau-de-chien »

 

En Europe, les premières traces avérées quant à l'utilisation de peaux de poisson se situent vers les XV° et XVI° siècles ; l'on emploie alors des peaux de roussette comme abrasifs du fait de leur surface granuleuse. L'on retrouve ainsi des mentions de cet usage par les menuisiers ou les charpentiers qui s'en servaient pour polir le bois, voire même par les médecins pour éliminer les durillons. Tout comme en Orient, cet usage va progressivement dériver vers la gainerie. Ainsi, le naturaliste Pierre Belon (1517-1564) affirme que l'on couvrait les poignées de dagues et des épées. L'on retrouve également des traces de cet usage auprès du célèbre graveur allemand Albert Dürer qui, lors d'un voyage aux Pays-Bas en 1520, note dans ses comptes, l'achat d'objets divers recouverts de peaux de poissons. Bien sûr, à ces dates, le terme de galuchat n'existe pas encore, il faudra pour cela attendre le XVIII° siècle. L'on parlait alors de peaux de « chien de mer », travaillées dans le quartier parisien du Faubourg Saint Antoine, près de la Bastille. Une anecdote voudrait qu'Aristide Bruant ait ici trouvé l'inspiration pour sa célèbre chanson « Nini peau-de-chien », y parlant d'une petite marchande de peaux de poisson.

 

L'avènement du galuchat dans les arts décoratifs

 

La fonction décorative de la peau de poisson n'est vraiment apparue et appréciée que dans la deuxième moitié du XVIII° siècle, époque où l'on se met à importer les peaux depuis l'Orient et l'Asie, en particulier des peau de requin ou de raie Dasyatis Sephen, spécimens pêchés dans les mers chaudes, et préférés à

la roussette. C'est à cette même époque qu'apparaît l'appellation « galuchat » du nom du gainier de Louis XV qui fut le premier à employer des peaux de raies et de requin dans la marqueterie pour réaliser des placages. A sa suite, le célèbre ébéniste Boulle lui-même va marier le galuchat à d'autres matières (la corne ou l'écaille) pour orner le mobilier. Progressivement, le galuchat va venir orner chaque objet de la vie quotidienne. Tabatières, flacons à sels, étuis d'instruments, de lorgnettes de théâtre, cadran solaire, télescopes, malles et coffres ... se couvrent de galuchat teinté en vert, rose ou gris. La marquise de Pompadour en sera particulièrement friande, tout comme le furent les nobles de cette époque, dans une période où l'exotisme devient un véritable phénomène de mode. Sa provenance orientale faisait sa rareté, aussi, le galuchat était réservé aux objets les plus luxueux. Au XIX° siècle, l'usage semble s'essouffler, le dernier vestige de cette mode n'est autre que la chambre de Napoléon III aux Tuileries, entièrement gainée de galuchat.

 

 

Retour en grâce du galuchat

 

Depuis le développement des relations avec l'Orient et les colonies françaises, le commerce de la raie et du requin est rendu plus facile aux XIX° et XX° siècles. Les prémices d'un nouvel engouement pour le galuchat voient alors le jour dès les années 1910, pour devenir quelques années après, l'un des matériaux préférés des artistes Art Déco de l'entre-deux guerres. La mode du galuchat connaît ainsi un réel regain dans les années 1920 - 1930, utilisé en marqueterie pour sublimer les meubles des grands créateurs tels qu'André Groult, Paul Tribe, Clément Rousseau et Emile-Jacques Ruhlmann. Dans les tons crème, blanc et rose, le galuchat convient à merveille pour exprimer le raffinement des meubles aux formes épurées de ces nouveaux décorateurs.

 

Le galuchat, cette peau irisée au grain rond et perlé est donc un matériau d'exception, rare et très précieux, alliant beauté, exotisme, souplesse et extrême résistance. Utilisé depuis des siècles pour créer et décorer les objets les plus précieux, le galuchat est toujours utilisé de nos jours, en particulier pour la maroquinerie de luxe, pour notre plus grand plaisir.

 

Par Elodie LUTUN (étudiante à l'ICART)

 

 

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L'expertise

Garniture de toilette en galuchat vert

Référence : 170309

Style : Travail Français, 1930

Estimation :
400 €-550 €

Garniture de toilette en galuchat vert se composant de :
- 4 brosses,
- 1 miroir à main,
- 1 chausse-pied,
- 1 pince à gants.

Travail Français, 1930.

Pour plus d'information nous vous invitons à lire l'article "Le galuchat, trésor des mers pour un matériau d'exception" écrit par Elodie Lutun (étudiante à l'ICART).

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