Les okimono sont des sculptures produites au Japon, comparables à des netsuke, mais en plus grand. Ces statuettes se ressemblent pourtant beaucoup. Elles sont en effet produites par les mêmes artisans, sont généralement en ivoire, et traitent des même sujets.
Okimono en ivoire du Japon. Sennin debout tenant un livre d'où s'échappe un dragon. Signé MITSUMASA.
Netsuke
Les Netsuke sont de petits accessoires sculptés utilisés à partir du XVIème siècle comme boucles sur les kimonos japonais. Accrochés à la ceinture (obi) à l'aide d'une cordelette, ils servent à suspendre une bourse, une pochette à pipes, des boîtes... (en effet le kimono est privé de poches). Le netsuke comprend un himotoshi, ce petit canal qui sert à glisser la cordelette maintenant à la ceinture les sagemonos, littéralement «objets suspendus».
Sculptés dans l'ivoire, la corne ou le bois, ils figurent des paysans, des déesses et des dieux nippons, des animaux mythologiques ou réels, des métiers japonais... Ce sont des sujets charmants, parfois fantasques et humoristiques, qui reflètent la vie quotidienne et la culture du Japon. La sculpture est minutieusement réalisée, jusque dans les moindres petits détails.
Très finement sculpté, le netsuke n'a pas d'angles auxquels le tissu pourrait s'accrocher. Les artistes -certains sont célèbres pour leur virtuosité et leurs oeuvres très recherchées- les signent généralement à l'aide d'un caractère japonais.
Okimono
Les Okimono sont des créations bien plus récentes. Lorsque le Japon s'ouvrit à l'Occident dans les dernières décennies du XIXème siècle (ère Edo 1603-1868), les Netsuke devinrent des souvenirs puis des oeuvres d'art, très recherchés.
La forte demande poussa les artistes à créer des modèles plus grands, en bois ou en ivoire : les okimono, conçus spécialement pour l'exportation vers l'Orient. Cette production avait donc un but largement plus commercial. C'est durant l'Ere Meiji (1868-1912) que celle-ci se développa considérablement, devenant quasiment une production de masse.
En effet cette ère
correspondait à la période d'ouverture du Japon au reste du monde, et de modernisation de l'archipel. Les Expositions Universelles à Paris permettèrent de faire connaître aux parisiens cette culture fascinante. Les collectionneurs français se passionnèrent donc rapidement pour les multiples objets, meubles ou estampes japonais. C'est ainsi que les netsuke quittèrent le vêtement traditionnel pour devenir des objets de collection. Les Japonais à leur tour s'ouvrirent à l'Occident, et conscients du marché que cela supposait, adaptèrent bientôt leur art à la mode Européenne. C'est ainsi que nacquirent les okimono, réalisés pour satisfaire la forte demande du marché Européen.
Usage : Contrairement aux Nesuke, les okimono sont purement décoratifs. Ceux-ci sont exposés dans le tokonoma, la vitrine que l'on trouve dans la pièce de réception des demeures japonaises traditionnelles.
Sujets : On retrouve les mêmes thèmes que pour les netsuke, toujours issus de la vie quotidienne : des légendes, des personnages, des métiers (pêcheurs)... C'est le « Japon en miniature ».
Okimono en dent d'hippopotame. Pêcheur debout avec deux cormorans. Japon, fin XIXe siècle.
La valeur d'un okimono s'estime selon l'ancienneté de la pièce, l'artiste, la dimension et la délicatesse de la sculpture. Une pièce en ivoire, finement travaillée, aux multiples détails et à l'expression bien rendue verra sa valeur s'accroître. Cependant il est plus rare de trouver des okimono réalisés en ivoire d'éléphant. Les artistes utilisèrent davantage l'ivoire marin, moins cher et plus facile à trouver.
Sixtine Huyghues Despointes
Experts en Extrême-Orient
Référence : 1210110
Signature : MITSUMASA.
Dimensions : Hauteur : 16 cm.
Estimation :
700 €-800 €
Okimono en ivoire du Japon.
Sennin debout tenant un livre d'où s'échappe un dragon.
Signé MITSUMASA.
Hauteur : 16 cm.
Pour plus d'information nous vous invitons à lire l'article "Okimono Japonais" écrit par Marion Sailhen (étudiante à l'IESA).
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