Petite historique de l'émail cloisonné en Chine et au Japon
Les arts de l’Extrême-Orient sont connus pour avoir eu un impact retentissant en Europe dès les années 1850. Le manque de restrictions commerciales dans les échanges entre le Japon et l’Occident permit à d’importantes quantités de bronzes antiques, de jades ou encore de porcelaines d’inonder le marché européen. La présentation d’art japonais lors de l’Exposition Universelle de 1862, à Londres, mit notamment au goût du jour les techniques de décor du métal et surtout celle des émaux cloisonnés.
L’émail cloisonné japonais consiste à souder sur le bronze des fils ou filigranes de cuivre de façon à former de petites cellules où seront versés les émaux de couleurs variées. L’émail est un mélange de pâte de verre et d’oxydes métalliques lui donnant sa couleur : l’oxyde de l’or transmet les couleurs rouge et rose, l’oxyde d’étain, la couleur blanche et celui de cobalt, le bleu. Le mélange est chauffé jusqu’à la liquéfaction et se vitrifie alors en fusionnant avec le métal porteur. Chaque couche d’émail est ensuite polie avant que la couche suivante ne soit appliquée.
Cette technique fut en premier lieu utilisée en Chine dès le début du XVème siècle, sous la dynastie des Ming (1368-1644). Les émaux cloisonnés se caractérisaient alors par des motifs de lotus et de pétales de fleurs traités avec des couleurs pures telles que le bleu, le noir, le blanc, le vert et le jaune. On en trouvait majoritairement sur des boîtes, des tasses et des vases. Au XVIème et XVIIème siècles, des pièces plus importantes avec une riche gamme de couleurs furent réalisées. Les décors se développèrent avec des représentations animalières et des symboles issus du Taoïsme. La manufacture impériale d’émaux cloisonnés atteignit son apogée lors du règne de Qianlong (dynastie Qing), entre 1736 et 1795. La vaisselle utilitaire fut ainsi ornée d’émaux et de nombreux décors furent
inventés.
Le Japon commença à utiliser cette technique au XVIème siècle. Néanmoins, l’âge d’or du cloisonné japonais ne survint qu’au début du XIXème siècle, lors de l’époque d’Edo, et arriva à son zénith durant la période Meiji, entre 1868 et 1912. En 1873, la fabrique de cloisonnés de Nagoya, établie à Toshima, gagna le premier prix de l’Exposition Universelle à Vienne. De nombreuses manufactures d’émaux cloisonnés s’installèrent alors autour de Toshima qui devint rapidement le principal centre de production de ces émaux. Il a été estimé que 70% des émaux cloisonnés japonais avaient été réalisés par les manufactures de Toshima.
Expertissim vous propose actuellement une paire de vases japonais du XIXème siècle finement décorés d’émaux colorés représentant des phénix et des dragons ainsi que des motifs floraux. La minutie et la qualité de ce décor en font des œuvres exceptionnelles qui seront du plus bel effet dans votre intérieur !
Manuella de Brondeau
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Référence : 2010060030
Pièces : 1
Epoque : Japon, vers 1900
Dimensions : Diamètre : 71 cm.
Estimation :
1 000 €-1 200 €
Importante coupe en bronze et émaux cloisonnés à décor polychrome de poissons parmi les algues. Bordure à décor de motifs géométriques et grues. Le revers est décoré de chrysanthèmes, pruniers en fleurs, lotus et pivoines qui symbolisent les quatre saisons, motifs géométriques et fleurs de pruniers.
Japon, vers 1900.
Diamètre : 71 cm.
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