Accueil Dessins Fikret MOUALLA (1903-1967).
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Fikret MOUALLA (1903-1967).

Prix vendu
2 360 €

Commissions
et TVA incluses :
2 949,40 €

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Fikret Moualla, peintre maudit du XX° siècle

Fikret Moualla, peintre turc, est né en 1903. Fréquentant des écoles francophones, il sera très vite initié à la langue et à la culture française.  C'est probablement à ce moment que les professeurs lui donnèrent le goût pour la peinture. Néanmoins, son premier modèle fut son oncle, célèbre footballeur. Ce sport semblait être la seule vraie passion de Fikret Moualla, jusqu'à ce qu'une fracture de la cheville au cours d'une partie en 1915 vienne briser son rêve de suivre les traces de son oncle. Cet accident lui laissa des séquelles toute sa vie. En 1919, Fikret Moualla n'a toujours pas terminé ses études au collège et vit mal la fait que son père ait refait sa vie peu de temps après le décès de sa mère. L'entente devenant impossible, celui-ci l'envoya en Suisse, afin de poursuivre sa scolarité. N'aimant pas Zurich, Fikret se rendit à Munich où il s'inscrit à la section dessins et affiches de l'académie des Beaux-arts. Encore une fois, Fikret n'aime pas cette orientation et fait transférer son dossier à Berlin pour compléter sa formation. En 1926, il fit son retour en Turquie. Fortement influencé par le mouvement expressionniste allemand, il se détacha naturellement de l'approche classique de la peinture. Il trouva alors un travail dans un lycée dans lequel il donna des cours de dessin mais il démissionna rapidement, l'alcool ayant pris le dessus. Ayant une mauvaise réputation causée par son addiction, il s'éloigna progressivement d'Istanbul pour y revenir quelque temps plus tard, lorsque les tensions furent apaisées. Il reprit alors le travail, et des revues publièrent ses dessins et ses aquarelles. Il essaya également de placer ses oeuvres auprès de l'Académie des Beaux-arts,  qui commençait à constituer le noyau de ce qui allait devenir la collection d'art moderne de l'Etat. Mais le directeur de l'époque, qu'il connaissait bien, n'accepta aucune de ses oeuvres. Il se mit alors à les jeter dans le Bosphore. Fikret Moualla, toujours perturbé, séjournait régulièrement en hôpital psychiatrique. L'Asile commençait alors à devenir une sorte de retraite où il peut continuer à peindre tranquillement. Après de longs passages difficiles dans sa vie, Fikret Moualla décida de partir vers de nouveaux horizons, d'aller de l'avant. En 1939, il hérite des biens de son père et part pour Paris. C'est à cette époque qu'il réalisa une série de grandes gouaches destinées à décorer le café du pavillon turc de l'exposition universelle de New-York. Il habita à Pigalle dans les années 40, avant de déménager dans le 14e arrondissement, déçu de l'ambiance de la place du Tertre, où, selon lui, « de faux peintres vendaient leurs fausses oeuvres à de faux

acheteurs en échange de fausse monnaie ». Il fréquenta alors tous les peintres d'avant-gardes séjournant dans la capitale à ce moment, dont Picasso. On s'intéressa à lui au début des années 1950. L'encadreur Estève fut probablement à l'origine de cet engouement, en exposant régulièrement ses gouaches dans sa vitrine. Moualla exposa alors à plusieurs reprises chez Dina Vierny, Marcel Bernheim, ou encore Katia Granoff, mais aussi en Suisse et en Belgique. Cependant, l'artiste entretenait des relations chaotiques avec les marchands, ne leur promettant pas l'exclusivité. Louis Lhermine l'aida à « asseoir » sa cote en essayant d'obtenir de sa part une production régulière. Et lors d'un séjour à Cannes, il fit la connaissance de Madame Anglès, qui gérait la carrière des peintres tels que Bernard Buffet, ou encore François Philippe. Elle s'occupa de sa carrière à partir de 1960, devint son mécène et l'aida à sortir de ses problèmes d'alcoolisme. Cette rencontre changera son travail. En effet, Moualla passa alors d'une extrême puissance picturale à des compositions plus figées aux zones picturales clairement limitées. Son oeuvre devint plus régulière. On peut alors émettre l'hypothèse que cette obligation de produire son quota mensuel d'oeuvres aurait éteint l'étincelle de folie qu'il avait en lui, et qui alimentait son coté créatif. En 1962, victime d'une attaque d'hémiplégie, il fut hospitalisé à Laennec. A sa sortie, il s'installa chez Madame Anglès, mais il recommença à délirer, à avoir des amnésies passagères. En 1967, Moualla meurt paisiblement pendant son sommeil, et ne sera jamais retourné à Paris. Sa dépouille est transférée en Turquie en juin 1974. Fikret Moualla appartient à cette génération de maîtres des couleurs, qui apparait avec l'arrivée de l'expressionisme. Sa peinture se caractérise clairement par les couleurs très vives, l'omission des perspectives, l'isolement des personnages dont les regards ne se croisent pas. Il est en fait un peintre maudit, dont la peinture le maintenait en vie. Toute la magie de son existence se concentrait dans son pinceau. Katia Fache.

L'expertise

Fikret MOUALLA (1903-1967).

Référence : 1401009

Epoque : 1954

Dimensions : 20 x 26 cm (à vue).

Estimation :
2 300 €-2 800 €

Fikret MOUALLA (1903-1967).

La partie de cartes, 1954.

Gouache signée en bas à droite et datée.

Hauteur : 20 - Largeur : 26 cm (à vue).

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