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Juliette Récamier, la conjugaison du charme, de la beauté et de l'esprit
Expertissim présente un buste en bronze de Juliette Récamier d’après Antoine Denis Chaudet. Sculpteur et peintre français de style néoclassique, Antoine Denis Chaudet (1743-1810) a réalisé les portraits des personnalités les plus illustres de l’Empire comme le buste de Lamoignon de Malesherbes conservé au musée du Louvre. En 1810, sa statue de Napoléon Ier en Imperator couronnant la colonne de la Grande Armée est érigée sur la Place Vendôme (remplacée en 1863 par une sculpture d’Auguste Dumont).
Mais alors qui est cette Juliette Récamier représentée sous les airs d’une déesse antique qui suscite l’inspiration des plus grands artistes de l’Empire ? Petit portrait d’une beauté lyonnaise qui a vécu sa gloire à Paris…
Juliette Récamier, une femme de son époque
Juliette Récamier n’a produit ni sculpture, ni peinture, ni roman, ni poésie, elle est pourtant l’une des femmes les plus représentées et les plus célèbres du XIXème siècle. Juliette Récamier, surnommée la « Merveilleuse du Directoire » est née en 1777 à Lyon. Son père Jean Bernard était notaire royal ; nommé en 1786 Receveur des Finances, la famille bourgeoise monte s’installer à Paris. En 1793 en pleine terreur, Juliette âgée de seize ans, fut mariée à un ami de ses parents, le riche banquier parisien Monsieur Récamier. Union de pure convenance et d’amitié, le mariage ne fut semble-t-il jamais consommé. Françoise Wagener, biographe de Juliette avance l’hypothèse que Monsieur Récamier soit son père naturel qui l’aurait épousée pour lui permettre d’hériter de sa grande fortune et de son rang. Ce serait le secret de sa vertu reconnue universellement.
Admirée et reconnue dans toute l’Europe pour sa beauté et sa vertu, Juliette Récamier était aussi intelligente, cultivée et pleine de douceur. Elle dansait à ravir, chantait, pinçait de la harpe et jouait au piano. Femme d’esprit Juliette reçoit chez elle au début du 19ème siècle les hommes de lettres, artistes ou savant célèbres : son salon devient vite l’un des plus en vue de la capitale et le restera jusqu’à son décès. Parmi les habitués des réceptions à l’hôtel de la rue Mont Blanc, notons, Madame de Staël, sa meilleure amie, Chateaubriand, son seul amour mais aussi Lucien Bonaparte, Adolphe Thiers, Prosper Mérimée, François Arago, Victor Hugo, Alfonse de Lamartine et tant d’autres. Madame Récamier a su profiter des bouleversements de la Révolution qui ont permis aux femmes d’acquérir une certaine égalité ou du moins une véritable place au sein de la société parisienne. Elle a appris à jouer de ses charmes pour être regardée, admirée et appréciée aussi bien par les hommes, qui lui vouaient un amour passionné que par les femmes, qui recherchaient son amitié.
Le Salon de Madame Récamier eut une importance cruciale dans la vie intellectuelle et artistique de l’époque mais aussi dans la vie politique. Juliette pris rapidement le rôle de figure clés dans l’opposition au régime Napoléonien.
Juliette Récamier et l’Empire
En 1800, Juliette Récamier est au sommet de sa gloire, son mari devient Régent de la Banque de France, David réalise son portrait, elle rencontre Madame de Staël avec laquelle elle lie une amitié fusionnelle et son Salon est le plus à la mode du Consulat. Cependant le Salon de Madame Récamier s’attire vite les foudres de Bonaparte en devenant le lieu des conspirations et des critiques de sa politique. En 1803 son amie l’écrivaine Germaine de Staël (1766-1817) est condamnée à l’exil pour son combat pour les droits de la femme. La même année, un ordre officieux de Bonaparte fait interdire les réceptions au Salon de Madame Récamier qu’il
considère comme un lieu de réunion des opposants de son règne. En 1805, la banque de Monsieur Récamier fait faillite et le couple est au bord de la ruine. Juliette refuse une place de Dame d’honneur à la Cour de Napoléon devenu Empereur. En 1810 Juliette déclenche une nouvelle fois la colère de Napoléon en soutenant le Général Moreau lors de son procès et en tentant d’obtenir la levée de l’interdiction de la parution de l’ouvrage « De l’Allemagne » de Madame de Staël. En 1811 Juliette Récamier reçoit l’ordre de s’exiler à quarante lieues de Paris. Elle s’installe alors à Châlons-sur-Marne avec sa nièce Amélie et voyage dans toute l’Europe.
Juliette ne revient à Paris qu’après la chute de Napoléon et son Salon redevient un des centres de la vie mondaine parisienne. Il s’oriente de plus en plus vers une dimension littéraire avec la présence de Chateaubriand qui devient son amant. Juliette Récamier continue tout de même à défendre ses convictions, en 1827 elle soutient la lutte d’indépendance des Grecs et lutte contre la peine de mort.
Juliette Récamier muse et mécène
Juliette Récamier est la personnalité sans doute la plus représentée du XIXème siècle, à tel point que le Musée des Beaux Arts de Lyon lui a consacré une exposition en 2009. Tout au long de sa vie elle a commandé des œuvres aux artistes les plus prestigieux : Joseph Chinard, David, Ingres, Dejuinne, Massot, Canova qui avaient pour consigne de toujours donner d’elle l’image de la femme idéale. Les historiens la considèrent souvent comme la première star dans l’acceptation moderne du terme. Juliette a su maitriser et démultiplier son image dans tous les supports, cultivant savamment son statut d’icône. Elle apparaît même dans les premières revues féminines de mode. Juliette n’a cependant jamais été satisfaite par aucun de ses portraits et a entretenu un rapport ambigu à son image. Sa nièce Amélie Lenormant décrit la rencontre entre Canova et Juliette en 1813 à Rome. Elle raconte que Canova avait sculpté un buste en terre cuite de jeune femme voilée, sous les traits de Juliette. Celle-ci n’a pas réussi à dissimuler ce qu’elle éprouvait. Finalement Canova a ajouté une couronne d’olivier pour faire de sa sculpture la fameuse Beatrice de Dante.
Muse, Juliette était aussi collectionneuse d’art, pour elle l’œuvre d’art était sentimentale, un moyen de se souvenir de ses amis et de faire des cadeaux. Elle possédait de nombreux portraits de Madame de Staël et avait commandé à Thorwalsden un bas relief illustrant une page des Martyrs de son amant génie Chateaubriand.
Juliette Récamier est aussi la première à décorer son intérieur de meubles étrusques et à se vêtir à la grecque : elle développe le gout pour l’antique qui allait prévaloir sous l’Empire.
En 1950, le surréaliste Magritte lui rend un dernier hommage avec son huile sur toile « Madame Récamier de David », aujourd’hui en collection privée.
Marion Sailhen (étudiante à l'IESA).
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Référence : 2010070009
Epoque : XIXe siècle.
Dimensions : 27
Estimation :
400 €-500 €
Buste de madame Récamier en bronze patiné, d'après Antoine Denis Chaudet (1763 – 1810).
Socle en marbre vert orné d’une couronne de laurier en bronze.
XIXe siècle.
L’original en marbre est conservé au musée de Lyon.
Hauteur totale : 27 cm.
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