L'évolution du bijou à travers le temps
Ce pendentif du XXe siècle en or gris à décor géométrique, est orné de brillants onyx et néolite. Il s'accompagne également d'une bague comprenant les mêmes agrémentations. Depuis toujours, le bijou est un accessoire de mode raffiné destiné aux femmes. Il permet d'embellir une tenue sobre par de vives couleurs, telles que le turquoise comme nous le voyons sur ces pièces.
La fabrication du bijou est l'un des arts les plus anciens du monde et c'est dès l'antiquité qu'il acquiert une place importante. Ceux qui parviennent jusqu'à nous sont, pour la plupart, en or. D'autres métaux comme l'argent, l'électrum (l'alliage naturel de l'or et de l'argent) sont également utilisés par les orfèvres antiques. Malgré tout, l'or reste le matériau de prédilection pour sa préciosité. Nous le constatons en Egypte, où nous l'utilisons essentiellement car il est très malléable et les pharaons l'aiment particulièrement pour sa rareté et son éclat.
A cette période, les bijoux ont deux fonctions : la première est religieuse, la seconde est décorative. Les nombreuses recherches le confirment car elles nous ont fait découvrir une quantité de pièces telles que des bracelets, des pendentifs, ou encore des colliers, destinées aux femmes. Celles-ci usent donc du maquillage et de la production des bijoux dans le but de se mettre en valeur. C'est en quelque sorte le petit commencement de la mode, et un moyen de témoigner de son rang social. Concernant le rapport entre le bijou et la religion, nous découvrons d'autres types d'objets façonnés d'or, notamment dans le tombeau de Toutankhamon découvert lors des fouilles d'Howard Charretier en 1922. Arrivent aussi les amulettes au pouvoir protecteur (cela allait du simple coquillage aux amulettes divines. Elles représentaient très souvent le dieu Bès, qui éloignait les mauvais esprits). Du coté de la Grèce, l'approche du bijou est assez différente. En effet, on exploite de nouveaux matériaux dont la perle, pour leur donner plus de fantaisie, avant d'introduire de la couleur en disposant de nombreuses pierres comme les émeraudes, les grenats, les améthystes. Ainsi, ils sont plus colorés, plus variés, et également plus originaux. Il existe aussi de nombreux bijoux en pâte de verre ou de faïence, ou bien en terre cuite. La fonction religieuse persiste car les anciens ont pour coutume d'ensevelir les morts avec des éléments de parure. En effet, certains bijoux n'étaient destinés qu'à l'art funéraire en raison de leur fragilité. En Italie, on aborde l'or d'une nouvelle façon en lui donnant un aspect granuleux. Ce sont les romains qui inventent l'or 18 et 24 carats qu'ils agrémentent de saphirs du Sri Lanka, de cristaux d'ambres indiens et de diamants. On doit exprimer l'élégance
à travers ces bijoux. Le bijou est donc, de tout temps, un accessoire prestigieux, qui, à l'époque, est réservé à l'élite avec l'apparition de quelques lois, dont une du XIIIe siècle interdisant aux artisans et aux domestiques d'en porter en France et en Angleterre. Bien entendu, au fil du temps, son statut évolue et le bijou s'adresse à tous. Pendant de nombreux siècles, la mode du bijou reste immuable et la révolution industrielle avec l'apparition de la production en plus grande série l'aident à garder ce statut et lui permettent de rendre accessibles des produits autrefois considérés comme très luxueux. Au début du XXe siècle, les bijoux deviennent plus sobres, notamment pendant la première guerre mondiale. Quelque temps plus tard, l'essor des nouveaux matériaux redonne un nouveau cachet au bijou.
C'est à cette même période qu'apparait le faux bijou sous cette forme et non sous forme d'imitation, qu'on pourrait nommer le « bijou fantaisie » , offrant une certaine accessibilité, et autorisant les femmes très coquettes à s'en offrir régulièrement dans le but de les assortir à tous leurs vêtements. Durant ce siècle, on assiste donc au changement du statut du bijou, qui n'est plus un réel signe de richesse grâce à la nouvelle tendance. On découvre également un changement esthétique concernant les formes, de plus en plus originales, allant à l'encontre des bijoux classiques. Cette parure composée d'un pendentif et d'une bague l'illustre parfaitement. Les plaques imbriquées les unes dans les autres s'emboitent afin de créer un motif unique. On utilise alors le néolite, qui prend la place du turquoise pour moins de préciosité et plus d'accessibilité mais la présence de l'onyx lui garantie une certaine valeur. Cet ensemble marque parfaitement le renouveau du bijou du XXe siècle par ses associations de couleurs et de matières qui deviennent plus tranchées, les surfaces mates côtoient les surfaces polies, et les pierres précieuses et semi-précieuses pour s'inscrire dans ce mouvement de rénovation. Nous percevons ici les recherches des joaillers avant-gardistes de l'art déco en quête de formes simples, géométriques. En effet, le mouvement « Art Déco », situé autour des années 1930, renonce à la courbe pour des formes épurées, architecturées et des lignes géométriques. Très vite populaire, le mouvement gagne tous les arts et notamment les arts décoratifs. Dès lors, les bijoux glorifient la mécanique et nous offrent une esthétique nouvelle par son graphisme.
Katia Fache.
Experts en bijoux, pierres précieuses, perles, orfèvrerie ancienne, objets de vitrine et montres
Référence : 850909
Epoque : XXe siècle
Estimation :
479 €-718 €
Bague en or gris à décor géométrique ornée de brillants, onyx et néolite (imitation de turquoise).
Or : 10,30 gr,
Néolite : 2,73 cts,
Onyx : 2,13 cts,
Brillants : 0,27 ct.
Taille de doigt : 52 (mise à la taille offerte limitée à 1 ou 2 tailles).
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