L'expertise

Iep - J. Bacot & H. de Lencquesaing

Expertisé par Iep - J. Bacot & H. de Lencquesaing

Experts en mobilier, objets d'art et sculptures des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles

Référence : 290410

Epoque : fin du XIXe siècle.

Dimensions : Hauteur : 24 cm.

Estimation :
NC

Statuette en ivoire sculpté d'un Saint Louis tenant son sceptre et la sainte chapelle, sous un dais gothique. Cape ouvrante découvrant des croisés pénitents.

Style gothique, fin du XIXe siècle.

Hauteur : 24 cm.

Pour plus d'information nous vous invitons à lire l'article "Les ivoires de Dieppe, la fabuleuse histoire de l'or blanc" écrit par Elodie Lutun (étudiante à l'ICART).

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Pour en savoir plus

Le style troubadour : un voyage au temps des cathédrales


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 Depuis la Renaissance et jusqu'au XVIII° siècle, le statut du Moyen Age est sans appel : ce fut une époque d'obscurantisme et de barbarie. Les termes mêmes qui le désignent (médiéval, moyenâgeux, gothique) ont une connotation péjorative, pour ne pas dire méprisante. Il faudra attendre la Révolution Française pour faire évoluer positivement ces idées préconçues, autant qu'injustes. En effet, depuis le XIX° siècle, une rupture s'est produite dans la vision du Moyen Age - non plus mépris mais valorisation voire fascination et donnant naissance à ce qu'on appellera « le style troubadour ». L'émergence du style troubadour La redécouverte de la civilisation médiévale est l'une des curiosités intellectuelles du début du XIX° siècle. Initié à la fin du XVIII° siècle où apparaissent les premières oeuvres « médiévalistes » aux caractères pittoresques, le style Troubadour est un mouvement artistique tendant à reconstituer par les différents arts, une atmosphère idéalisée du Moyen Âge. Généralement perçu comme une réaction au mouvement néoclassique, le style troubadour s'affirme au début du XIX° siècle pour devenir un véritable phénomène de mode dans les années 1820-1830.  *(2)

Un contexte de circonstances Exhumant les tombes royales de Saint Denis et mettant « sur le marché » une multitude d'objets, oeuvres d'art, et éléments d'architecture médiévale, les révolutionnaires permettent ainsi une redécouverte de ce patrimoine médiéval. Par ailleurs, le Musée du Monument Français, créé par Alexandre Lenoir en 1795, après les destructions du patrimoine pendant la Révolution, fait de tous ces glorieux débris du Moyen Âge, autant de sujets d'admiration pour le public et de modèles d'inspiration pour les élèves en gravure, peinture et sculpture. Établi dans l'ancien couvent des Augustins, ce Musée des Monuments Français deviendra l'École des Beaux-Arts que nous connaissons aujourd'hui. Des artistes bien inspirés De nombreux artistes et écrivains de l'époque rejetèrent alors le rationalisme néo-antique de la Révolution et se tournèrent vers un passé chrétien et glorieux du pays. Les progrès de l'histoire et de l'archéologie accomplis au cours du XVIII° siècle portent leurs fruits, en premier, dans la

peinture. Paradoxalement ces peintres du passé ignorent les primitifs de la peinture française, trouvant leur style trop académique et pas assez anecdotique. De ce fait, ils vont leur préférer la peinture hollandaise du XVII° siècle, plus anecdotique et édifiante, au caractère intimiste et fourmillant de détails pittoresques. On voit alors se multiplier les oeuvres artistiques au service des sujets médiévaux, souvent des épisodes émouvants et dramatiques, où le souci archéologique de même que le souci d'exactitude chronologique ne sont que très approximatifs.  *(3)

 

Un Moyen Age « anecdotique » Les artistes se prennent de passion pour la représentation d'épisodes tirés de la vie de Saint Louis , du chevalier Bayard, d'Henri IV, de Jeanne d'Arc ou encore de François Ier... Ce Moyen Age rêvé, reconstitué, idéalisé, glorifiant la nation française répond à la recherche d'exotisme temporel, au détriment imparable de l'exactitude historique. Ce genre d'anachronismes fera l'objet de vives critiques et sera à l'origine du terme « troubadour », utilisé vers 1880 pour qualifier (et s'en moquer) des peintures du début du XIX° siècle illustrant ce Moyen Âge doucereux et mythique, plus proche des contes de fées que de la réalité historique. Ce n'est qu'ensuite, par extension, que ce terme fut attribué à des oeuvres diverses (sculptures, mobilier, objets, tapisseries...), le dénominateur commun étant le goût pour le Moyen Âge. La redécouverte de la civilisation médiévale est l'une des curiosités intellectuelles du début du XIX° siècle. L'enjeu de la question des origines nationales est essentiel, et les historiens (Michelet, Augustin Thierry) sont les initiateurs et propagateurs de cette conscience nationale, de l'intérêt pour le Moyen Age et du questionnement sur les fondements de la Nation. Redécouverte qui nous lègue aujourd'hui, et pour notre plus grand bonheur, des oeuvres pleines de charme et empreintes de belles légendes.

 

Par Elodie LUTUN (étudiante à l'ICART)

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