• SARREGUEMINES. Fontaine couverte d'applique en coin
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Vase ovoïde à décor de huit pingouins.

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Georges PULL (1810-1889) : Coupe ronde ajourée.

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D’après FERNAND LEGER, trois compositions.

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L'expertise

Référence : 900110

Dimensions : Hauteur Totale : 110 cm

Estimation :
400 €-600 €

Fontaine couverte d'applique en coin, son bassin et son présentoir à savon, en faïence. Décor polychrome en trompe l'oeil d'un mur de brique sur lequel court une vigne vierge en relief. En dessous, une coquille présente un dauphin. Le robinet en étain, fixé dans sa gueule ouverte. La fontaine repose sur une encoignure en bois naturel.

Éclat au bouton de la prise et réparations au revers de la fontaine avec agrafes.

Hautaur : 61,5 cm - Côté du bassin : 33 - Côté du porte-savon: 14,5 cm. Hauteur Totale : 110 cm.

Porte une étiquette ovale à l'intérieur du couvercle, à fond vert avec l'inscription : H. Pochet, 17 rue Huguerie, Bordeaux (Marchand à Bordeaux). SARREGUEMINES.

Pour plus d'information nous vous invitons à lire l'article "La faïencerie de Sarreguemines" écrit par Marion Sailhen (étudiante à l'IESA).

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Pour en savoir plus

La faïencerie de Sarreguemines


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Expertissim présente une Fontaine couverte d'applique en coin provenant de la faïencerie de Sarreguemines . Cette faïencerie située à la frontière allemande, au confluent de la Sarre et de la Blies connait, à l'aube de la Révolution française, des débuts difficiles. Elle devient pourtant au début du XIXème siècle, un des lieux de création de faïence les plus importants de France et ne cesse de se développer jusqu'à la fin du XXème siècle. Connue pour ses pièces gaies et colorées et ses décors fantaisistes, la faïence de Sarreguemines attire des collectionneurs du monde entier.

*(1)

L'ouverture de la faïencerie (1790-1800) La faïencerie de Sarreguemines est crée en 1790 par trois négociants en tabac strasbourgeois : les frères Nicolas et Paul-Augustin Jacoby et Joseph Fabry. Ils achètent un petit moulin à huile dans le coeur du village, sur la rive gauche de la Sarre et y installent une poterie d'une vingtaine d'ouvriers. La petite entreprise fabrique alors, dans le seul four en fonction, un type de faïence fine dite « faïence anglaise » ou « cailloutage ». On différencie la faïence stannifère ou émaillée de la faïence fine. La faïence fine est une pâte argileuse, blanche opaque, à texture fine, dense et sonore, recouverte d'une glaçure plombifère.  Il en existe plusieurs variétés : la terre de pipe (mélange de terre argileuse, de calcaire et de craie), les faïences feldspathiques (composée d'argile plastique, de silex et de kaolin) et le cailloutage qui est un mélange d'argile avec du silex calciné et broyé, elle a été mise au point au XVIIIème siècle en Angleterre par Josuah Wedgwood. Toutefois, la conjonction n'est guère favorable et l'entreprise familiale connaît rapidement des soucis financiers. Les difficultés d'approvisionnement en matières premières, l'hostilité et la méfiance des habitants, la concurrence des manufactures anglaises et françaises, et les troubles de la Révolution poussent les Jacobi à céder la place. Paul Utzschneider (1800-1836) En 1800, les Jacobi décident de revendre leurs parts à Joseph Fabry mais surtout à l'allemand Paul Utzschneider. Ce jeune bavarois dynamique redresse rapidement la manufacture : c'est le début de la renommée de la faïence de Sarreguemines. Grâce à ses connaissances en techniques faïencières mais aussi au blocus de l'Angleterre, alors principal fournisseur de faïence en Europe, l'entreprise va connaître un essor important. L'expansion est telle que Paul Utzschneider doit ouvrir de nouveaux ateliers et faire l'acquisition de plusieurs moulins, en 1812, il emploie cent soixante ouvriers qui font fonctionner sept fours. La manufacture remporte de nombreux prix lors de diverses expositions et Napoléon Ier leur passe de nombreuses commandes. Le jeune homme inventif introduit de nouvelles techniques de production et de décoration. La faïencerie de Sarreguemines produit pratiquement toutes les catégories de faïence connue à son époque.  Elle débute vers 1806 la production des grès polis : une céramique à pâte dure cuite à haute température (mélange d'argile et de sable) qui imitent les pierres dures et colorées comme la jaspe, le porphyre ou le marbre. C'est également à cette époque qu'apparaissent les nouvelles terres : la terre carmélite, tellement fine qu'elle obtient le surnom de « porcelaine rouge de Sarreguemines », la terre d'Egypte (un grès brun très fin), la terre de Naples (jaune). *(2) *(2) Exemple de cruches en terre carmélite En 1828, la faïencerie produit ses propres décors imprimés à partir de gravures sur cuivre. En 1836, Paul Utzschneider confie la direction de la manufacture à son gendre le baron Alexandre de Geiger. Alexandre Geiger et la fusion avec Villeroy et Boch (1836-1870) Alexandre de Geiger, comme son prédécesseur, n'aura de cesse de faire prospérer l'entreprise. Il fait édifier de nouvelles constructions comme le moulin de Blies en 1841. En 1838, Geiger effectue une fusion avec Villeroy & Boch, une grande faïencerie allemande : cet accord contribue à la croissance

de l'activité. Sous sa direction, la faïencerie prend rapidement une dimension industrielle avec la création de trois nouvelles usines entre 1858 et 1869 qui utilisent des techniques de fabrication modernes. Alexandre Geiger élabore également des produits nouveaux comme la faïence dite « opaque » en 1850. Celles-ci sont décorées avec un nouveau procédé d'impression qui utilise des plaques obtenues par galvanoplastie. Ces décors sont alors reproductibles à l'identique et à l'infini : ce procédé est moins cher et permet une plus grande production que le décor par plaque gravée. Les objets de luxe comme les grès polis sont quant à eux abandonnés, par contre les grès fins de style rocaille sont très à la mode en cette fin du XIXème siècle. Paul Geiger et l'ouverture de Digoin et Vitry-Saint-François  (1870-1913) En 1871, suite au Traité de Frankfort, la Moselle devient Allemande et Alexandre de Geiger quitte Sarreguemines pour ouvrir des succursales à  Digoin (en 1877) et Vitry-le-François (en 1881) pour y fabriquer des services de table et des objets de décoration en majolique. Paul Geiger, son fils prend la  direction de l'usine à Sarreguemines. Paul doit faire face aux difficultés de la situation politique : beaucoup d'ouvriers et d'employés français de la faïencerie quittent la ville. De plus le prix des pièces augmente car il doit payer une taxe pour les envoyer en France. L'usine de Digoin est alors très importante, elle produit de nombreuses faïence d'ornementation décorées appelées « majolique » (pièce faite d'une pâte ferrugineuse calcaire, recouverte par des émaux stannifères colorés). A partir de 1890, les grands panneaux décoratifs dominent la production. Les modèles sont produits à Sarreguemines puis les panneaux sont effectués dans les différentes succursales. En 1900, l'entreprise compte environ trois milles et employés et ouvre une nouvelle usine à Saint Maurice, près de Sceaux. 

*(4)

De la première à la seconde guerre mondiale (1913-1945) En 1913, à la mort de Paul Geiger, la germanisation de la manufacture de Sarreguemines est imposée, la société est alors scindée en deux groupes : la "Société Utzschneider" à Sarreguemines et une société anonyme française « Les établissements céramiques de Digoin, Vitry-le-François et Paris ». A l'issue de la Première Guerre mondiale, en 1820, les deux groupes se réunissent de nouveau en une nouvelle société : Faïencerie de Sarreguemines, Digoin et Vitry-le-François. Le siège est alors situé à Paris et dirigé jusqu'à la fin de la deuxième guerre mondiale par la famille Cazal. Dans les années 1930, l'entreprise change voie et s'oriente vers la production de carrelage. Durant la seconde guerre mondiale de 1940 à 1945, la faïencerie de Sarreguemines est mise sous  séquestre et sa gestion est confiée à Villeroy & Boch. Quand la Lorraine redevient française, l'usine le redevient naturellement.   La période Lunéville (1980) En 1879, la manufacture est rachetée par le groupe Lunéville-Badonvillier-Saint Clément. La production de vaisselle s'arrête alors totalement à Sarreguemines  pour faire place à la fabrication de carrelage. Actuellement l'usine de Digoin est un des premiers producteurs européens pour la vaisselle hôtelière. Les autres productions marquées Sarreguemines sont produites à Saint Clément.   La manufacture de Sarreguemines possède une histoire extrêmement riche tant par sa situation géographique que par la richesse et la variété de sa production. Quelques ouvrages existent sur l'histoire et la production de la manufacture comme celui d'Alain Benedick « La Faïence de Sarreguemines ».

 

Marion Sailhen

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