06/04/2011
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Une tragédie au temps des croisades
Epopée héroïque sise au temps des croisades, Armide expose l’amour impossible de la farouche sarrasine Armide pour Renaud, paladin chrétien. L’intrigue, tirée de la Jérusalem délivrée du poète italien Le Tasse (1544-1595), avait été choisie par Louis XIV lui-même, qui avait dansé le rôle de Renaud en 1664 dans le Ballet des Amours déguisés.
Amers succès
Et pourtant le roi n’assista jamais à une seule des représentations, inspirant à Lully ces mots amers : « Mais que me sert-il Sire d’avoir fait tant d’effort pour me haster de Vous offrir ces nouveaux Concerts ! »
Lully était alors en disgrâce à la cour, et c’est sans doute pour cette raison que l’œuvre fut montée non à Versailles, mais à Paris, au théâtre du Palais Royal. C’est là qu’Armide fut présentée pour la première fois le 15 février 1686, en présence du Grand Dauphin. Elle remporta un véritable succès, et fut même saluée comme le chef d’œuvre de son auteur. Surnommée « l’opéra des Dames », ce fut la dernière tragédie lyrique née de la collaboration de Jean-Baptiste Lully et de François Quinault pour le livret. Après elle, Quinault se retira du théâtre, et Lully mourut de la gangrène un an plus tard.
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Les débuts de l’édition de partitions
La partition d’Armide fut éditée pour la première fois chez Christophe Ballard en 1686. De fait Lully fut le premier compositeur en France à faire publier ses ouvrages en partitions imprimées comprenant toutes les parties vocales et instrumentales. Mais très vite ces éditions se firent rares, si bien qu’après la mort de Lully, son fils l’abbé Lully lança une seconde édition des opéras de son père. Il fit appel d’abord à Christophe Ballard, mais leurs relations s’envenimèrent assez
Graveur de musique de puis 1685, Henry de Baussen avait été chanteur, notamment chez Mademoiselle de Guise, avec Marc-Antoine Charpentier et Mademoiselle Manon. En 1708, il grava la première édition d’Alceste pour l’abbé Lully. En 1710, ce fut Armide.
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Renaud et Armide, Nicolas Poussin, 1629, Londres, Dulwich Picture Gallery
Les partitions et livrets d’opéra : des objets de collection au XVIII° siècle
Vendues à la porte de l’opéra, ses partitions eurent un grand succès auprès des riches amateurs. Ces derniers pouvaient ainsi acheter la partition de l’œuvre qu’ils venaient de voir à la sortie du spectacle, et en rejouer la musique chez eux. Beaucoup acquirent ces belles éditions pour leur bibliothèque. Les partitions devinrent ainsi objets de collection et leur reliure furent ornées d’armoiries.
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Armoiries de la famille de Simiane, peintes dans la chapelle de l'hôtel de Simiane, à Gordes, dans le Vaucluse.
Ce fut le cas de la deuxième édition d’Armide, qui fut en la possession de Louis III de Simiane, marquis d’Esparron, lieutenant général au gouvernement de Provence, et époux de Pauline d’Adhémar de Grignan, petite-fille de Madame de Sévigné. C’est ses armoiries que l’on peut voir encore sur les plats de reliure de l’ouvrage : d’or, semé de tours et de fleurs de lis d’azur, sous une couronne de marquis.
Cet objet de collection, témoin des débuts de l’édition musicale, Expertissim est heureux de pouvoir vous le proposer, à vous, bibliophiles et mélomanes.
Albane Piot, Etudiante à l'Ecole du Louvre
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