L'art et vous Les céramiques

12/08/2010

Les céramiques

3 commentaire(s)


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La céramique est le premier art du feu, avant même ceux de la métallurgie et du verre. Actuellement ce terme englobe la faïence, le grês et la porcelaine.

Manuela Finaz de Villaine, expert en céramiques anciennes européennes, membre du Syndicat Français des Experts Professionnels en oeuvres d'Art et Objets de Collection, nous fait découvrir sa connaissance du marché et sa passion à  travers leur histoire, leur beauté, leurs spécificités techniques et artistiques.

Les faïences Au Moyen age, la céramique française couramment employée était la poterie (céramique à  pâte poreuse). Pour la rendre imperméable, on la recouvrait d'un émail transparent à  base de silice et d'oxyde de plomb qui pouvait être agrémenté de couleurs : vert, brun violacé, jaune, bleu. L'émail laissait toujours apercevoir la terre plus ou moins blanche ou rouge.

Au XVême siêcle, la production espagnole sous domination arabe introduit une céramique à  surface blanche, résultant d'un mélange de silice et de plomb en y ajoutant de l'oxyde d'étain pour opacifier et blanchir l'émail. C'est la naissance de la faïence à  émail stannifêre. Cette production à  décor lustré dite « Hispano-Mauresque » imitant le métal s'exporte vers l'Italie en transitant par l'île de Majorque : elle reçut dans ce pays le nom de Majolique. L'Italie initiatrice de l'art La France connaît la faïence par l'Italie, on parle de majoliques pour désigner les faïences de la Renaissance italienne et toute faïence s'inspirant de ce style.Elles se sont développées essentiellement grâce aux pharmacies des monastêres à  la fin du XVême siêcle sous forme d'albarelles et de chevrettes destinés à  recevoir les potions. Ces vases étaient peints du blason de la famille soutenant le monastêre ou d'un sujet se rapportant à  la maladie ou à  son remêde. Dans les premiers temps, les artisans de Toscane, Florence et Faenza incisaient la pâte, d'où le nom de scrafiatto donné à  leurs vases à  émail transparent.

 

 

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L'art du feu se développant, se raffinant, il évolua vers des objets moins utilitaires mais purement décoratifs, tels que les crespines, sorte d'assiettes sur pieds, les flasques à  vin, les bassins ….. On parle de majoliques historiées pour les faïences dont le décor représentait des histoires (telles que la prise de Troie, le jugement de Pâris, Adam et Eve etc.…). Les plus fameuses sont celles de Faenza et d'Urbino. Commandés par les riches familles aristocratiques, ils étaient exposés dans des dressoirs, les « vitrines » de l'époque. Des scênes religieuses ou mythologiques y étaient la plupart du temps représentées et occupaient, tels de véritables petits tableaux toute la surface de la piêce. C'est également le début des services de table à  fond blanc avec armoirie. Ainsi la manufacture d'Urbino a élaboré le service d'Isabelle d'Este, le grand mécêne de l'époque. On en connaît une cinquantaine de piêces, éparpillées dans différentes collections et musées. Le décor de ces plats de monstrance était en général inspiré de gravures comme celles de Raimondi.

Aux débuts de la faïence, comme aux débuts de l'existence de chaque manufacture, les productions sont toujours cuites en une fois. On parle de « grand feu » : une fois pour la pâte puis une seule fois pour les couleurs. Il n'y avait donc pas de repentir possible, le trait devait être sûr. Le développement de l'art de la céramique est en grande partie dû à  Piccolpasso et son traité de l'art de la céramique, qui permit à  la technique de s'étendre. Essor en France La faïence a donc quitté l'Italie se propageant grâce aux nombreux échanges commerciaux. Les artisans italiens s'installêrent à  Lyon et Nevers exportant leur technique dans un premier temps, celle-ci évoluant ensuite avec l'influence locale. Il faut citer 4 grandes manufactures françaises : Rouen, Nevers, Moustiers et Marseille. Les premiêres faïences triomphent avec le camaïeu de bleu vers 1700- 1730, la polychromie nécessitant des cuissons successives plus compliquées.

 

 

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La faïence de Rouen connut dês 1545 l'influence de l'art grotesque italien avec Masseot Abaquesne. Les décors des faïences de Rouen sont souvent inspirés de l'orfêvrerie, ou de l'architecture paysagêre des jardins figurée par des décors au lambrequin. L'évolution de Rouen introduit le rouge, vers 1725, couleur difficilement obtenue grâce au rouge de fer. La production de Nevers est quant à  elle reconnaissable à  ses décors bleus et de manganêse. On y retrouve également l'influence de la porcelaine chinoise déversée en grande en grande partie à  Anvers, la New York de l'époque ainsi que l'influence perse dans le répertoire des fleurs. A Moustiers, les sujets sont également inspirés de gravure de Tempesta, représentant des scênes de chasse sur des plats de monstrance magistraux en camaïeu bleu. Puis les décors inspirés des gravures de l'ornemaniste Berain, représentant des caryatides, des dais, sont plus agencés, plus structurés. Cette manufacture est surtout connue pour les services armoriés fournis à  la cour et aux grandes familles pendant plus de cinquante ans.

 

 

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La griffe marseillaise quant à  elle réside dans la qualité des peintures, sans doute due à  la présence de l'Académie de peinture dans cette ville. Là  bas, une assiette est un tableau à  elle seule : paysages élaborés, inspirés des tableaux de Vernet, de Lacroix de Marseille, décors légers et palettes de couleurs de petit feu, notamment le pourpre de Cassius. Les formes sont également três travaillées : anses ou couvercles zoomorphes, piêces ajourées etc.

La porcelaine, cet « Or Blanc » a tout de suite été l'objet d'un engouement inconditionnel, appréciée pour sa finesse et sa blancheur sans pareilles. La folie pour ce nouvel or était telle que le roi Louis XIV s'était fait construire un Trianon de porcelaine à  l'image de la Tour de porcelaine de Chine dont il existe encore des gravures. La France était obligée d'importer cette porcelaine, ne possédant a priori pas dans ses sous-sols de kaolin, cette marne blanche fondamentale pour la fabrication de la porcelaine. En revanche três vite, on jalousa nos voisins les allemands qui découvrirent du kaolin à  Passau et purent ouvrir une manufacture à  Meissen, en 1715.Pourtant tout le monde à  en tête les grands noms des manufactures françaises de Sêvres ou de Limoges. Mais à  leurs débuts, on y fabriquait une imitation de porcelaine : la pâte tendre. Sorte de pâte hybride, mêlée de calcaire, de sable et de sel marin. On découvrira du kaolin bien plus tard prês de Limoges, à  Saint Yriex en 1760.

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La pâte tendre

La pâte tendre fut inventée en France à  Rouen pour la premiêre fois, en 1663. Puis la manufacture de Saint Cloud (appartenant à  Monsieur, frêre du Roi) suit en 1678 et, en 1725, celle de Chantilly appartenant au Prince de Condé. Cette derniêre se spécialisa dans l'imitation des porcelaines japonaises, art pour lequel le roi accorda un privilêge de 20 ans. Enfin, en 1737, la pâte tendre se propage également à  Mennecy. C'est seulement en 1740 qu'une manufacture est fondée à  Vincennes. Grâce au soutien financier de Louis XV, la manufacture déménagera à  Sêvres sur les terres de Madame de Pompadour, en 1756.Actuellement, la pâte tendre de Vincennes a une valeur três appréciable, car elle intéresse les collectionneurs pour toute sa partie relative aux essais de pâte et de couleurs. Il est en effet toujours fascinant de voir évoluer une technique. Il est amusant de retrouver des piêces non signées, dont le but était d'imiter la porcelaine de Saxe et de « tromper » l'amateur en étant marquée des épées croisées pour être vendues aussi cher que du Meissen à  Paris.On ne peut évoquer la porcelaine et la manufacture de Vincennes sans parler des fameux biscuits. Cette technique qui consistait à  cuire la pâte en deux fois. Madame de Pompadour encouragera fortement leur production et les utilisait mélangés à  des statuettes ou construction en forme de portique en sucre utilisés en surtout de table. Ils pouvaient représenter des scênes de chasses superbes, des scênes plus pastorales avec des bergêres mais également reprendre des thêmes chinois. L'état du marché Le marché de la céramique est actuellement três dynamique.

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La céramique est une valeur qui ne se déprécie pas, au contraire puisque leur fragilité rend ces piêces de plus en plus rares.Les piêces des manufactures de faïence française sont essentiellement échangées sur un marché local, c'est-à -dire français. Sauf celles de Marseille et de Rouen qui sont souvent achetées à  l'étranger, tout comme la porcelaine de Vincennes et de Sêvres. La valeur des piêces Elles doivent être en bon état : une fêlure diminue de moitié la valeur initiale de la piêce ! En cas d'éclat, il est souhaitable de se tourner vers un expert qui saura vous orienter vers l'artisan adéquat le plus à  même de réparer dans les rêgles de l'art la piêce endommagée en fonction de sa spécificité.En revanche il est difficile de retrouver des services complets du XVIIIe, mais on peut avoir une idée de la profusion des différents modêles sortis de la manufacture de Sêvres lorsque l'on feuillette le catalogue de la collection Ziezeniss qui rassemblait plus de 200 assiettes différentes.

Et si vous ne vous sentez pas l'âme d'assister à  la vente de telles collections, vous pouvez fréquemment trouver de três belles piêces d'origine et provenant de service et de style variés sur expertissim!

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Commentaires

1. muller, 02/08/2008

Je possêde des servive de table et de thé en porcelaine de chine date de 1923 peint mains et dessin en relief. comment le faire expémenter par internet. Est-ce des objets de valeurs. Merci

2. jaziri, 04/09/2008

je possêde une porcelaine représentant une chatte habillée jjupe veste chapeau derriêre elle se trouve un petit pot carré un autre plus grand le troisiême a été cassé ma grand mêre mettait de petite fleurs dans ces pots.j'ai entendu dire que les porcelaines représentants des animaux humanisés avaient de la valeur est ce vrai merci

3. Mathilde, 19/03/2009

Du grand travail !

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