L'art et vous Faites feux !

25/01/2011

Faites feux !

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Expertissim vous propose aujourd’hui une reproduction d’un canon de fête du XVIIIème siècle pour parer votre intérieur d’une arme symbole de puissance,   ou retrouver votre âme d’enfant en recréant l’ambiance d’anciens combats épiques.

L’occasion pour nous de vous présenter quelques aspects de cette arme redoutable.

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On a inventé la poudre.

Les premières armes à feu apparaissent avec l’arrivée de la poudre à canon , invention chinoise d’un médecin alchimiste Tang (618 - 907) nommé Sun Simiao. La poudre remplace le traditionnel feu Grégeois lancé dans des tubes, utilisé alors depuis 670 et inventé dans l’Empire byzantin. Ce feu, aux propriétés jalousement gardées, avait la particularité d’être extrêmement inflammable et de bruler même au contact de l’eau, terrorisant les ennemis qui voyaient arriver les soldats amenés de lance-flammes. Ce feu avait des effets si terrible que Louis XV lui-même à qui l’on présenta une nouvelle formule, préféra enfouir ce secret par pur humanisme. A la suite de la chute de Constantinople sous l’assaut des canons dits de « Dardanelles », on utilise ce feu, enfermé dans des fioles ou des tonneaux, pour faire des grenades.

Avec la poudre, on commence alors la production d’armes à feu, ainsi que des tentatives pour mettre en place les premières pièces d’artillerie. Dans un premier temps, on utilise ces pièces en association avec les catapultes et autres armes de jets traditionnelles. Il était souvent risqué d’utiliser ces pièces. A cause de la faible avancée technologique, il y avait souvent des explosions après seulement quelques tirs, ou même dès le premier tir, les projectiles n’atteignaient pas toujours leur cible, partaient dans n’importe quelle direction…Parmi les sinistres importants, on retient l’anéantissement de tout un quartier de la ville de Lubeck en 1360.

 

Le Développement de l’artillerie.

L’artillerie à feu apparait au XIVème siècle. On trouve trace dans les récits de matériel de guerre très sophistiqué, employé notamment par la ville de Venise pour ses guerres contre Gènes. En Espagne, les Maures utilisent également des pièces à feu lors du siège d’Algésiras en 1343. Les utilisations de ce matériel vont par la suite se multiplier. Les pots de feu apparaissent en France des 1339 sous la forme de ribaudequins où de couleuvrines montées sur pivot. Le tube des canons se fait tronconique afin d’accueillir les boulets de canon , dont la charge est composée de salpêtre, de soufre et de charbon. On voit à cette période l’apparition de différents calibres. On utilise couramment les boulets de fer forgé ou d’airain, mais c’est seulement en 1500 qu’ils seront le mieux calibré. Pour une mobilité plus importante de ces engins, on va, dès le XVème siècle, fixer les tubes sur des appuis à roues. Ce n‘est qu’au XVIIème siècle que progresse les techniques de tirs, pour permettre un pointage plus précis. Combiné avec les travaux de Toricelli et ceux de Galilée qui assimile la trajectoire à une parabole, Blondel établit en 1699 les premières tables de tir.

Suite aux progrès en métallurgie, il va être possible de réaliser des canons plus sur et plus efficaces. 

De plus, les projectiles en fonte s’imposent.

Le développement de cette artillerie lourde va pousser les bâtisseurs à repenser les forteresses de pierres, que l’on jugeait avant imprenables. L’armée elle-même est aussi remaniée, avec la disparition de la chevalerie : les cuirasses étaient trop sensibles à l’action des boulets et bombes.

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Les XVIIIème et XIXème siècles : la modernité du feu.

Le transport et l’entretient des canons sont, jusqu’au XVIIème siècle, confiés à des auxiliaires ou à des civils qui louaient leur service. Cela change sous Louis XIV lorsqu’il décide de créer en 1671 le Régiment des fusiliers du roi. Pour l’élaboration de ces canons vont s’opposer deux « écoles » : ceux qui prônent l’efficacité de l’artillerie ancienne, et ceux qui veulent une modernisation des canons, notamment par un allègement pour augmenter leur  mobilité. Choiseul et Gribeauval en 1765 sont les premiers à établir de véritables règles, un véritable système (dit système Gribeauval) de fabrication. Partisans de la mobilité, ils allègent leur canons, ne prennent que des projectiles d’un calibre inférieur à 4 et préconisent un matériel de perfection, dans lequel la technique prône sur l’ornementation.

Ce système mis en place sous Louis XV et fera autorité sur l’artillerie jusqu’en 1827, date de l’apparition du système Valée.

C’est au XIXème siècle que ces engins d’artillerie évoluent très rapidement vers une plus grande modernité. On réalise de nombreux progrès après 1850 que ce soit en Allemagne, en France ou en Angleterre. Est construit par Krupp le premier canon à chargement par l’arrière, ce qui entraine de nouveaux équipements.  En 1875, le Colonel Deport effectue des travaux menant à un nouveau canon : le 75, dont 4000 exemplaires sont réalisés en France. Ces nouvelles améliorations vont faire de l’artillerie un outil principal durant la première guerre mondiale. Cette guerre voit en effet l’apparition des premiers matériaux anti aériens, et l’on évoque souvent l’utilisation par les Allemands de la petite et de la grosse Bertha.  

 

Canonniers, à vos postes !

Il ne faut pas oublier que l’on emploie les canons aussi bien sur terre que sur mer. L’artillerie navale prend une place très importante entre les XVIème et XIXème siècles. Combats entre les flottes, canonnages et abordages se succèdent, combats des plus épiques à l’image des plus belles scènes de films de piraterie de nos jours! La course à l’armement va gagner les navires de guerre, s’équipant de canons de calibre plus ou moins important. Les canons sont disposés en batterie sur le pont principal. Ils sont retenus au bâtiment par des cordages, pour leur éviter de reculer lors de la mise à feu.  On utilise différents types de projectiles, que ce soit par leur calibre, que ce soit par leur forme : il existe des boulets reliés entre eux par une chaine pour briser le mât du navire ennemi, de la mitraille pour décimer l’équipage adverse sans trop porter atteinte au bâtiment lui-même…

Les combats en mer participent à la légende des canonniers. Non contents de révolutionner les constructions terrestres, les armées, c’est aussi la flotte qui se transforme, le tout faisant du canon et des armes à feu une arme révolutionnaire à tous points de vue.

 

Guerre et Paix.

Au-delà des considérations guerrières, les canons portent parfois une autre signification. Le bruit des canons, souvent craint et redouté, peu aussi être associé à des évènements autres, parfois plus ou moins festifs.

Il existe pour cela des canons réalisés uniquement pour servir lors de ces évènements. Le petit canon présenté par Expertissim en est une exacte réplique. Quelques exemples nous montrent cette utilisation des canons dans un contexte autre que celui des combats. Sous l’Ancien Régime par exemple, il est de tradition de 101 coups de canon à la mort du Roi, et ceux jusqu’à la Révolution. Autre exemple, plus actuel celui la : 21 coups de canons sont tirés pour l’élection de notre chef d’Etat. A noter que seuls les présidents de la République Française François Mitterrand et Jacques Chirac ont refusés de sacrifier à cette pratique.

Les coups de canons pour célébrer une réjouissance sont de tradition, et ce dans beaucoup de domaines. Lors d’un évènement historique majeur comme un Traité de Paix, lors des célébrations du 14Juillet, pour les débuts de grandes courses…et même pour célébrer l’Aïd à la fin du Ramadan !

 

Le Saviez-vous ? : L’expression « faire les 400coups » vient d’un épisode des guerres de Louis XIII contre le protestantisme. En 1621, la ville de Montauban fût attaquée par 400 coups de canons ayant pour objectif faire plier les habitants (presque tous protestants). Mais ils refusèrent de se rendre, et c’est depuis ce moment que l’on parle de quelqu'un ne respectant pas l’ordre établi et les coutumes voulues comme faisant les 400 coups

 

 

Suzanne Kabanda (Etudiante à l’I.E.S.A.)

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