13/08/2010
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Expertissim présente une exceptionnelle collection de pièces d'or principalement françaises allant de la Renaissance à l'aube du XXIème siècle. Il serait ici impossible de retracer sept siècles d'histoire : du règne de Jean II le Bon qui débute en 1350 à la chute de la T roisième République en 1940. Car une pièce de monnaie est avant tout un « artefact » (fait de l'art), elle est le révélateur du patrimoine d'une société. Son histoire est pleine de rebondissements qui mêlent politique, économie, commerce et technique. La monnaie matérialise la valeur mais elle matérialise également l'image d'un pays ou d'une nation ainsi que leur idéalisation. Chaque pièce raconte sa propre histoire, celle du pays qui l'a émise, mais aussi celle de l'artiste qui l'a gravée. On comprend alors pourquoi la numismatique (étude des pièces de monnaie) est considérée comme une science à part entière et que les hommes se passionnent pour la collection des pièces depuis l'Antiquité.
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Collectionner les monnaies
Passion de l'histoire, amour de la contemplation, plaisir de la recherche ou jouissance de la possession, collectionner des pièces d'or peut aussi être un investissement économique. Collectionner les pièces est une activité fascinante que les romains cultivés semblent avoir initiés en rassemblant des pièces grecques. Par intérêt artistique, technique ou culturel, il était de bon ton dès l'Antiquité de posséder une collection de monnaie. C'est à la Renaissance que cette pratique prend de l'ampleur avec l'apparition du « cabinets des monnaies ». Paul III, Christine de Suède, Marie de Médicis ou encore le Roi d'Angleterre Georges III étaient tous passionnés par la beauté et l'histoire des pièces dont chaque éraflure témoigne. Le premier texte consacré à la monnaie remonte au XVIème siècle, avec le « Libellus de moneta Graeca » de l'humaniste Guillaume Budé qui parut pour la première fois à Venise en 1514. Par alliage, technique, pays, époque ou artiste, chaque collectionneur organise sa collection selon sa sensibilité puisque « l'art commence quand on y met une âme ». Il n'est pas nécessaire d'être fin connaisseur pour apprécier une pièce de monnaie mais savoir se servir de ses sens : la vue, le toucher et l'ouïe. Il est important pour le collectionneur de savoir apprécier les états de conservation d'une pièce puisque c'est un critère de classement qui définit leur valeur marchande. Les experts ont un langage codifié qui est le suivant : « B » (Beau) : indique beaucoup d'usure, mais toute inscription doit être lisible « TB » (Très Beau) : indique une usure normale : tout le relief et toute inscription sont clairs et la pièce n'a pas de coup sur la tranche ni de rayures sur le flan. « TTB » (Très très Beau) : indique que le relief de la pièce est complet et clair, et que la pièce, elle-même, a peu d'usure, qu'elle est propre et sans défaut. « SUP » (Superbe) : indique que la pièce est à l'état presque neuf, mais avec une légère trace de circulation, tout en ayant encore son éclat d'origine. (Toutefois, les pièces anciennes peuvent être un peu oxydées, patinées ou décolorées). « SPL » (Splendide) : indique que la monnaie n'a subi aucune usure, parce qu'elle n'a pas circulé. « FDC » (Fleur de Coin) : indique que la pièce est dans un état parfait, qui ne montre aucune trace de circulation et qu'elle a gardé entièrement sa brillance d'origine. « FB » (Flan Bruni) : indique que la pièce a été frappée avec des coins polis et que sa surface est brillante, tandis que son relief reste généralement mat. Cet état est rare car même les pièces qui n'ont pas circulé mais qui auront été transportée dans des sacs ne pourront prétendre à ce niveau de qualité du fait des chocs liés au transport. La qualité de la gravure, le créateur du dessin original, la rareté, la symbolique, l'originalité de la pièce sont autant de critères que le collectionneur doit étudier.
Mais ne l'oublions pas même si la pièce monnaie est un
En effet, acheter des pièces d'or considérées comme de « l'or investissement » peut devenir un véritable placement financier. On sait qu'entre trois milles et cinq milles tonnes d'or sont détenues par les français : c'est plus que le stock conservé par la Banque de France. Et cet or est essentiellement gardé sous forme de pièces anciennes. Dans cette logique, certaines pièces sont beaucoup plus recherchées que les autres.
Les pièces les plus recherchées
Le « Napoléon » *(2)
Le Napoléon est la pièce d'or la plus conservée dans le monde et principalement par les français qui y sont très attachée. Elle a été frappée entre 1802 et 1914 et il en existe de nombreux types. La plus connue et la plus collectionnée est la pièce de 20, 50 ou 100 francs or Napoléon III à tête laurée. Toutes ces pièces ont un diamètre de 21 mm et un poids de 6,45grammes. Elles ont été gravées par Albert Désiré Barre (1818-1878). A l'avers on perçoit le buste de profil de l'Empereur Napoléon III, la tête surmontée d'une couronne de laurier. Et au revers un écu orné d'un aigle posé sur un foudre entouré du collier de la Légion d'Honneur, posé sur un manteau brochant un sceptre et une main de justice. Il est intéressant de noter que de 1865 à 1927, plusieurs pays se réunirent autour de la France pour adopter une monnaie unique, l'Union Latine, rendant possible des transactions sur des bases monétaires communes. C'est pour cette raison, qu'encore aujourd'hui un Napoléon III de 20 francs et un Victoire Emmanuel II italien de 20 lires ont des valeurs identiques.
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La pièce d'or 20 francs génie de la IIIème République est la pièce d'or française la plus frappée et donc la plus connue après les Napoléon III ou les Marianne Coq. Elle a été frappée à quatre vingt six millions d'exemplaires de 1871 à 1898. Même si elle reprend des dessins classiques (déjà utilisé sous Louis XVI avec le « louis dit au génie »), elle affirme une totale rupture avec le Napoléon III par la mise en avant des valeurs de la République. En effet après la chute de l'Empereur, la jeune République du parer au plus pressé pour payer l'indemnité de guerre. Elle repris alors pour les nouvelles pièces l'immortel Génie d'Augustin Dupré (1748-1833). On y retrouve les fondements de la République « Liberté, Égalité, Fraternité » gravé sur le revers, mais aussi des symboles antiques intimement liés à la notion de République : faisceau de licteur surmonté d'une main de justice, table de la Loi, Génie ailé qui fait référence aux victoires ailées des antiquités romaines. Cependant l'Etat et l'Eglise n'étant pas encore séparés, on retrouve sur la tranche la mention « Dieu protège la France ». Grace aux pièces de cinquante et cent francs d'un format plus grand, on sait que le Génie est entrain d'ecrire le mot « Constitution » sur les Tables de la Loi.
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Le Krugerrand Le Krugerrand est intéressant car c'est la pièce de référence pour les investisseurs du monde entier. Il est frappé en Afrique du Sud depuis 1967. La pièce comporte à l'avers le portrait de Paul Kruger (1825-1904) : homme politique du Transvaal dont il fut le président. Au revers figure une gazelle springbok. Elle fut la première pièce à contenir une once d'or ce qui en fit rapidement une alternative à l'achat de lingot. La pièce est déclinée depuis 1980 en demi, quart et dixième de once.
Marion Sailhen (étudiante à l'IESA)
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