12/08/2010
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Depuis des millénaires l'ivoire est une matière première convoitée par les hommes pour les sculptures, figurines et objets luxueux. La sculpture sur ivoire est une discipline pratiquée dans de nombreux pays comme l'Allemagne ou la France avec ses célèbres ivoiriers de Dieppe. Cependant, ce sont bel et bien les japonais et les chinois qui sont passés maitres de cet art et qui fournissent pendant longtemps les pays européens en figurines et objets décoratifs aux thèmes traditionnels. Ces petits objets d'une délicieuse finesse et d'un raffinement exceptionnel parcourent le marché de l'art et sont considérés comme de véritables petits bijoux par les collectionneurs.
L'ivoire ou l'or blanc L'ivoire est une substance dure, blanche, opaque qui est la matière principale des dents et des défenses d'animaux comme l'éléphant, l'hippopotame, le morse, le narval ou le cachalot. La composition chimique des dents et des défenses des mammifères est la même pour toutes les espèces citées, seuls la teinte (du blanc éclatant au crème) et la taille varient. Ces dents et défenses sont constituées de dentine, comme celles des hommes, mais leur caractéristique est de ne pas posséder d'émail. D'une manière générale, la structure de l'ivoire peut être comparée à celle du bois : il se contracte en séchant et gonfle à l'humidité, ses fibres sont fragiles et sa calcification graduelle est comparable aux cercles concentriques des arbres (dendrochronologie). Le commerce de l'ivoire met en danger les animaux, principalement les éléphants d'Afrique. Depuis 1989, avec la Convention de Washington, le commerce d'ivoire est interdit, la vente d'un objet en ivoire est réglementée : l'objet doit être accompagné d'un CITES qui mentionne qu'il a été réalisé avant 1947. Certains pays comme la Chine obtiennent tout de même des dérogations, de nos jours, une usine à Pékin produit des objets manufacturés en ivoire. Le travail de l'ivoire Depuis la préhistoire l'homme taille et sculpte l'ivoire de mammouth puis d'éléphant dés l'Antiquité. Le caractère précieux que l'on donne aux objets d'ivoire aujourd'hui n'a pas toujours été de mise, et pendant longtemps on utilise l'ivoire pour fabriquer des objets usuels comme des manches de couverts, des reliures de livres, des boutons et même des boules de billards. Cette matière est très prisée car elle est compacte et facile à travailler. Les défenses d'éléphants fournissent l'ivoire le plus convoité par les ivoiriers en raison de sa surface lisse et de sa grande taille. Des défenses d'éléphant peuvent atteindre deux à trois mètres de long et
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Le Japon est connu pour ses petits objets en ivoire : les okimono et les netsuke. Alors que le netsuke sert d'attache sur les kimonos et ne peut excéder neuf centimètres, l'okimono est une statuette purement décorative. Traditionnellement l'okimono est présenté dans le tokonoma : petite alcôve au plancher surélevé en tatamis. Les ivoires japonais sont d'une extrême simplicité dans un gout naturaliste. Ils représentent souvent des scènes de la vie quotidienne, des animaux ou des légendes, souvent accompagnées de fruits, de fleurs et de masques. A partir de l'ère Meiji (1868-1912), de nombreux okimono ont été réalisés uniquement pour l'exportation vers l'Europe. L'expert Thierry Portier observe que les okimono rencontrent plus d'adeptes en Europe qu'au Japon. Les figurines décoratives de Chine
Contrairement aux pièces japonaises, les ivoires chinois sont beaucoup plus tourmentés et travaillés plus finement. Les ivoiriers chinois se plaisent à rechercher la difficulté et l'exploit dans le travail de la matière. Les figurines en ivoire chinoises, purement décoratives, représentent généralement des personnages accompagnés de fleurs et de branchages ; les sculpteurs se plaisent à représenter des personnages traditionnels très élégants avec une grande attention aux détails des costumes et des accessoires. Les visages des personnages sont souvent très expressifs dans la sculpture chinoise et jouent un rôle important dans l'appréciation des collectionneurs. Elles peuvent être patinées ou polychromées mais les couleurs naturelles sont considérées comme les plus belles. Cet art vieux de deux milles ans a été classé dans le patrimoine culturel immatériel de la Chine, cependant le métier de sculpteur sur ivoire semble être en voie de disparition. La difficulté de se procurer de l'ivoire et la raréfaction du savoir faire risquent peu à peu de faire tomber dans l'oubli l'art du travail de l'ivoire.
Marion Sailhen
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