12/08/2010
2 commentaire(s)
*(1)
L'art de la table et le plaisir de la table remontent à la plus haute Antiquité mais l'épanouissement qui caractérise tous les arts décoratifs en France au XVIIIe siècle provoque un véritable renouveau dans l'art de la table. En effet, on verra apparaître, côtoyant puis supplantant l'orfèvrerie, les pièces en porcelaine.
Les tables pour les repas d'apparat consistaient en de simples tréteaux sur lesquels on plaçait de légères planches de bois. Leur décor était composé de dormants et de surtouts.
Le dormant est une décoration éphémère dressée par un confiseur. Sur une âme de bois recouvert de caramel ou de glace étamée, il façonne des figures à l'aide d'amidon, de sucre et d'eau. Le tout, avec des fruits, des glaces et des lumières, forme ainsi un ensemble décoratif.
Le surtout est à l'origine un opulent support en argent présentant huiliers, saupoudreuses, salières et bras de lumière. Lorsque l'utilisation de la porcelaine commence, tous ces objets sont fabriqués en porcelaine. Le surtout désigne alors les statuettes qui décorent la table.
Un repas au XVIIIe siècle se composait de quatre services. Le 1er service comportait des potages et des hors-d'oeuvre, le 2e des entrées faites de différents poissons ou autres, le 3e de nombreux plats de rôtis et le 4e d'entremets chauds et froids, c'est-à-dire des légumes et des desserts.
On utilisait généralement pour le premier service :
- le pot-à-oille qui deviendra soupière au XIXe siècle.
- la terrine, de forme oblongue, servait aux différentes viandes ou poissons en sauce.
- les assiettes à potage importées par Mazarin.
- les salières, simples, doubles ou à trois parties, pour le sel, le poivre et une épice.
- les moutardiers en forme de tonnelet.
- les beurriers en forme de petit baquet avec couvercle attenant à un plateau creux.
- les plats de hors-d'oeuvre ou raviers.
Les deuxième et troisième services sont caractérisés par une quantité de pièces de petite taille qui accompagnent les plats, telles que :
- les pots à jus, groupés par six ou sept sur un plateau et munis d'une anse et d'un couvercle.
- les saucières de forme étirée, à deux becs et deux anses, présentées
- les saladiers, petits et peu profonds, en grand nombre sur la table.
- l'huilier.
- les coquetiers.
Le quatrième service ou service de dessert nécessitait :
- des assiettes plates, entre 24 et 25 cm de diamètre.
- des compotiers, quatre formes différentes : coquille, carré, ovale ou rond.
- des fromagers, récipients soutenus par trois ou quatre pieds, percés de petits trous et posés sur un plateau creux qui servait à recueillir l'eau qui s'égouttait.
- des sucriers, pot couvert pour le sucre en morceaux et pot ovale couvert avec plateau pour le sucre en poudre.
- des confituriers, pots munis de couvercle, sans anse, groupés par deux ou trois sur un plateau.
- des tasses à glace en forme de calice munie d'une anse à oreille, par six ou sept sur des soucoupes ou plateaux.
- des seaux à rafraîchir les bouteilles.
- des seaux à liqueur, avec deux compartiments pour accueillir deux carafons.
- des seaux à verre dont le bord crénelé permettait de placer les verres tête en bas dans le but de les rafraîchir. Le roi utilisait un seau à verre individuel.
- des seaux à glace gardaient des aliments au frais grâce à une couche de glace au fond du seau et une autre sur le couvercle concave.
- des corbeilles à fruits.
- une jatte à punch, la pièce la plus coûteuse du service.
Le service de table au XVIIIe siècle était donc très réglementé et lié à une étiquette bien propre à la France.
Vous trouverez sur Expertissim de nombreuses pièces issues de ces services réalisés, à leur apogée, par la Manufacture de Sèvres.
*(2)
CONDITIONS GÉNÉRALES D'UTILISATION | MENTIONS LÉGALES | COPYRIGHT © 2009 EXPERTISSIM. TOUS DROITS RÉSERVÉS. (CONCEPTION GRAPHIQUE : AGENCE ADVITAM)