L'art et vous André Delatte (1887-1953) : la maîtrise de l’art du verre soufflé

18/08/2011

André Delatte (1887-1953) : la maîtrise de l’art du verre soufflé

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Du sable, des coquillages et des plantes, tels sont les composants principaux du verre. Ce matériau aujourd’hui populaire et quotidiennement utilisé, a été exploité à différentes fins depuis sa découverte : pour des objets précieux, des fenêtres, des récipients, ... Mais le verre a également toujours été une matière privilégiée par les artistes, particulièrement durant les deux premières décennies du XXème siècle, périodes dites art nouveau et art déco.

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Vase en verre Emile Gallé (1846-1904) proposé par Expertissim.com

André Delatte (1887-1953) était l’un de ces artistes verriers.


André Delatte et les industries Delatte. Nancy, de 1919 à 1933
André Delatte, d’abord banquier au début du XXème siècle, commence à s’intéresser à l’industrie du verre après la Première Guerre mondiale, et entre dans les ateliers de la célèbre famille Muller. Dès 1919 il fonde ses propres ateliers dans lesquels sont décorés des objets de verre, fabriqués dans les ateliers Muller mais dessinés par André Delatte. D’abord de style art déco, ses objets se rapprochent de plus en plus du style art nouveau.
En 1921, André Delatte fonde la « Verrerie de l’Est », son premier four. Quelques années plus tard les industries « Delatte. Nancy » sont à leur apogée, avec plus de 60 employés, mais en 1933 la crise industrielle a raison d’elles.
André Delatte ouvre un dernier atelier de verre en 1935, avec l’aide de la verrerie Saint Gobain ; il ne dure que deux ans. Mais, jusqu’à la fin de sa vie, André Delatte continue à travailler dans les industries du verre.
Le vase d’André Delatte proposé par Expertissim.com illustre l’infinie variation de formes auxquelles se prête le verre. Un autre vase d’André Delatte, également mis en vente par Expertissim.com, montre combien les industries Delatte Nancy cherchaient à créer des objets originaux par leurs couleurs et leur forme, se différenciant des autres maîtres verriers et des autres industries du verre très en vogue durant ce début de siècle industriel.

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Vase en verre marmoréen bleu, Delatte Nancy                           Vase ovoïde à motif de campanule, Delatte Nancy

La mise au point de la technique du verre remonte à des siècles auparavant.


Du sable au verre en fusion
Le verrier est d’abord un artisan. Son savoir-faire est précieux : au Moyen Age les verriers acquièrent une certaine noblesse grâce à la difficulté de leur travail, si bien que la composition du verre est un secret jalousement gardé.
Le verrier doit choisir ses composants avec soin. La silice, contenue en plus ou moins grande quantité dans le sable notamment, permet au verre d’être résistant mais augmente sa température de fusion. Le verrier doit donc ajouter un fondant pour abaisser cette température à environ 1500°C, et pouvoir travailler le verre plus longtemps : le sodium et le potassium, contenus notamment dans des plantes marines ou terrestres, sont alors souvent utilisés. Enfin, le verre contient de la chaux qui le rend insoluble à l’eau ; la chaux se trouve par exemple dans certains coquillages.
Pour aboutir à cette composition, des années de recherche et de progrès techniques ont été nécessaires. En effet,

si le verre est apparu dès le XVème siècle avant Jésus Christ en Mésopotamie et en Egypte, il n’avait pas alors l’apparence qu’on lui connaît aujourd’hui : on pouvait observer des bulles à sa surface, apparues lors de la cuisson. Le travail était moins aisé puisque les fours dont disposaient les artisans étaient soit à gaz soit à charbon, et ne pouvaient atteindre qu’une température maximale de 1300°C.
Aujourd’hui encore les objets en verre présentent rarement une finition parfaite : il faut souvent retoucher les bords, les polir. Le vase que propose Expertissim.com se distingue justement par sa finition exceptionnelle : il n’a pas été nécessaire d’en éroder les contours.

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Détail du haut du vase Delatte Nancy


La redécouverte du verre incolore
Contrairement à une idée assez répandue, le verre n’est pas incolore : il prend naturellement une teinte verdâtre due à des résidus de fer contenus dans certains éléments de sa composition. Dès l’époque romaine on sait rendre le verre transparent, mais ce savoir-faire se perd au début du Moyen Age. Le souffleur ajoute alors des colorants pour varier ses teintes : l’oxyde de cobalt permet d’obtenir un verre bleu, l’étain rend le verre plus blanc, le cuivre lui donne une teinte rouge, etc.
On ne redécouvre qu’à la fin du Moyen Age le sélénium et le manganèse, colorants permettant de décolorer le verre et de le rendre transparent.


De la paraison au vase
La mise en forme du verre a également évolué au fur et à mesure de l’amélioration des techniques. L’apparition du soufflage à la canne, il y a environ 2500 ans, a ainsi permis de fabriquer des objets de formes de plus en plus diverses et sophistiquées, tout en abaissant le coût de leur fabrication. La population utilise alors de plus en plus de récipients en verre.
Le soufflage à la canne consiste à aspirer par une canne creuse une boule de verre en fusion appelée paraison ; elle est chauffée à environ 650°C à 1000°C. Le verrier souffle ensuite dans la canne pour vider la paraison, puis l’allonger, l’étirer ou la tourner rapidement afin d’obtenir la forme souhaitée.

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Vase soliflore de Bertil Vallien et Kosta Boda éditeur (circa 1970), en verre soufflé, proposé par Expertissim.com

 

Le vase d’André Delatte présenté par Expertissim.com a la particularité d’avoir été soufflé directement dans sa monture : le verrier a soufflé la paraison à l’intérieur de la structure, en travaillant délicatement les bords saillants. La matière a été contrainte ici d’épouser une structure prédéterminée, mettant en lumière le savoir-faire du maître verrier.

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Structure en fer forgé, vase Delatte Nancy
 

Clémence ENRIQUEZ, étudiante à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne



 

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