L'art et vous Un peintre voyageur

02/03/2012

Un peintre voyageur

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Biographie


Félix François Georges Philibert Ziem est né le 26 février 1821 à Beaune et décède le 10 novembre 1911.  Fils de tailleur de pierre émigré polonais et, de Anne Marie Goudot issue d’une famille de tisserands. Il quitte Beaune pour rejoindre Dijon et suit des cours aux Beaux Arts dans la section architecture. En 1839, il part à Marseille retrouver son frère, travaille comme apprenti architecte, et dessine de nombreuses vues de Marseille. Il connaît un grand succès l’encourageant à ouvrir son propre atelier de dessin. Ziem partage tout au long de sa vie, son temps entre son atelier et les voyages. En 1842 il découvre L’Italie et Venise, qui devient sa principale source d’inspiration.  

Ziem est actif à la même période que les paysagistes de l’école de Barbizon et que les impressionnistes.  La formation initiale de Ziem basée sur le dessin de paysage, est particulièrement fondamentale pour apprécier et comprendre cet artiste. N’ayant presque jamais pratiqué le dessin académique, Félix Ziem préfère dessiner les paysages plutôt que les nus.  Le paysage longtemps considéré comme un genre mineur, la représentation de la nature devait se contenter d’être un second rôle, d’un décor, d’un arrière plan, à des scènes historiques ou mythologiques.  Ziem étudie les paysages de le Lorrain au Louvre, fasciné par la conception idéalisé du paysage classique de cet artiste, aux caprices architecturaux, aux ports monumentaux, et les mers scintillantes aux couchers de soleil.

Cette nature exaltée, Ziem l’a retrouvé dans son environnement : dans le sud de la France et à Venise ou il réside durant 10 ans, sur la Riva degli Schiavoni dans le palais de Canaletto et Guardi.  Ziem le peintre vaporeux, brillant et lumineux, présente la cité des doges à travers le prisme d’une palette arc en ciel. Félix Ziem fait du paysage le sujet principal de la toile.

 

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L’engouement pour le védutisme au XIXe siècle.

° La période vénitienne de l’artiste.

Le védutisme est un genre pictural basé sur le paysage urbain au XVIIIe siècle. Le terme vient de l’italien Veduta qui signifie "point où tombe la vue".  Les artistes peintres qui s’attachent à représenter les vues de Venise tels que Canaletto ou Guardi sont nommés les peintres védutistes. C’est le goût pour les souvenirs de voyage, et l’influence du grand Tour, induis par l’aristocratie européenne, qui a permis le développement de cet art.

Dans le prolongement des ports de France de Joseph Vernet (1714-1789), peintre des marines du roi, les paysages de mer de Gustave Courbet poursuivent au XIXe siècle l’engouement pour le Védutisme . Régie par les règles de l’académisme et soumise aux commandes publiques, la peinture de marine est un instrument de propagande qui met en scène le pouvoir et positionne la nation comme un Etat maritime. A partir de 1830, la renaissance de la marine en France se nourrit des références hollandaises, des peintres du XVIIe siècle qui ont développé une passion pour le paysage national. L’histoire qui unit Ziem à la mer remonte à ses débuts de peintre. Dès son arrivée à Marseille, il réalise de nombreux croquis et dessins de la ville ayant une préférence pour les marines.  La mer va être l’un de ses sujets préféré  guidant le long des flots son âme voyageuse, l’emmenant à Constantinople ou Venise. Ziem affectionne les eaux calmes et dormantes comme celle

de la lagune vénitienne. Même si les eaux sont calmes, les tableaux de l’artiste ne sont pas d’une plénitude extrême, au contraire les cieux sont capricieux, chargés de nuages, là on retrouve l’influence de l’école Normande de Barbizon. Les gondoles, les voiles gonflées, les tartanes et chaloupes animent les toiles.

Ziem obtient le titre officiel de peintre de Marine, le 31 mai 1901.

Venise était la principale source d’inspiration de l’artiste.  Venise est un lieu redécouvert par les écrivains romantiques tels que Byron, Chateaubriand et Musset. Félix  Ziem en allant à Venise vient copier les védutistes tels que Canaletto et Guardi. Il découvre également Venise sous le filtre de deux artistes du XIXe siècle, Turner et Corot.
Il entreprend son premier voyage pour la porte de l’orient en 1842, il part de Nice. Il arrive à Venise le 14 juin.  Il reste une dizaine de jours dans la ville, il la décrit comme paradisiaque, aux rues inondées de soleil. Il revient à Venise 4 ans plus tard, c’est le point de départ pour une visite à Constantinople. Grande importance de Venise dans la carrière du peintre, à chaque salon une vue de Venise est présentée. Il peint de nombreuses vues du canal  tels que celle présentée par Expertissim : « Topo-pêcheur et gondole, bassin » prise en différents points. L’intérêt de l’artiste porte sur le rendu d’une lumière changeante selon les heures de la  journée et même de la nuit pour les clairs de lune. Le paysage est rythmé par les Campaniles de Saint-Marc ou de Saint-Georges.

L’artiste a toujours été fasciné par le grand canal, il l’a peint sous toutes ses facettes, les  vues peintes sont toutes différentes, notamment dans le rendu des atmosphères et des variations lumineuses. Les points de vues varient, la plupart d’entre eux sont pris depuis une gondole.
Ziem suit uniquement le goût de son époque, le grand canal haut lieu touristique au XIXe siècle.

 

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Une invitation au voyage.

Félix Ziem est un artiste refusant d’être témoin de son temps. Face à l’impressionnisme, il s’en distingue dans ses thèmes. Il n’a jamais voulu être le témoin de son temps avec la représentation de la vie moderne, la naissance d’un environnement urbain industrialisé et les joies du canotage. A travers sa peinture, Félix Ziem offre une invitation au voyage.
L’artiste élabore sa peinture autour de l’évasion, chaque œuvre est une fenêtre ouverte sur le monde et la découverte de contrées proches et lointaines.
Peintre de l’immatériel, Félix Ziem a donné, à la masse architecturale légèreté et mouvement. Couchers de soleil, crépuscules, aubes, tous les moments de la journée sont représentés, captés et inondent la toile d’une lumière éblouissante. Pour l’artiste, les voyages à Venise ressemble à des pèlerinage pour rendre hommage a l’air, la mer, et le soleil. Mais Venise est aussi un pont entre deux cultures, une transition entre l’Occident et l’Orient.

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Julia Baraige, étudiante à l’école du Louvre.
 

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