L'art et vous Marie d'Orléans, artiste féminine du XIX° siècle

11/06/2010

Marie d'Orléans, artiste féminine du XIX° siècle

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Marie d'Orléans, troisième enfant de Louis-Philippe, duc d'Orléans, futur roi des Français, est l'une des rares artistes féminines de la première moitié du XIXe siècle . Morte à vingt-cinq ans, son oeuvre -forcément réduite- eut vite fait d'être oubliée et négligée. D'une profonde culture et d'une curiosité naturelle, Marie sera très sensible à l'influence néo-gothique développée en France avec des artistes comme Henriette Lorimier ou Fleury-François Richard, mécénés par Joséphine de Beauharnais, qui avait constitué à la Malmaison, dès 1802, un échantillon de ces artistes troubadours avant-gardistes. *(1) La sensibilité artistique de Marie naît en pleine période romantique, dans un milieu qui a toujours considéré l'éducation aux arts comme un devoir d'état. Très tôt donc, et comme ses frères, elle prends des cours de dessins auprès d'Ary Scheffer, artiste romantique, qui se désespérera souvent de la maladroitesse de sa très jeune élève. C'est une circonstance plutôt dramatique qui va entraîner Marie sur le chemin de la sculpture. En 1832, le départ pour la Belgique de sa soeur aînée Louise, promise au roi Léopold, la fait sombrer dans une profonde dépression. Marie se réfugie dans la sculpture , accompagnée par son maître, complice. Elle y consacre l'essentiel de son temps, d'autant que la jeune femme fait montre d'un rare talent créatif et technique. La Princesse développe un art d'une grande piété, féminin et littéraire - elle trouve son inspiration dans les écrits de Byron ou Edgar Quinet. Au Palais des Tuileries, elle aménage son appartement dans un style néogothique très étudié, dessiné par l'architecte Louis Charles Théodore Charpentier. Une exposition proposant une rétrospective de ses oeuvres ; sculptures et dessins, se tenait au Louvre, du 18 avril au 21 juillet 2008. On y découvrait également des portraits de la princesse par Ary Scheffer, des objets lui ayant appartenu ou encore la clôture ajourée néogothique des Tuileries. Expertissim présente jusqu'au 27 décembre, une statuette en bronze à patine médaille reprenant le chef d'oeuvre de Marie d'Orléans, Jeanne d'Arc pieusement recueillie, tenant contre son coeur, l'épée de Fierbois. Le marbre définitif est exposé au Musée de l'Histoire de France au Château de Versailles, institution fondée par le père de l'artiste, Louis-Philippe, roi des français. Dans son travail Marie montre sa proximité avec des artistes comme Gechter, Félicie de Fauveau ou Barye, sculpteurs si appréciés par son frère Ferdinand alors qu'ils obtinrent bien peu

de succès aux Salons dont ils furent souvent exclus. Figure romanesque et romantique, Marie d'Orléans l'est jusque dans la mort. En 1837, elle part s'installer en Allemagne avec son jeune époux, Alexandre de Wurtemberg. Le mariage est heureux mais en janvier 1838, un incendie ravagea son atelier et elle prit froid en s'enfuyant, meurtrie, dans la nuit glacée. Fragilisée, après avoir donné naissance à un fils en juillet, elle mourut de la phtisie à Pise, en Italie, où elle espérait une guérison. Trois ans plus tard, un autre membre de sa maison la rejoignait dans une mort tragique ; son frère Ferdinand, le favori, le futur roi. Les deux enfants les plus prometteurs, l'un sur le plan artistique, l'autre sur le plan politique, de Louis-Philippe, disparaissaient ainsi. Ils furent réunis une dernière fois dans la chapelle de la Compassion à Paris : à la tête du Prince gisant sculpté par Triqueti, un Ange inventé par Marie présente son âme au ciel. « Si vous visitez jamais l'admirable musée de Versailles, consacré par le roi Louis-Philippe, à toutes les gloires de la France, vous verrez -entre-autres- mes jeunes amis, dans une des galeries de sculpture, une statue de marbre blanc qui représente la Vierge d'Orléans dans une attitude recueillie et pressant contre son coeur l épée qui, avec le secours de Dieu, sauva jadis la France. Vous admirerez ce bel ouvrage et l'on vous dira qu'il est dû au ciseau d'une jeune princesse, Marie d'Orléans, qui portait -vous le voyez- comme son modèle, le nom de la célèbre cité. On vous dira aussi que la princesse mourut comme la bergère ; à la fleur de l âge, et en présence de cette oeuvre touchante, vous aimerez à confondre quelques moments l'héroïne et l'artiste dans un pieux souvenir. » in La vie et la mort de Jeanne d'Arc, racontée à la jeunesse, Jacques Porchat, 1852. Pierre-Antoine Martenet

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