15/07/2010
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Loin des villes polluées et de la vie urbaine parfois stressante, Expertissim nous emmène faire un tour en bordure de forêt grâce à la toile paysagère de Flandrin. Suivez-nous sur les traces de Paul Flandrin, mais tout d’abord enfilez vos bottes car son parcours artistique est un peu à l’écart des sentiers pavés.
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Paul, Auguste et Hippolyte, l’art est une histoire de famille
Le nom de famille Flandrin évoque trois noms majeurs de l’histoire de l’art du XIXe mais celui qui s’est inscrit le plus profondément dans les mémoires est celui d’Hippolyte. Pourtant, leur technique et leur sensibilité étaient si proches que l’on dit parfois d’eux qu’ils étaient de « fraternité picturale ». Tous deux élèves dans l’atelier du grand Auguste Ingres, ils représentent la fin de la grande génération Académique néo-classique, mais mieux encore, la transition vers les avant-gardes de la fin de siècle. Ils récupérèrent les deux marottes du maître, le portrait et le paysage , chacun choisissant un genre qui correspond mieux à sa psychologie et à ses aptitudes naturelles. Presque plus inspirés par les paysages bucoliques, la peinture sur le motif et les scènes d’extérieur, nos deux peintres s’éloignent progressivement de la tradition dix-huitiémiste pour se rapprocher des racines de l’Ecole de Barbizon. Hippolyte se fit remarquer pour ses portraits expressifs et intrigants tel que le fameux « Jeune homme nu assis au bord de la mer » : même si la ligne est encore dominante, le spectateur ressent déjà une différence de touche et de coloris, caractéristique de la sensibilité d’Hippolyte. En vérité ce nu académique n’en n’est pas tout à fait un : la peinture plus pâteuse que celle d’Ingres, les tons saturés et l’ambiance mélancolique créée par l’éclairage crépusculaire, alourdissent toujours plus la tête pesante du jeune homme. Egalement, la foi indéfectible de l’artiste lui permit de s’inscrire dans l’histoire de l’art comme le nouveau Fra Angelico, ce qui incite parfois à limiter son œuvre aux dessins et peintures religieuses. Mais son frère Paul ne se frotte que peu aux sujets chrétiens ; il préfère la nature et la campagne , en témoignent les fameux carnets de croquis de Pornic. Stimulé par une curiosité nouvelle, un attrait pour la nature et des sujets plus psychologiques que techniques, le classicisme des frères Flandrin tranche avec le grand Néo-classicisme de David, dont Ingres était un suiveur fidèle. Deux expositions majeures, tenues en 1984 à l’Orangerie du Palais du Luxembourg à Paris et en 2007 au Musée des
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Sans aucune prétention, un paysage entre néo-classicisme et impressionnisme
Les paysages de Paul Flandrin rappellent l’art de Corot, plus que celui d’Ingres : les deux peintres sont contemporains mais l’art de Camille Corot n’est pas réellement inspiré par le style enseigné dans l’atelier d’Ingres. Inventif, sensible et nostalgique , Paul Flandrin semble diluer ses pigments dans une huile chargée en émotions, pour que le paysage communique avec son spectateur. Par exemple, Flandrin est resté célèbre pour les fameux croquis de Pornic. En effet, le peintre se promenait beaucoup dans les environs de cette petite ville située près de Nantes car il l’appréciait pour ses paysages forestiers et campagnards : ces carnets de dessin sont restés célèbres et ont été récemment acquis par le musée des beaux-arts de Nantes. Les deux frères ont fait un voyage à Rome et ont étudié à Paris, et ce sont des voyages qui marquent un artiste à jamais ! Par conséquent, les toiles de Paul, comme celles d’Hippolyte, témoignent d’un apprentissage du dessin très poussé, d’une technique aboutie et d’une culture picturale approfondie. Mais un œil avertit retrouve le style de la famille Flandrin dont Hippolyte est le plus fier représentant : les couleurs sont très marquées, presque saturées, les lumières accentuent les tonalités chaudes mais aussi le mystère ambiant. Cependant, la touche de Paul est presque plus libre que celle de son frère et la végétation touffue, élément majeur de ses paysages, constitue un cocon pour l’ensemble de la composition : la nature, épaisse et presque sombre, ici mêlée de manière diffuse aux rochers qui délimitent le bas-côté, enrichit la tension dramatique.
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Cette toile témoigne donc d’un nouvel attachement des artistes à l’environnement naturel, à une époque où l’urbanisation croissante mange peu à peu cet espace mystérieux.
Pauline Balayer (étudiante à l'Ecole du Louvre)
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