18/08/2011
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C’est un véritable voyage onirique, fantasmé voire prémonitoire que propose Expertissim.com à travers Jérôme Mesnager avec Corps blanc courant sous la Lune, 1961. Cette œuvre véhicule l’un des rêves les plus forts de l’Humanité : la course aux étoiles et la conquête de l’espace.
Corps blanc faisant le mur !
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Il est aisé pour les badauds parisiens et des grandes métropoles de reconnaître les personnages squelettiques de Jérôme Mesnager qui animent d’ordinaire les rues et les ruelles ! Les performances de l’artiste marquent le début des corps blancs. Elles consistaient, pour Mesnager, à se recouvrir le corps de peinture blanche pour arpenter les catacombes de Paris ou les usines désaffectées. En déambulant, la peinture du corps encore fraîche laisse des traces sur les murs et matérialise le déplacement dans un lieu qui devient à son tour unesurface picturale. Dès lors, « corps blanc » va essaimer dans l’ensemble de l’espace public (rue)voire historique (berges de Seine, muraille de Chine …). Ces personnages blancs symbolisent la concorde, l’union, le plaisir, la béatitude, l’amour et la liberté. Dans l’objet mis en vente par Expertissim, cette liberté est celle d’une humanité qui a la tête dans les étoiles, courant unanimement derrière un vieux rêve commun : atteindre la Lune, astre le plus proche et le plus visible depuis la Terre. En témoigne déjà en 1902 Le voyage dans la Lune de George Méliès. Corps blanc courant sous la Lune préfigure de huit années la mission Apollo 11 et le Premier pas de l’homme sur l’astre. L’année 1969 consacre Corps blanc courant cette fois sur la Lune.
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L’art et la rue !
L’implication directe de l’environnement dans l’œuvre d’art est une évolution artistique typique de l’art contemporain. Jérôme Mesnager a d’ailleurs une vraie passion pour la ville de Paris et son environnement qu’il compare à de vieilles photographies afin de noter les évolutions urbaines. Lorsque les passants se promènent et croisent au détour d’une rue les corps blancs de Jérôme Mesnager, leur attention
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Mais dans cet environnement urbain, pourquoi Jérôme Mesnager privilégie t-il la rue ? C’est avant tout un endroit de cohésion sociale, où tout le monde se retrouve sans distinction, où l’art, sorti du carcan muséal et financier, s’expose aux yeux de tous : « Les marchands peuvent gratter les palissades ou les murs, ils n’obtiendront jamais que des écailles de peinture... La rue, ça ne peut pas être récupéré... La vraie peinture, c’est le mur qui est derrière » ; « La Rue, c’est le parent pauvre ; mes tableaux nourrissent la rue » ; « Dans la rue, on peut faire de l’art pour les gens de notre époque pour les passants comme pour les clochards ». C’est alors que muni d’un pinceau, d’un pot de peinture blanche et de sa fougue, Jérôme Mesnager peuple clandestinement et spontanément les passages de squelettes lumineux et énergiques faisant la ronde, une cascade, du jongle ...
Le blanc des personnages de Jérôme Mesnager est comme une page blanche avant d’y écrire ou une toile blanche avant de la peindre. Ils marquent une sorte de départ à la conquête de la joie, du bonheur, de la Lune comme ici et bientôt à la conquête de chacun de nos internautes !
Pour voir la vidéo Le voyage dans la Lune, Georges Méliès, 1902 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Le_Voyage_Dans_La_Lune.ogv
Peter FAGES (étudiant à l’Ecole du Louvre)
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