11 août 2010 17:26:00
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Né à Nancy en 1592 et mort le 24 mars1635, Jacques Callot , est un dessinateur et graveur lorrain, dont l'oeuvre la plus connue aujourd'hui est une série de dix-huit eaux-fortes intitulée Les Grandes Misères de la Guerre, évoquant les ravages de la Guerre de Trente Ans qui se déroulait alors en Europe. De condition noble, Callot passa une grande partie de sa vie dans les palais princiers. Il fut tour à tour en faveur près du grand-duc de Florence, de l'Infante des Pays-Bas, de Louis XIII, et de son souverain légitime : le duc de Lorraine.
Initié à la gravure dans l'atelier romain de Philippe Thomassin, Callot perfectionne sa technique de la gravure à l'eau forte à Florence auprès de l'aquafortiste Tempesta puis chez Giulio Parigi. Sous la protection du mécénat ducal de Cosme II de Médicis, et de son titre d'artiste officiel. Artiste de cour et fort d'une technique très sûre lui permettant d'aborder avec succès tous les genres, Callot excelle dans la représentation des fêtes princières et populaires, des épisodes historiques, et son imagination éclate dans les scènes fantaisistes et grotesques. Durant toute cette période florentine, Callot grave quelques-unes de ses planches qui resteront à jamais célèbres à travers le monde : Les Deux Pantalons, les Balli, la première série des Caprices, et en 1620 la Foire de Florence l'Impruneta : la gravure la plus ambitieuse du maître. C'est pour Callot l'occasion de développer son talent ; sa carrière est dès lors véritablement lancée, mais ce fut chez les orfèvres qu'il découvrit le vernis dur, résistant et à séchage rapide qui fera de lui un maître en la technique, amorçant une véritable révolution dans l'art de la gravure. Après la mort de Cosme II (1621), Callot retourne à Nancy, où l'appelle Charles de Lorraine, amorçant ainsi sa période la plus féconde (1621 et 1628) : il grave alors le Siège de Breda et ainsi que le Siège de La Rochelle sur commande de Louis XIII, commande qui consacre sa réputation en France. Callot entreprend ensuite de diffuser par la gravure, ses souvenirs de la vie florentine mais très rapidement, il s'intéresse à la vie quotidienne. Il grave les Gueux (1622) et la Noblesse lorraine (1623). Il entreprend aussi une Tentation de Saint Antoine, et une nouvelle série des Caprices. Par la suite, il donna libre cours à son talent créatif et déversa à flots tout ce qu'il y avait en lui de richesse, de goût et d'imagination, d'observations comiques et pittoresques. C'est d'ailleurs de cette période que date sa petite suite Les Bohémiens, ainsi que La Foire de Gondreville, pendant français de La Foire de l'Impruneta. Il travaille aussi longuement à cette époque sur la gravure des Supplices, où s'exprimera sa virtuosité. Compositeur et graveur de plus de six cent pièces, son style se caractérise par la netteté du trait et la profondeur de l'encrage, qui permettent de conserver une parfaite lisibilité à ses eaux-fortes, malgré le fréquent foisonnement des scènes et des personnages, sur des gravures de surface souvent
*(2) Jacques Callot, Le siège de Breda, fac similé.
On pourrait diviser ses compositions en trois classes : 1. Les sujets historiques, remarquables par la minutie du dessin et la pureté de l'exécution : tels sont les portraits de Gaston de France et de Louis XIII, plusieurs batailles, les sièges de Breda, de La Rochelle et de l'île de Ré. 2. Les sujets religieux, qui sont en général traités avec une délicatesse admirable dans toutes leurs parties. Parmi les oeuvres les plus connues de cette catégorie : les douze petites pièces de la Passion ; on pourrait citer encore, l'Histoire de l'enfant prodigue en dix pièces, des saints et des saintes, les plans des édifices de la Palestine, la Genèse en vingt-trois pièces, les sept péchés capitaux, etc. 3. Et enfin, les fantaisies, caprices, diableries, mascarades, danses, gueuseries, etc... C'est surtout dans cet ordre de travaux que Callot a déployé une incroyable originalité : il a prodigué sous mille formes variées cette gaieté satirique qui a inspiré la longue suite de chansonniers, conteurs, rimeurs, romanciers, et auteurs comiques contemporains. Témoins idéal du « caractère français », les gravures de Callot, sont indéniablement empreintes d'influences italienne et espagnole en matière d'art. Par ailleurs, si l'on ne connaît pas de peintures de Jacques Callot, il a sans doute exécuté plus de 2000 dessins tout au long de sa vie, dont un grand nombre nous reste encore aujourd'hui : la Galerie des Offices à Florence en conserve par exemple trois cent trente (fonds Médicis), et le Louvre, cent soixante-dix. Graveur, peintre et dessinateur, Jacques Callot est considéré comme l'un des plus grands maîtres de la gravure, en vertu d'une production abondante personnalisée par sa maîtrise technique. Sa verve et le choix de sujets populaires en font un artiste d'exception dans le XVIIe siècle «classique ». En 43 ans de vie, Jacques Callot a réussi à exercer une influence considérable sur toute l'histoire de l'estampe. Il fut l'un des graveurs les plus accompli de son temps, dans la tradition occidentale et un des plus fameux maniéristes du XVIIème siècle. De nos jours, Callot est reconnu dans le monde entier, comme l'égal des plus grands : Dürer, Goya, Rembrandt. Rembrandt qui fut d'ailleurs un très grand collectionneur des estampes du maître lorrain. Les amateurs de gravures entreprennent presque tous des collections de Callot ; on les voit sur les quais, dans les magasins d'estampes, dans les ventes, cherchant à les compléter, sans y parvenir jamais entièrement, bien qu'il y ait un nombre infini d'épreuves originales en circulation, et un plus grand nombre de copies.
Elodie Lutun - étudiante à l'ICART
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