17/08/2010
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Expertissim présente deux vases en verre soufflé, décorés à l'acide, réalisés par François Théodore Legras (1839-1916), maître verrier français de la fin du XIXème siècle. Dans l'esprit de l'art nouveau, Legras remet en question la transparence du verre, utilise des décors liés au monde végétal et fait acquérir à sa verrerie une dimension industrielle.
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Un maître verrier moderne et talentueux François Théodore Legras est né en 1839 dans le hameau de la Grande Catherine à Claudon dans les Vosges. Son enfance passée au coeur de la forêt de Darney, en pleine nature, va vraisemblablement marquer ses créations pour devenir une des ses sources d'inspiration favorite. D'origine modeste, il entre à l'âge de vingt ans, comme apprenti à la verrerie « Cuchelet » de Clairey proche de son village natal. En 1864, il monte à Paris où il est embauché comme commis à la verrerie de la Plaine-Saint-Denis. Quelques mois plus tard il est promu chef de fabrication puis en 1867, devant la reconnaissance de ses qualités exceptionnelles, Legras est nommé directeur de la verrerie. Legras fait alors construire une usine plus moderne qui va devenir au fil des années un véritable ensemble industriel. Sous sa direction, la verrerie participe à plusieurs manifestations nationales et internationales. En 1888, il reçoit une médaille d'or à l'Exposition de Barcelone, en 1889, il est récompensé à l'Exposition Universelle parisienne, il est également responsable de la partie verrerie et cristallerie de l'Exposition de 1900 à Paris. En 1888, François Théodore Legras est décoré Chevalier de la Légion d'Honneur par le Président de la République Sadi Carnot. Le maître verrier dépose de nombreux brevets d'invention à l'Institut National de la Propriété Industrielle. La verrerie Legras produit des objets en verre d'une grande variété tels des vases, des coupes, des lampes ou des biscuitiers. Les décors et motifs gravés dans la masse du verre reprennent le vocabulaire de l'art nouveau : branchages, feuillages et paysages. Legras a également réalisé des « bouteilles à sujets », ces créations sont moins connues mais néanmoins très originales. Les bouteilles en verre soufflé transparent reprenaient divers thèmes comme Jeanne d'Arc, la Tour Eiffel ainsi que les personnages de la troisième République comme le montre la Bouteille Adolphe Thiers ci-dessous.
*(2) Bouteille à sujet représentant Thiers Dans l'esprit de l'art nouveau François Théodore Legras est un des maîtres verriers qui participe à la fondation et la diffusion de l'art nouveau avec Emile Gallé (1846-1904), les Frères Daum et Lalique (1860-1945). Ses vases et bouteilles sont principalement basés sur la ligne et l'équilibre et ses motifs décoratifs sont empruntés au registre végétal et organique. Son Vase cylindrique présenté sur Expertissim est gravé de décor de houx, et son Vase ovoïde en verre givré rose est décoré de fuchsias. Legras se plait aussi à réaliser de véritables paysages polychromes sans doute inspirés de ses Vosges natales. Les artistes de l'art nouveau s'intéressent tout particulièrement à l'art japonais (estampes et manga d'Hokusai), ils en reprennent les motifs comme la carpe ou le cygne et les formes stylistiques. Dans l'esprit de l'art nouveau le dessin du créateur, le motif imaginé par le verrier est plus important que la richesse des matériaux utilisés.
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De même l'intégration de la couleur dans la pate de verre est une nouveauté apportée
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Emile Gallé et François Théodore Legras sont proche de l'art symboliste et introduisent dans leurs créations les notions de rêve et de poésie. Certaines de leurs oeuvres sont directement inspirés par un poème comme le Pot Eaux Dormantes (1890, Orsay) de Gallé inspiré des Rayons et des Ombres de Victor Hugo. François Théodore Legras associe son oeuvre poétique symboliste au destin industriel de l'artiste. Vers une industrialisation de l'art François Théodore Legras et les maîtres verriers de l'art nouveau comme les Frères Daum proposent un statut différent de l'artiste verrier dans la culture occidentale industrielle. Dans son épopée industrielle des années 1866 à 1916, Legras, tout en conservant la poésie et la richesse de l'esprit art nouveau, donne ses lettres de noblesse aux techniques industrielles du verre soufflé. Alors que son entreprise ne compte qu'une dizaine d'ouvriers en 1864, elle en emploie plus huit cents en 1902. Legras fait sa passer sa petite société de banlieue parisienne au statut de véritable complexe industriel de renommée internationale, il fait même construire une cité ouvrière à côté de son usine. Legras s'inscrit dans une philosophie héritée du Saint Simonisme, il veut produire des produits beaux et de qualité mais qui soit accessible à tous. Cet esprit est commun à tous les artistes de l'art nouveau. Ils utilisent alors la machine industrielle pour produire en plus grande quantité et à moindre cout. Les artistes utilisent des matériaux moins nobles et donc moins couteux, puisque désormais ce qui fait la valeur de l'objet c'est le dessin (« le design ») du créateur. L'art nouveau souhaite abolir la frontière entre les arts nobles et les arts décoratifs. De nombreuses créations de François Théodore Legras sont présentées au Musée d'Hennezl-Clairey ; pour plus d'informations sur l'oeuvre et l'épopée industrielle de l'artiste vous pouvez consulter l'ouvrage « Legras, verrier », aux collections Répertoires raisonnés, réalisé par un collectif d'historiens de l'art.
Marion Sailhen
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1. Marie T., 24/02/2010
Bonjour, je suis actuellement propriétaire d'un vase Legras et je voulais avoir une estimation du prix. Pas forcément de mon vase mais des produits Legras. Je voudrais une idée des prix car mon grand père m'avait dit qu'ils étaient très demandé mais je suis curieuse d'avoir une certaine estimation. Merci.