31 août 2010 16:14:20
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Charles Sprague Pearce nacquit en 1851 dans une riche famille de Boston. Sa mère était la fille d’un fameux poète de la région, et son père gérait un commerce d’importations chinoises très prospère. C’est donc dans ce contexte artistique que grandit le jeune Pearce . Il fit ses études à la prestigieuse Latin School de Boston, école dans laquelle il montra les premiers signes de son talent artistique. A la fin de ses études, il travailla durant une courte période pour le commerce de son père, avant d’exprimer la volonté d’épouser une carrière d’artiste. C’est ainsi qu’il quitta les Etats-Unis pour s’installer à Paris en 1873.
A son arrivée, il s’inscrivit dans l’atelier de Léon Bonnat (1833-1922), peintre académique réputé, qui accueillait des élèves dans son propre atelier parisien. Bonnat était connu pour ses scènes de genre, ses peintures historiques et surtout pour ses portraits. On ressent la forte influence de son maître dans les premières œuvres de Pearce , tout particulièrement dans le modelé de ses sujets.
L’Orientalisme
A la fin de l’année 1873, Pearce et Frederic Arthur Bridgman (1847-1928) qui faisait également parti de l’atelier de Bonnat, partirent en Egypte. Durant trois mois ils voyagèrent, descendant le Nil, s’imprégnant de cette culture si peu familière pour eux, et gagnant leur vie de dessins qu’ils vendaient sur le chemin.
Ce voyage exotique ne fut que le premier d’une longue série. De nombreuses peintures orientalistes envahissaient déjà les Salons parisiens, et cet engouement pour l’Orient se diffusait parmi les artistes. L’année suivante, Pearce quitta encore une fois Paris, en direction de l’Algérie où il passa les mois d’hiver, s’imprégnant de la vie et de la culture locale. Tout cela enrichit considérablement son répertoire de thèmes orientaux.
Il fit ses débuts au Salon en 1876. Malgré ses expériences à l’étranger, il choisit d’exposer des portraits et non ses œuvres inspirées par ses voyages. L’année suivante, il exposa des tableaux d’histoire biblique, sûrement sous l’influence de Bonnat car les peintures religieuses n’étaient plus du tout en vogue à cette époque. Quelques détails orientaux figuraient tout de même dans ces œuvres.
Pearce continua d’exposer des sujets bibliques, mais son intérêt pour l’Orientalisme et l’exotique se renforça, en parallèle avec l’explosion du Japonisme en France. En effet, ses contemporains commençaient à collectionner toute sorte d’objets japonais. Les artistes quant à eux, tentaient de recréer cet univers oriental dans leurs œuvres.
A partir de 1833, l’oeuvre de Pearce prit davantage une tonalité Orientale. C’est à ce moment qu’il gagna plus de reconnaissance et d’attention
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Peintre de la réalité
Un autre thème très présent dans son œuvre fut la représentation de la vie paysanne . Le peintre français Millet (1814-1875) avait déjà ouvert la voie dans ce domaine. C’est grâce à ses peintures de paysans qu’il fut récompensé au Salon et que sa renommée atteignit les Etats-Unis. En effet il exposa également à New York, Philadelphia et Boston, sa ville natale.
En 1855, Pearce s’installa à Auvers-sur-Oise (Val d’Oise), où il resta jusqu’à la fin de ses jours avec sa femme. En effet, il fut attiré comme de nombreux artistes avant lui, par cette vie plus retirée à la campagne. Il continua ainsi à peindre la paysannerie , et intégra également des scènes champêtres à son répertoire.
La reconnaissance
Chaque année il présentait quelques œuvres au Salon, ainsi que dans d’autres expositions internationales.
Il fit parti du jury pour l’Exposition Universelle de 1889, et s’engagea également dans de nombreuses activités qui étendirent sa réputation. Il reçut de nombreuses médailles au Salon, et fut décoré de la Légion d'Honneur, de l'Ordre de Leopold (Belgique) en 1886, de l'Ordre de l'Aigle Rouge (Prusse), et de l'Ordre de Dannebrog (Danemark).
Pearce meurt le 18 Mai 1914 dans sa maison d’Auvers-sur-Oise. Il fut enterré dans le cimetière du village aux côtés d’artistes célèbres qui laissèrent également leurs empreintes dans la région, comme Charles François Daubigny, Paul Cézanne, Maurice de Vlaminck, Camille Pissarro, Norbert Goeneutte, Eugène Murer, Berthe Morisot, Camille Corot, et Vincent Van Gogh.
Parmi ses peintures les plus connues sont la Décapitation de saint Jean-Baptiste (1881), Le bijoutier arabe (1882), Prière (1884), Peines de cœur (1884), Une bergère (1886), Sainte Geneviève (1887).
Expertissim nous présente un exemple de ce thème récurrent dans son œuvre, avec un dessin représentant une jeune fille de profil. Pearce se sert du fusain et de la craie blanche pour esquisser ce beau portrait qui nous permet de mieux saisir le style et la personnalité de l’artiste.
La signature de l'artiste est visible en bas à droite: on peut apercevoir en effet un monogramme dans un triangle.
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Sixtine (étudiante à l’IESA)
Charles Sprague Pearce
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